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    Billie Wolfe
    Surveille le camp pour Artemis
    Billie Wolfe
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    Feuille de Personnage

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    She lit a fire Empty She lit a fire

    le Lun 14 Sep 2020 - 22:32
    C’est rien.

    Elle croisa résolument les bras contre son torse, comme une protection illusoire contre les questions indiscrètes de Sara. Les sourcils de la rouquine se froncèrent et une expression de sincère inquiétude se peignit sur son visage. Une partie de Billie jubilait de voir que la fille de Melinoé se souciait d’elle en dépit du masque d’indifférence qu’elle affichait habituellement en sa présence, mais la partie d’elle qui était mortifiée à l’idée que la fille qu’elle convoitait l’ait vu dans un état pitoyable étouffait toute la joie qu’elle pouvait ressentir.

    Billie, tu étais paralysée. Ce sont les Pégases qui t’effraient à ce point ?

    Elle détourna le regard, refusant de soutenir celui, scrutateur, de Sara. Elle haïssait sa vulnérabilité et la brèche qu’elle avait ouverte et dans laquelle Sara tentait à présent de se glisser, avec sa question trop directe. L’aveu était interdit, la fierté prenant les rênes pour ériger des barrières et colmater la brèche. Et Billie se fermait, les dents serrés, la voix dure et la respiration encore légèrement haletante, Billie se barricadait et les mots devenaient les barbelés qui sécurisaient sa forteresse.

    C’est bon, je vais bien. Je te ferai signe quand j’aurai besoin d’une psy.

    Elle tenta d’ignorer les regrets qui fleurissaient dans sa gorge, à l’idée qu’elle venait de ruiner une occasion qu’elle attendait depuis trop longtemps, celle de se rapprocher de Sara. Elle tenta de prétendre que le soupir ne l’atteignait pas, même quand il fut accompagné d’un mouvement de l’adolescente pour s’en aller. Elle avait l’habitude de son indifférence, elle pouvait encore la supporter. Et puis, elle avait déjà ruiné toutes ses chances en se ridiculisant devant elle. La peur avait tout gâché. Ces foutus Pégases avaient tout gâché.

    Evite d’insister pour nettoyer les écuries la prochaine fois.

    Ah voilà. Le mépris. Celui que Sara lui renvoyait au visage, depuis qu’elle lui faisait des avances. Parce que, quoi qu’elle fasse, Billie resterait une fille à papa ingrate et privilégiée. Quoi qu’elle fasse, elle serait toujours l’insupportable diva qu’elle se plaisait à jouer. Elle aurait pu laisser Sara s’éloigner avec ses certitudes infondées, elle aurait pu la laisser se complaire dans une narration si facile, où Billie serait la méchante, et où il importait peu au fond d’expliquer ses actions rationnellement, tant elles pouvaient n’être motivées que par ses multiples défauts et par son immense vanité. Mais Billie, si elle estimait avoir ruiné ses chances un peu plus tôt ce jour-là, ne comptait pas laisser Sara en paix pour autant.

    C’est pour toi que je l’ai fait, tu es contente ?

    Son intervention lui valut la réaction attendue. Sara s’arrêta et fit volte-face, une curiosité muette brillant dans ses yeux sombres, accompagnée d’une lueur de défiance. Sara savait déjà à quel point Billie s’intéressait à elle, savait déjà ce qui poussait Billie à venir régulièrement aux entraînements, dans l’espoir de l’observer danser avec ses armes, savait déjà que Billie n’avait pas la main verte, et qu’elle s’obstinait pourtant à venir s’occuper avec elle du champ de fraises. Mais Sara ne savait pas tout le reste, ne savait rien de tous les efforts que faisait Billie même quand elle n’était pas là, ne savait rien des tentatives de rapprochement avec quelques autres pensionnaires, ne savait rien de ces fois où Billie se rendait à l’Arène sans qu’elle n’y soit, dans l’espoir de devenir meilleure et de l’impressionner, ne savait rien de cette gamine à qui Billie avait prêté des vêtements, pour qu’elle puisse sortir de la douche malgré la farce d’une Hermès peu scrupuleuse. Ce n’était qu’un pyjama, même pas son favori, mais cette simple action aurait été impensable quelques mois plus tôt. Billie changeait, pour Sara – mais pas seulement, non, il y en avait d’autres aussi, d’autres qui lui donnaient envie de descendre de son piédestal, ne serait-ce que pour quelques minutes – mais aux yeux de la rousse, elle demeurait la Billie qu’elle était à son arrivée. Et c’était terriblement injuste.

    Tu dis que j’en ai rien à faire de la Colonie. Que je ne pense qu’à mon petit confort et que je ne fais rien pour les autres. Mais, surprise, tu as tort. Je suis capable de me sacrifier un peu pour les autres, de mettre mon confort de côté et de faire des choses que j’aime pas du tout.

    Sara ouvrit la bouche, comme pour protester. Voulait-elle nier l’évidence, affirmer qu’elle ne pensait pas que Billie soit restée la même, ou bien assumer son opinion et la justifier par des arguments vaseux ? Elle ne le saurait jamais, car les lèvres de Sara se fermèrent bien vite, son léger soupir se cristallisant dans une fine volute brumeuse qui s’évanouit dans la fraîcheur de fin d'automne. La discussion aurait pu s’arrêter là, mais une vanne semblait s’être ouverte avec la sincérité de Billie, et elle était incapable de se taire, de remettre le masque et partir la tête haute, comme si rien n’avait eu lieu.

    J’ai peur des Pégases, oui. Ça fait des mois que je fais en sorte de ne jamais passer devant les écuries, et que j’angoisse dès que j’en croise un. Leurs sabots, leurs ailes, leurs naseaux, leurs dents... brrrr. Rien que d’y penser... de penser au fait qu’ils... qu’ils pourraient me tuer... ça me fait froid dans le dos.

    L’angoisse revenait, insidieuse, dans les battements frénétiques de son cœur – ou peut-être était-ce la présence de Sara qui le rendait incontrolable – , dans l’agitement de ses mains qu’elle s’empressa de fourrer dans la poche du sweat-shirt qu’elle avait enfilé pour ne pas risquer de salir son manteau de marque. Elle prit une inspiration brève, espérant que son souffle ne paraîtrait pas aussi saccadé aux oreilles de Sara.

    Et ça fait des mois que j’évite à tout prix le contact avec eux car je sais que les autres ne manqueraient pas une occasion de se moquer de ma phobie ridicule, s’ils savaient. Billie Wolfe, terrorisée par des chevaux ailés magnifiques que tout le monde adore, ha ce serait telle-

    Pas moi.

    Billie se tut brutalement, son flot de paroles interrompu par la voix calme de Sara, par son regard appuyé sur elle, ce regard qu’elle avait fui alors qu’elle lui faisait ses confidences, trop honteuse pour oser le croiser, au risque d’y lire ce qu’elle craignait le plus d’y voir. Mais il n’y avait ni jugement, ni moquerie, ni dédain, ni dégoût, dans les yeux un peu trop brillants de Sara. Seulement de la compréhension. Et aussi, peut-être – à moins que ce ne soit qu’une illusion, parce que Billie ne voyait que ce qu’elle voulait bien voir, pas vrai ? – une lueur d’affection.

    Je n’aime pas particulièrement les Pégases. Ils ne sont pas très à l’aise en ma présence, donc je les évite aussi. J’étais bien contente que tu prennes ma corvée tout à l’heure...

    Un léger soupir accompagna le sourire contrit de Sara et Billie devina les mots qu’elle avait tus. Je ne te laisserai plus jamais le faire. Et ce n’était rien, parce que Sara n’aurait jamais laissé personne endurer une telle angoisse, ce n’était rien, parce que ce n’était pas ainsi que Sara exprimait sa confiance ou son affection, ce n’était rien, et certainement pas une preuve d’amour. Mais Billie s’en fichait. Sara se souciait d’elle, et – peu importait si elle se souciait de tant d’autres pensionnaires – c’était tout ce qui comptait.

    Et ta phobie n’est pas ridicule. Les Pégases ne sont pas d'adorables animaux de compagnie, ils ont un sale caractère et peuvent aisément tuer un demi-dieu. Crois moi, tu fais bien d’être prudente.

    Billie haussa les épaules alors, parce que l’avis de Sara ne changeait rien. Les autres se moqueraient quand même, et quand bien même personne ne le faisait, Billie serait là pour critiquer cette phobie à leur place. Sara pouvait dire ce qu’elle voulait, elle pouvait sourire un peu, comme si elle était amusée par le scepticisme de Billie, cela ne changeait rien.

    Tu sais ce qui est vraiment ridicule ?

    Moi. Moi et mon air supérieur. Moi et mes remarques mesquines. Moi et ma manière de rabaisser les autres. C’est toi-même qui l’as dit. Et Billie, qui ne l’avouerait jamais, était encore blessée. Billie, qui gardait le silence, avait mille choses à dire. Mais les mots moururent dans son esprit, alors que Sara reprenait la parole.

    J’ai peur du noir.

    Un petit rire, à peine un souffle nasal en réalité, échappa à Billie. Non qu’elle se moque de la phobie de Sara, elle était simplement dubitative. Un sourire orna les lèvres gercées de Sara face à sa réaction.

    Difficile à imaginer, pas vrai ? Je parle aux fantômes, j’aime me promener dans la nuit, je suis la fille d’une déesse nocturne, mais l’obscurité totale me terrifie. Je dors toujours avec plusieurs bougies allumées, et je laisse mes volets ouverts pour voir la lumière de la lune.

    Le silence les enveloppa, dans une étreinte qui les rapprochait sans que ni l’une ni l’autre n’esquissent le moindre pas. Billie aurait pourtant voulu s’avancer, poser sa main sur l’épaule de Sara, l’attirer dans ses bras, pour lui dire sans un mot que rien de tout cela n’était ridicule, pour la remercier dans le silence de s’être confiée à voix haute, pour lui affirmer sans parler que ses failles ne la rendaient pas moins aimable. Mais Sara était avare de contacts, Sara tressaillait quand on la touchait par surprise, Sara fuyait les démonstrations affectives, Sara avait rejeté toutes les avances de Billie. Et Billie ne voulait pas vivre un rejet de plus, pas alors que leur relation semblait enfin avancer vers un dénouement positif. Alors elle se contenta d’un sourire, d’un regard, et d’un simple hochement de tête, avant de briser la quiétude qui les entourait, à mi-voix, comme si elle craignait que tout ne vole en éclats si elle parlait trop fort.

    Je ne dirai rien aux autres. Et toi non plus, je ne veux pas que tu le répètes.

    Elle avait prononcé les derniers mots un peu plus fort, un peu sur la défensive aussi. Parce que si Sara le décidait maintenant, elle pouvait aller raconter à n’importe qui à quel point Billie était faible et ridicule. Parce que si Sara le voulait, elle pouvait révéler une information bien utile à tous ceux qui la méprisaient. Parce que rien n’empêchait Sara de le faire, sauf peut-être la menace de la confidence qu’elle avait elle-même faite à Billie. Sauf peut-être la confiance qui semblait régner entre elle après cet échange sincère.

    T’en fais pas. Mais tu devrais en parler à Chiron, au moins il s’arrangera discrètement pour que tu ne sois jamais de corvée aux écuries.

    Chiron ? Billie retint un ricanement. Jamais elle n’irait expliquer à un centaure à quel point les Pégases la terrifiaient. Sara fit de nouveau volte-face pour s’en aller, avant de se raviser et de tourner légèrement la tête, le regard un peu fuyant, comme si elle n’était pas vraiment certaine de ce qu’elle s’apprêtait à dire.

    Et, Billie... Je sais... que tu as changé. Je le vois et je suis touchée que tu en fasses tellement... pour moi... même si c’est un peu... un peu gênant parfois, d’être l’objet de tant d’attention... Et si je t’ignore parfois, c’est pas pour te blesser. Désolée. Si c’est le cas.

    Sa gêne était partout, dans sa voix tendue comme dans ses silences hésitants, dans ses paroles comme dans les mots qu’elle ne prononçait pas, dans la main qu’elle venait de glisser dans sa poche et dans le balancement de ses pieds alors qu’elle se retournait doucement vers elle. Sara, qui avait fait exploser spectaculairement les barrières de Billie, craquelait à présent le mur d’indifférence auquel Billie s’était tant de fois heurtée. Sara ouvrait un passage, si infime soit-il, pas une porte, à peine un judas, pas une fenêtre, à peine une meurtrière. Et Billie voulait redoubler d’efforts pour en trouver la clef. Mais peut-être que le seul effort qui en vaille la peine était l’apprentissage de la patience. Laisser le temps à Sara de venir d’elle même, se retenir de l’étouffer sous des démonstrations envahissantes, ravaler sa détermination et son exubérance, et attendre. Alors, Billie troqua son œillade enjôleuse pour un sourire doux et elle remplaça sa déclaration enflammée par quelques mots rassurants.

    Je le fais pas seulement pour toi, tu sais.

    C’était la vérité, depuis quelques temps déjà. Quand avait-elle commencé à s’intéresser aux autres, non seulement pour gagner les faveurs de Sara, mais simplement par envie ? Quand avait-elle commencé à apprécier ce lieu et ses activités même quand Sara n’était pas dans les parages ? Quand avait elle commencé à rire, non plus des autres pensionnaires mais avec eux ? Elle ne savait plus et Sara peinait à y croire, à en juger par son expression dubitative et ses sourcils haussés. Billie soutint simplement son regard, laissant le silence s’éterniser avant que Sara ne le brise net, comme pour clôturer la discussion.

    Oh, et la prochaine fois que tu veux attirer l’attention de quelqu’un, évite de t’infliger ta pire terreur.

    Le sourire de Billie s’élargit.

    Et si un jour tu veux attirer mon attention, tu n’auras pas besoin d’éteindre la lumière.

    Le rire de Sara s’éleva, emmenant dans son sillage une myriade de petits nuages vaporeux qui se dissipèrent bien vite. Billie continua de sourire simplement, jusqu’à ce que Sara se détourne – pour de bon, cette fois – , les joues un peu trop rouges pour son teint d’ordinaire si pâle, si rouges que ses tâches de rousseur se faisaient invisibles. Sans doute à cause du froid. Ou parce que, d’une manière ou d’une autre, le charme naturel de la fille d’Aphrodite faisait son effet.


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    Merci Solan, pour cette beauté ♥️
    Merci Nathantdetalent:
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