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    lune et nuit — ft. solan Empty lune et nuit — ft. solan

    le Lun 11 Fév 2019 - 23:11

    Les rayons de la lune, poussivement, s'effritaient entre les branches des grands arbres protecteurs. Identique à l'eau qui s'écoulait, la lumière que formait leur création se dissipait et se détachait à force de traverser les vieilles feuilles, créant la douleur, mais jamais l'arrêt du chemin; ces étincelles de nacre trouvaient toujours un moyen de percer la terre, lance fichée dans le territoire meuble. Ainsi arrivées à bon port, et cela jusqu'à ce que le soleil reprenne ses droits, elles éclaircissaient et baignaient les êtres vivants, trouvant dans ces âmes véritable océan.

    Elvire, lieutenante pérenne et fille de l'astre ivoire, trouvait elle-même un peu de réconfort en l'attaque pacifique des lueurs de la nuit. Faisant jouer ses armes entre celles-ci, un air paisible appuyé sur son faciès, ses doigts s'enflammaient de fourmillements enchanteurs à chaque contact impalpable; le même chatouillement depuis des décennies, pourtant toujours aussi exquis. Et si sa mère jouait sur la prestidigitation, l'éleveuse de spectres n'en avait point besoin — ce picotement était aussi véridique que la morsure de ses chiens.

    De ce fait protégée, elle pouvait également mettre en sureté. Par conséquent, Artémis avait envoyé les chasseresses dans le camp des demi-dieux dans l'espoir d'enquêter et de surveiller, apparaissant devant celle qui dirigeait les troupes pour faire transmettre le message divin. Néanmoins, même si cette proposition n'était pas une des plus réjouissantes pour son âme — mortel était équivalent à danger —, la guerrière avait acceptée sans la moindre hésitation; ses pieds, présentement fichés en silence devant le pavillon réfectoire, prouvaient cette affirmation. Conséquemment, Elvire observait muette les alentours, attentive au moindre craquement ou bruissement qui pourrait la faire quitter son poste de statuette.

    Pourtant, la nuit était bien avancée, avec ce fait authentique une absence d'individus dans son champ de vision. Et seulement lorsqu'elle le pensa, manifestement, les oreilles alertes de la femme captèrent un tumulte lointain vers la droite, faisant retourner son corps vers la source qui avait dérangée le silence et son calme apaisant. Elle plissa ses yeux, un masque de glace sur le visage — crut apercevoir une silhouette prêt d'un feu, rien de très alarmant dans un endroit où des demi-dieux jonchaient chaque coin du territoire.

    L'immortelle se remit en position de garde, sans autant cesser de scruter le contour sombre de l'individu devant elle. Si la lieutenante était capable d'apercevoir son portrait gribouillé, alors lui aussi; elle le laisserait se montrer devant les rayons de la lune, ou retourner dormir avec les milliers d'autres comme lui sans la déranger. Il n'était pas agressif, présumait-elle, mais une ambiance étrange découlait de chaque centimètre de son emplacement stagnant.

    Vigilance.

    Solan Hamilton
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    Solan Hamilton

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    le Mar 12 Fév 2019 - 3:11

    Au bout de trois heures à se tourner et se retourner dans son lit, Solan prit finalement la décision de se lever le plus discrètement possible, emportant son fouet au passage qu’il accrocha à sa ceinture. De toute façon, il n’y avait pas de couvre-feu pour lui. Les harpies guettaient et elles avaient pour ordre de ne pas toucher aux romains, mais il n’avait pas vraiment confiance. Une fois hors du dortoir réservé aux romains, il s’étira de tout son long, comme un chat et leva la tête vers les étoiles. Le ciel était d’un bleu profond et la lune argentée déposait une aura presque surnaturelle sur le camp. Un courant d’air frais parcourut le dos du garçon, qui frissonna.

    Il hésita à retourner chercher son livre du moment. Il en était enfin au passage qu’il attendait le plus. Après avoir longuement scruté les runes traduisant un rituel satanique traditionnel, il en avait eu assez. Il tombait sur un bouquin intéressant, et forcément il y trouvait toujours ce genre de chose. Solan n’était pas intéressé par la partie pratique, mais plus de l’histoire qui se cachait derrière. Jusque là, seul le Necronomicon avait su être à la hauteur de ses espérances. Il fallait dire qu’il regorgeait d’informations en tout genre sur les bas-fonds de l’humanité.

    Puis il se décida enfin à faire quelques pas dans une direction quelconque, sans vraiment regarder où il allait. Lorsqu’il fut arrivé au lac, il aperçut un jeune homme pas très discret fumer son joint assis sur une pile de rocher, les pieds dans l’eau. Apparemment, les naïades le toléraient, lui. Solan avait un jour essayé de mettre un pied dans l’eau et la naïade la plus proche lui avait très vite fait comprendre qu’il n’était pas à sa place. Il tourna les talons, loin d’avoir envie de se faire remarquer ou alpaguer par ce genre de cas social qui, il le sentait d’ici, n’avait peur que d’une chose : lui-même. Rien d’amusant chez les gens torturés.

    Il haussa les épaules, et faisant demi-tour, ses pas le guidèrent en direction des bungalows et il se retrouva rapidement devant le réfectoire. Il n’avait pas mangé la veille au soir, trop absorbé par son exemplaire du Necronomicon. Il sen rendit alors compte que son estomac criait famine depuis des heures et il salivait d’avance à l’idée de trouver de quoi se sustenter dans les cuisines du réfectoire.

    Plus il avançait et plus sa vision se précisait, un feu de camps mal éteint éclairant son chemin. Puis il l’aperçut, dix mètres devant lui. Il laissa échapper un grognement. Une chasseresse d’Artémis, rien que ça. Mais il n’avait pas le choix, s’il voulait manger, il fallait passer par cette étape-là.  Il s’avança un peu plus, prudemment. Elle avait l’air glacial, de celle qu’il ne fallait pas déranger. Elle avait une posture droite, presque digne, un air de guerrière qu’il trouva particulièrement puissant.

    Ce qu’il ressentait d’elle était si confus, si ancien qu’un maelstrom de diverses sensations se répandit en lui, lui coupant le souffle. Toutes ses peurs, mélangées à une histoire de vie de plus de deux mille ans… C’en était trop pour Solan, qui coupa les vannes. Ca avait un côté frustrant, avoir le dessus sur une chasseresse aurait pu être parfait pour Rae. Lui s’en fichait bien, son but était de faire profil bas le temps que Rae s’installe dans son nouveau royaume. A cette pensée, il soupira. La conquête du pouvoir ne l’abandonnera donc jamais ?

    Puis il prit la décision d’avancer encore un peu, jusqu’à être à sa hauteur. Solan en fut désarçonné. Il avait l’habitude de voir les Chasseresses avec l’apparence d’adolescente au regard infiniment âgé. Celle-ci faisait plus son âge, vingt-deux ans au moins. Et par les dieux, qu’est-ce qu’elle était belle. Malgré son regard de glace, elle dégageait une beauté lumineuse qui suffit à arracher un sourire sincère à Solan. Il se ressaisit bien vite, chassant les pensées précédentes tant elles étaient risibles, puis leva les mains en signe de paix.

    "Solan Hamilton, cinquième cohorte de la Nouvelle-Rome. Bonsoir, Chasseresse."

    Il observa ses traits fins, et malgré son air sévère, elle dégageait quelque chose de particulier. Il lui était impossible de décrypter tout ce qu’il avait ressentit en l’approchant, aussi décida-t-il de rouvrir les vannes. Encore une fois, il comprenait viscéralement ce qu’elle ressentait, mais était incapable de l’exprimer, et encore moins de la reproduire. Comme un mot que l’on essaye de saisir et qui s’envole aussitôt. Solan fronça les sourcils d’un air contrarié, personne n’avait pu le brouiller à ce point jusqu’à maintenant.

    Après un certain moment à essayer de se dépêtrer de toutes ces informations, il comprit enfin pourquoi elle avait le regard si dur. Elle avait échoué par le passé, failli à sa mission. Elle ne se l’était jamais pardonné et n’avait qu’une crainte : laisser ça se reproduire avec les personnes à qui elle tenait le plus. Solan planta ses yeux noisettes dans ceux de la Chasseresse, attendant qu’elle daigne ouvrir la bouche pour lui répondre.
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    le Mar 12 Fév 2019 - 7:19

    Elvire continuait d'observer la silhouette ombreuse, reine dressée entre les ombres et les secrets qu'elle maitrisait, commandante de ce jeu d'immobilité où son propre corps ne bougeait pas d'un centimètre. Aussi impassible qu'un arbre des anciennes forêts, elle attendait un moindre mouvement, une trahison que lui apporterait le vent changeant — pourtant, le seul son introduit fut le crépitement du feu plus loin, rouge et iridescent. Visage impavide, elle intercepta après quelques secondes un grognement, puis le bruit des feuilles et des branches qui craquaient par dizaines, l'allégresse de marcher avec subtilité souvent non maîtrisée chez ces mortels. Ce ne fut néanmoins point vers le réfectoire que le bruit se dirigea, mais plutôt vers elle, provoquant un léger remuement intérieur dans la tête de la lieutenante. Avait-elle l'air apte à discuter ? Ses prunelles captèrent finalement l'image de l'ancien invisible, celui-ci s'avançant assez proche de son corps pour qu'elle puisse le regarder sans se forcer.

    Il sourit.

    Pendant une fraction de seconde, une seule, la millénaire laissa passer sur son faciès une autre expression que son impassibilité habituelle. Ce garçon… Avait une allure familière. Un visage aux traits sombres, aux angles coupants, un visage couronné de deux billes sombres et d'un regard particulier, regard qui la fit presque froncer ses sourcils d'une curieuse incompréhension. Elle ne l'avait jamais vu auparavant, ni dans l'arène, ni dans quelconque partie du bois, c'était un fait; Elvire n'aurait pas oublié ce mâle aussi facilement. Car sa figure, tout comme sa démarche, lui laissait une étrange sensation dans son cou, exactement là où reposait l'oiseau de marbre que Néphélé lui avait donné… Dans le noir, elle avait presque cru voir son fantôme.

    Solan Hamilton, cinquième cohorte de la Nouvelle-Rome. Bonsoir, Chasseresse.

    Jetant une oeillade vide sur ses mains étendues en l'air, figure du drapeau blanc de paix, elle reprit avec calme sa garde silencieuse, tentant d'oublier les yeux du mortel qui la scrutait sans rien dire. Ce sentiment de surprise, elle ne l'avait pas ressenti depuis très longtemps, si ce n'était pas des centaines d'années.. Et elle n'était pas contente de le retrouver. Car avec lui viendrait la honte et, ceci, elle devait le chasser: sa famille avait besoin d'elle, non pas un normal garçon qui venait lui parler un soir d'ébène éclairé. Pourtant, dans le fond de son crâne, le sourire de Néphéré apparut, provoquant une deuxième surprise dans l'être habituellement de glace qu'était la chasseresse. Le visage de l'ancien fils d'Hadès… Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'en était pas souvenu.

    Lieutenante des chasseresses, laissa simplement filer la guerrière, se détournant d'un pas gracieux pour verrouiller ses yeux dans les siens. Seule sa division connaissait son nom et elle ne comptait pas le divulguer à ce nouvel arrivant, potable source d'affaiblissement pour ses guerrières.

    À défaut de ne pas pouvoir ignorer ce Solan jusqu'au baptême du matin, Elvire laissa son masque froid balayer celui du garçon, se demandant si quitter cet endroit dès maintenant ne serait pas pour le mieux. Si son allégeance n'avait pas été aussi portée vers Artémis, la guerrière aurait décidément tourné les talons, mais sa cheffe avait été bien limpide sur les divers détails qu'englobait la surveillance de ce camp; à l'exemple de ses ordres, la fille d'Hécate resterait campée ici, et ce, jusqu'à ce que l'astre se dévoile. À cet effet, elle laissa les secondes s'entrelacer et s'épanouir avant de continuer, grâce polie, mais glacée;

    Vous cherchez quelque chose ?

    De sorte, il allait sûrement se lasser et continuer sa route vers le réfectoire, la laissant terminer son isolée garde nocturne. La lieutenante avait été curieuse pendant un moindre laps de temps, mais la possibilité de ces sentiments, tout comme celui que représentait l'oiseau dans son cou, était loin derrière elle.

    Solan Hamilton
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    le Mer 13 Fév 2019 - 3:52

    La lieutenante, carrément. Et elle se détourna sans plus de cérémonie. Il savait d’expérience qu’en général, elles évitaient surtout les hommes. Compréhensible en soi. Mais tout de même en général elles avaient la politesse de leur dire leur nom avant de commencer à l’ignorer royalement. Surpris, il resta planté là, passa une main dans ses cheveux puis croisa les bras en s’adossant à un arbre à côté de lui. Il n’avait rien de particulier à faire et le dédain dont faisait preuve Madame la Lieutenante des Chasseresse l’avait non pas outré mais plutôt intrigué, alors il attendit.

    Solan resta silencieux, et passa plusieurs minutes à analyser la complexité de ses peurs les plus intimes. Peur de répéter les erreurs passées. Peur d’abandonner ses proches. Les chasseresses n’ont, avant d’être des chasseresses, pas bien souvent été traitées de manière décente par les hommes. Solan concevait tout ça, mais il y avait un élément qui lui échappait. La lieutenante le détaillait des yeux, puis reprit, sur un ton poli mais froid :

    "Vous cherchez quelque chose ?"

    Il ne prit pas le temps de réfléchir plus de quelques instants et en souriant il répondit :

    "Oui, en effet. Je reviens dans deux minutes !"

    Puis il entra dans le réfectoire et farfouilla dans un cagibi sur la gauche, ou il trouva exactement ce qu’il cherchait. Il s’en saisit avant de fouiner dans les placards pour trouver un morceau de pain et du fromage, puis il fila retrouver la Lieutenante, qui de toute façon, n’avait pas bougé. Puis il lui tendit le fameux objet et s’adossa à nouveau contre l’arbre face à la chasseresse.

    "Tiens, c’est un marteau. Tu sais, pour pour briser la glace quoi", lui dit-il avec un grand sourire.

    Il ouvrit son morceau de pain en deux et y glissa le fromage, puis commença à grignoter son sandwich improvisé en fixant la jeune femme. Il lui avait semblé voir une lueur d’amusement dans ses yeux. Ou peut-être une teinte d’agacement, il ne savait pas vraiment. Peut-être un peu des deux.

    "On peut se tutoyer tu sais. Enfin moi je le ferai en tout cas. Sans vouloir t’offenser, ajouta-t-il avant de mordre dans son sandwich discrètement. "

    Visiblement, le marteau n’avait pas eu l’effet escompté. Il ne se laissa pas démonter pour autant et après s’être totalement ouvert à ses peurs, il tenta de réfléchir à ce qui l’effrayait le plus. Répéter les erreurs passées, ne pas pouvoir protéger celles dont elle avait la responsabilité. Quelque chose de commun à beaucoup de personnes. Mais Solan était intrigué. Il y avait autre chose là-dessous. Il sentait un lien entre eux. Il lien uniquement constitué de peur. N’y comprenant rien lui-même, il finit son sandwich au fromage en silence et se frotta les mains, satisfait et repus.

    "Je vais être honnête avec toi, y a un truc qui me turlupine. Concrètement, je sais exactement de quoi tu as peur. Je te parle pas de ta peur des papillons de nuit hein. C’est mon talent passif. Je suis un fils de Metus. Qu Deimos chez les grecs, j’imagine que tu vois un peu le topo ?"

    Il se tu un instant, ses yeux sombres toujours plongés dans ceux de la chasseresse. Puis, estimant qu’il ne dépassait pas la limite de la politesse, il se décida enfin à parler pour changer de sujet. Mais il percuta enfin et tout fit sens dans sa tête. Le mélange de toutes ces peurs, ces terreurs, ces cauchemars accumulées depuis tant d’années… Il avait mis le doigt sur le lien qui le reliait à la chasseresse, et ça relevait de l’exploit. Tout était si brouillon, mêlé, entremêlé qu’il avait été difficile pour le garçon de tout démêler pour enfin comprendre de quoi elle avait vraiment peur.

    "Tu as peur de moi. Ou du moins ce que je symbolise. Pas que ça me dérange, mais pourquoi ? J'ai encore rien fait." constata-t-il.

    Solan pencha la tête sur le côté, tentant de décrypter la Chasseresse, toujours aussi impassible.
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    lune et nuit — ft. solan Empty Re: lune et nuit — ft. solan

    le Mer 13 Fév 2019 - 6:39

    La guerrière de lumière n'eut presque pas le temps de cligner des yeux, la voix profonde de l'homme se fortifiant dans les airs alors qu'un sourire embrasait ses sombres traits;

    Oui, en effet. Je reviens dans deux minutes !

    Curieux. Nullement désaxée par sa nouvelle solitude, Elvire en profita pour rediriger son attention vers les confins de la forêt, perdant son regard de nuit dans les bois obscurs entourant le camp. Celui-ci de nouveau silencieux, la lieutenante pouvait brièvement entendre la vie nocturne s'élever dans les moindres recoins; là, les grillons s'envoyaient des messages uniques, couverts par le bruit du crépitement des flammes qui embrasaient les bûches, puis, dans ce coin… Un frottement entre deux métaux et des objets qui dégringolaient. Ah — la commandante retint un soupire —, le retour de la pollution mortelle et des pas cacophoniques était de mise, un arrêt à côté de son propre corps prouvant l'action de cet étrange Solan.

    Tiens, c’est un marteau. Tu sais, pour briser la glace quoi, annonça l'individu, joignant ses paroles à son mouvement de la main où, comme par surprise, on y voyait trôner une lourde masse.

    La chasseresse laissa un long silence planer entre les deux, déplaçant ses yeux du sourire de ce demi-dieu à l'objet qu'il tenait au milieu de sa main, puis au sandwich qu'il s'était arrangé entre deux craquements de branches sèches. Pourtant sans émotion sur son visage, une brève étincelle s'éclaira au fond de ses prunelles, mélange de plusieurs émotions suite à cette blague insolite. Néphélé… Avait l'habitude d'exécuter ce genre de plaisanterie, lui aussi. Elle, amoureuse et naïve, riait presque toujours pour l'encourager, meilleur public pour cet idiot fils d'Hadès; et presque instinctivement, comme un vieux virus qui dormait, ses commissures faillirent s'étirer pour laisser apparaître un sourire hésitant.

    On peut se tutoyer tu sais. Enfin moi je le ferai en tout cas. Sans vouloir t’offenser.

    L'observant adossé contre l'arbre, Elvire ne savait point quoi penser. D'un côté, le remous de cette parole incessante, bien caractéristique de ce genre de personnage, lui donnait envie de se détourner pour continuer sa protection, mais de l'autre, une pointe de curiosité minait sous sa fatigue sociale, tentant de percer les couches pour découvrir le pourquoi bien spécifique. Il était déjà établi qu'elle ne bougerait pas, alors le bras droit haussa imperceptiblement ses épaules; elle avait déjà eu affaire à des gens bien plus compliqués que ce petit corruptible.

    Je vais être honnête avec toi, y a un truc qui me turlupine. Concrètement, je sais exactement de quoi tu as peur. Je te parle pas de ta peur des papillons de nuit hein. C’est mon talent passif. Je suis un fils de Metus. Qu Deimos chez les grecs, j’imagine que tu vois un peu le topo ?

    Un tressaillement gravit les ligaments de son corps, première vague d'avertissement enclenchée dans la peau de cette machine de guerre — deuxième déferlement au bout de ses doigts, les crépitements allèrent en s'intensifiant, qu'elle coupa vivement d'un mouvement sec et définitif de la main. Levant celle-ci pour étirer ses membres, elle prit place devant le fils de la terreur, redressant un tantinet sa tête pour planter ses yeux dans les siens, dagues froides qui n'avaient maintenant rien d'amical. À l'opposé de ce sentiment, Elvire laissa une nappe d'impassibilité glacée grignoter les derniers contours fades de son faciès, cachette parfaite pour dissimuler une encore plus frigide et houleuse tempête. Point le temps de penser à sa ressemblance avec son ancien amour, encore moins l'atmosphère pour lui donner de l'importance; celui-ci ne s'approcherait pas de ses filles, ou aurait à passer sur son corps d'immortelle. Un pouvoir de la sorte, pour les plus jeunes recrues, était ce qu'elle avait voulu éviter en rejoignant cet endroit dérisoire. La plupart de ses protégées avaient des passés houleux, qui les avaient toutes brusqués d'une part ou de l'autre, cicatrices parfois toujours fraîches dans une histoire qui n'avait rien de plaisant. Et si un idiot de la sorte venait se pavaner devant elle, lieutenante de 2000 ans, se vantant de savoir sa plus grande peur, alors les dommages futurs pourraient être très amers; elle ne laisserait pas ce genre d'énergumène disturber l'apprentissage de son groupe.  

    Tu as peur de moi. Ou du moins ce que je symbolise. Pas que ça me dérange, mais pourquoi ? J'ai encore rien fait.

    Dérangée un instant par la précision de son pouvoir, la fille d'Hécate le fut plus encore par sa dernière phrase, ce sentiment la faisant amorcer un pas aérien vers lui — ainsi rendue assez proche pour qu'elle puisse observer ses moindres traits impassibles, accentuée par ce penchement de tête, elle commença d'une voix loin d'être apathique;

    Je vous arrête tout de suite. La peur est un concept sérieux, non pas un instrument pour briser la glace avec des inconnus que vous ne connaissez même pas. Je parcours la terre depuis plus de deux mille ans et c'est ce mot qui a causé tant de douleurs à plusieurs êtres, ce mot qui a provoqué guerre et cris qui résonnent encore dans la nuit, ce mot qui a laissé des familles sans père, sans mère. Et puisque vous n'avez pas l'air d'y apporter une grande importance, je vous conseille de rester loin des chasseresses -- car si ça vous amuse de raviver des souvenirs douloureux, soit, mais mes sœurs ne participeront pas à votre jeu tordu. Compris ?

    Appuyant sur son dernier mot, le menton relevé et ses orbites glaciales dirigées vers le visage du mâle, elle finit par se décaler rudement du corps de ce Solan, frôlant de ses cheveux l'épaule du garçon alors qu'elle se détournait. Il était finalement comme les autres, loin de ce que Néphélé avait été; fils du dieu des enfers, il avait souhaité et voulu la paix avant tout, non pas raviver des inquiétudes qui n'appartenaient qu'à ceux qui les dirigeaient. Maintenant revenue à sa position initiale, face à l'ombre et regard plongé dans les spectres des arbres anciens, elle éjecta d'une voix redevenue neutre, ne daignant même pas regarder le romain;

    Ce que vous m'inspirez n'a rien à voir avec la peur. C'est le passé, et celui-ci restera dans le passé; n'espérez surtout pas que je vous confie mes moindres secrets comme à un ami, fils de la terreur.

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    lune et nuit — ft. solan Empty Re: lune et nuit — ft. solan

    le Mer 13 Fév 2019 - 18:10

    Elle insistait sur le vouevoiment et lui planta son regard glacé et tranchant dans celui de Solan qui avait de son côté plutôt des flammes dansantes dans ses prunelles, puis elle lui répondit d'un ton ferme, autoritaire :

    "Je vous arrête tout de suite. La peur est un concept sérieux, non pas un instrument pour briser la glace avec des inconnus que vous ne connaissez même pas. Je parcours la terre depuis plus de deux mille ans et c'est ce mot qui a causé tant de douleurs à plusieurs êtres, ce mot qui a provoqué guerre et cris qui résonnent encore dans la nuit, ce mot qui a laissé des familles sans père, sans mère. Et puisque vous n'avez pas l'air d'y apporter une grande importance, je vous conseille de rester loin des chasseresses -- car si ça vous amuse de raviver des souvenirs douloureux, soit, mais mes sœurs ne participeront pas à votre jeu tordu. Compris ?"

    Solan resta éberlué par cette réponse. Elle se décala de lui trop vite pour que cela soit juste du à l'agacement, et ses cheveux fouettèrent sa joue. Il en avait vu des vertes et des pas mûres, mais là... Il se sentait étrangement intrigué par la chasseresse, aussi il garda le silence avec un léger sourire. Cette fille était décidément de la team premier degré. Elle lui faisait toujours face, les yeux froids et durs comme de la pierre. Mais Solan n'avait pas peur de ses menaces.

    Il incarnait la peur à lui tout seul, et s'il ne le comprenait pas comment pas comment on pouvait avoir peur de lui, il comprenait néanmoins le concept. Il déclenchait la peur la terreur, il la vivait à travers eux, mais cette sensation peu dérangeante n'était jamais que passagère, elle ne lui appartenait pas, il ne l'a ressentait pas lui-même.

    C'était comme lire un livre, exalté par la puissance des mots, il en tirait une jouissances parfaite. C'était le même principe pour son pouvoir. Il lisait à travers eux, c'était tout. Il sourit d'un air sincère, se disant que la naïveté de la Lieutenant aurait pu être drôle si elle n'est pas aussi haute placée dans la hiérarchie des chasseresse d'Artémis. Puis elle reprit :

    " Ce que vous m'inspirez n'a rien à voir avec la peur. C'est le passé, et celui-ci restera dans le passé; n'espérez surtout pas que je vous confie mes moindres secrets comme à un ami, fils de la terreur.
    "

    Ledit fils de la terreur s'amusa de cette réponse, une lueur de gaieté dans les yeux. Cette chasseresse était vraiment très particulière. Il sentait sa peur, enfouie loin en elle, mais elle existait bel et bien, qu'elle l'accepte ou pas. Alors il ouvrit la bouche pour parler à son tour :

    " Premièrement, loin de moi l'idée de t'offenser. Je n'avais pas l'intention de jouer sur ça, vraiment. Les Chasseresses sont pour moi des intouchables, et je n'ai pas l'intention de foutre le bordel au camp Half Blood en semant la terreur à travers les Chasseresses. J'incarne la peur, peut-être, mais je n'ai pas choisi mon paternel. Et je connais les frontières à ne pas franchir. Les Chasseresse d'Artémis font partie des gens auxquels je ne ferai pas le moindre mal. Encore moins à la Lieutenante."

    Néanmoins, sentant que la Lieutenante n'acceptera de toute manière ses excuse, il préféra garder le silence. Rae lui avait formellement interdit de s'amuser avec elle, et, de toute manière il savait qu'il risquait sa vie et le plan que sa Centurion avait ébauché. Il respectait la hiérarchie mise en place, mais ça n'altérait en rien sa curiosité dévorante.

    " Et puis de toute façon je ne joue jamais sur les peurs profondément humaines. Il n'y a rien d'amusant ou d'utile à voir quelqu'un se morfondre. Je garde les secrets des gens profondément enfouis en moi, je ne les divulgue jamais à qui que ce soit. Je ne veux pas causer le moindre mal, juste plaisanter un peu.", dit-il en repensant à l'araignée qu'il avait lâchée en cours lorsqu'il était petit avec une pointe de nostalgie.


    Il se mordit la lèvre inférieure, tâchant de comprendre pourquoi elle niait en bloc le fait qu'elle avait peur de lui. Cela faisait partie du passé, disait-elle. Quelle excuse de merde. Il effaça son sourire et reprit d'un air plus sérieux.

    " J'y accorde, contrairement ce que tu peux penser, beaucoup d'importance. La peur est essentielle, elle peut te pousser jusque dans tes derniers retranchement, là où tu puise une force que tu n'imaginais même pas. Sans la peur, il n'y a pas d'espoir, et sans espoir il ne nous reste plus rien."

    Il changea de position pour se placer face à la chasseresse et, après quelques instants de réflexion, il lui dit d'une voix qui se voulait neutre :

    "Tu ne peux pas me tromper à ce jeu là, ta peur est peut être ancienne, brouillée et difficile à décrypter, mais elle est toujours là au fond de toi. Si je t'ai posé la question, c'est parce que je sens qu'il y a un lien avec moi, et c'est la première fois que je le ressens de cette manière, ça m'a quelque peu... désarçonné. Je veux dire, beaucoup de gens ont eu et ont toujours peur de moi, il ne sert à rien de le nier. Je ne voulais pas faire le vantard qui insinue qu'il a le dessus sur toi. Comme tu dis, tu as plus de deux mille ans. Je n'ai qu'un fouet, certes très classe et fort pratique avec une hache et mon pouvoir actif pour me défendre face à toi. J'ai beau être excellent dans le domaine, tu me laminerai sans efforts. Je ne suis pas là pour déclencher un conflit."

    Il avala son dernier morceau de sandwich.  Au fromage, se frotta les mains et s'assit au pied de l'arbre, toujours face à la Lieutenante. Toujours aussi curieux il commença à réfléchir pourquoi une Lieutenant des troupes d'Artémis pouvait avoir peur de lui, ou du moins de qui résonnait en elle en le voyant. Tout cela était donc lié à son passé. Probablement une histoire atroce sur son rapports avec les hommes, ou une histoire de cœur qui avait mal tourné avant qu'elle ne rejoigne les Chasseresse d'Artémis. Il préféra ne pas s'avancer sur ce sujet, sentant la Chasseresse tendue.

    Après quelques secondes, il posa prudemment la question qui lui brûlait les lèvres:

    "Je te rappelle quelqu'un, c'est ça ?"
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    En bref

    lune et nuit — ft. solan Empty Re: lune et nuit — ft. solan

    le Mer 13 Fév 2019 - 22:06

    Premièrement, loin de moi l'idée de t'offenser. Je n'avais pas l'intention de jouer sur ça, vraiment. Les Chasseresses sont pour moi des intouchables, et je n'ai pas l'intention de foutre le bordel au camp Half Blood en semant la terreur à travers les Chasseresses. J'incarne la peur, peut-être, mais je n'ai pas choisi mon paternel. Et je connais les frontières à ne pas franchir. Les Chasseresse d'Artémis font partie des gens auxquels je ne ferai pas le moindre mal. Encore moins à la Lieutenante.

    Elvire détourna sa tête vers le guerrier, loin d'être inexpérimentée dans les discours de la sorte. S'il pensait pouvoir déjouer les autres de cette manière, grand bien lui fasse, mais la millénaire en avait déjà vu des plus tenaces; la seule vérité était celle qu'on ne pouvait pas faire confiance aux gens comme lui, surtout s'ils s'avéraient être une future difficulté pour son groupe de combattantes.

    Le voyant donc garder le silence, elle changea une nouvelle fois de position, assemblant son attention dans tous ses sens pour continuer ce qu'elle était vraiment venue faire. Elle le laisserait déblatérer tout seul, car la commandante avait déjà tout dit sur ses ressentis envers ce fils de Metus.

    Et puis de toute façon je ne joue jamais sur les peurs profondément humaines. Il n'y a rien d'amusant ou d'utile à voir quelqu'un se morfondre. Je garde les secrets des gens profondément enfouis en moi, je ne les divulgue jamais à qui que ce soit. Je ne veux pas causer le moindre mal, juste plaisanter un peu.

    La femme pencha imperceptiblement sa tête, nullement ébahie par la stupidité et la naïveté des mortels ambiants. Cet être temporel, pareils aux milliers de personnes qu'elle avait croisées, périrait d'une façon stupide, détourné par ses fausses paroles et sa volonté désuète; elle ne pouvait pas changer cette vérité — et ne le voulait pas —, alors le seul élément qu'elle pouvait faire dans ce laps de temps actuel était de le garder loin de ses chasseresses. Ainsi, et seulement s'il ne mentait pas, il les laisserait tranquilles, mais Elvire ne croyait pas pour une seconde ce point et était prête à parier qu'une de ses sœurs le reconnaîtrait dès lors très facilement.

    J'y accorde, contrairement ce que tu peux penser, beaucoup d'importance. La peur est essentielle, elle peut te pousser jusque dans tes derniers retranchement, là où tu puise une force que tu n'imaginais même pas. Sans la peur, il n'y a pas d'espoir, et sans espoir il ne nous reste plus rien.

    Au moins, quelque chose de vrai découlait de toute cette homélie soporifique. Pourtant, si la fille de la lune était prête à accepter ce fait, elle ne niait pas les incohérences visibles dans la parole de ce Solan, mettant en évidence son inexpérience humaine d'un garçon qui ne connaissait la terre que depuis une vingtaine d'années. Bien entendu, elle devait lui donner le point de la détermination, car il semblait prêt à rester toute la nuit à ses côtés; rapidement piqué devant elle et de nouveau prêt à continuer son monologue, il la regardait d'un air qui se voulait être neutre.

    Tu ne peux pas me tromper à ce jeu là, ta peur est peut être ancienne, brouillée et difficile à décrypter, mais elle est toujours là au fond de toi. Si je t'ai posé la question, c'est parce que je sens qu'il y a un lien avec moi, et c'est la première fois que je le ressens de cette manière, ça m'a quelque peu... désarçonné. Je veux dire, beaucoup de gens ont eu et ont toujours peur de moi, il ne sert à rien de le nier. Je ne voulais pas faire le vantard qui insinue qu'il a le dessus sur toi. Comme tu dis, tu as plus de deux mille ans. Je n'ai qu'un fouet, certes très classe et fort pratique avec une hache et mon pouvoir actif pour me défendre face à toi. J'ai beau être excellent dans le domaine, tu me laminerai sans efforts. Je ne suis pas là pour déclencher un conflit.

    La vision de la lieutenante balaya lentement le corps de l'homme, observant celui-ci la regarder, assis et appuyé sur l'arbre devant elle. Vu de haut, ses cheveux bouclés tombaient en cycle continu sur son front, comme des filaments d'ombres détachés et, à contrecœur, elle ne put s'empêcher de se rappeler la sensation de ses doigts dans les boucles de son ancien amant. Elle détourna son regard — le passé était le passé —, analysant pourtant, et ce avec un certain calme, les paroles qui venaient de s'écouler du corps étendu devant elle.

    Je te rappelle quelqu'un, c'est ça ?

    Décidément, il n'allait pas lâcher l'affaire. Soit un menteur invétéré, soit un demi-dieu qui ne cherchait qu'à se faire excuser, cet enfant de la terreur était manifestement une vraie épine dans le pied, faisant presque soupirer Elvire qui n'avait voulu que le silence pour une soirée.

    Si, comme vous le dites, vous restez loin des chasseresses, alors je ne serai pas un problème pour vous. Par contre, et elle reprit ses yeux glacés, le scrutant sans siller; si une de mes sœurs me rapporte un incident avec vous, je vous conseille d'avoir une bonne explication à fournir, car votre discours sur le respect de la peur ne servira absolument à rien.

    Puis, malgré soi, l'immortelle se concentra devant elle pour lever doucement sa main, dirigeant ses doigts vers le sol comme elle l'avait fait des milliers de fois. Accumulant son énergie pendant seulement quelques secondes, les picotements dans ses doigts s'intensifièrent, puis finirent sèchement alors qu'elle remit son membre prêt de ses hanches, à nouveau baignée dans le silence. Interruption.. Devant les yeux du duo incongru, un oiseau fantomatique battit mollement des ailes, translucide spectre aux yeux de feu; s'envolant après avoir échangé un coup d’œil avec son invocatrice, il disparu entre deux branches d'arbres, le bruissement des bourgeons comme dernière trace de sa présence.

    Un ancien ami. Elle laissa passer une pause caractéristique, puis le détailla.
    Physiquement, il ressemblait beaucoup à vous. Je n'ai rien vu de tel en deux mille ans.
    Peut-être êtes-vous tous deux reliés... Par un parent.


    Pour donner suite à l’élocution vint l’analyse, Elvire remémorant ses anciennes paroles prononcées. Il était fils de Metus, un romain qu'elle ne connaissait même pas et qu'elle n'allait probablement plus revoir lorsqu'il quitterait le campement des grecs, alors pourquoi était-il venu lui parler ? La descendante d'Hécate avait répondu à sa question, alors c'était à lui de se porter garant de la prochaine réponse; ce fut ainsi qu'elle leva un sourcil, première expression faciale apparente sur son visage depuis le début de la soirée.

    Satisfait, ou votre présence ici a une autre motivation que de savoir mes peurs ?

    Solan Hamilton
    Légionnaire de la 5e cohorte

    Solan Hamilton

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    lune et nuit — ft. solan Empty Re: lune et nuit — ft. solan

    le Jeu 14 Fév 2019 - 2:28

    « Si, comme vous le dites, vous restez loin des chasseresses, alors je ne serai pas un problème pour vous. Par contre, si une de mes sœurs me rapporte un incident avec vous, je vous conseille d'avoir une bonne explication à fournir, car votre discours sur le respect de la peur ne servira absolument à rien. »

    Solan ne put s’empêcher d’afficher un grand sourire face à cette menace à peine voilée. Il avait déjà rencontré Eleanore, une gamine de treize ans, qui en avait sûrement dix fois plus, et il n’avait pas touché à un seul de ses cheveux. Bien entendu, il respectait les règles et la hiérarchie, dont les ordres direct de sa Centurion. Il avait appris à se faire discret, par mesure de sécurité tant pour lui-même que pour les Chimères. Pour autant, dès que l’occasion de faire une petite farce se présentait, comme donner l’illusion à un grec qu’un minotaure le pourchassait par exemple, il ne se faisait pas prier. Ce genre de blagues pas bien dangereuses, il les faisait régulièrement.

    Il avait brodé un peu pour tenter de percer à jour la Lieutenante, mais il y avait un fond de vérité dans ce qu’il avait dit. Il aurait plus de scrupules à mettre quelqu’un de terrifié par le contact humain en difficulté que de mettre un arachnophobe en face d’une araignée. Mais si Rae le lui demandait, il agirait sans de beaucoup de difficultés. Il n’y pouvait rien, c’était en lui, il aimait ressentir les frayeurs diverses des autres. Il aimait en jouer. Et puis ça lui donnait un certain avantage sur le champ de bataille. Non, Solan aimait vraiment son pouvoir et l’utilisation qu’il en avait, et il n’y renoncerait pas contre tout l’or du monde.

    Puis la Lieutenante étendit son bras au-dessus du sol, avant de le remettre aussitôt à sa place initiale. Sous ses yeux se déployait les ailes d’un oiseau spectral qui prit aussitôt son envol. Le silence enveloppa Solan et la mystérieuse chasseresse, avant qu’elle ne reprenne la parole, presque à contrecœur :

    "Un ancien ami."

    Elle fit une pause, suffisamment longue pour laisser le temps à Solan de comprendre qu’il n’était pas juste un vieil ami. Vu l’âge que devait avoir la Lieutenante, il ne doutait pas une seule seconde qu’il était mort il y a déjà bien longtemps, probablement par sa faute.

    "Physiquement, il ressemblait beaucoup à vous. Je n'ai rien vu de tel en deux mille ans. Peut-être êtes-vous tous deux reliés... Par un parent."

    Solan arqua un sourcil, dubitatif. Il était donc le sosie d’un mort, qui, apparemment, avait été cher à la Chasseresse. Pourtant, il le sentait, il y avait quelque chose d’autre. Il ne savait pas quoi, mais il allait finir par le découvrir. Curieux de nature, il explorait toutes les pistes, suivait tous les indices pour finalement trouver la réponse à ses questions. Et il n’allait pas faire exception la concernant, Lieutenante des Chasseresses ou pas. Tandis qu’il cogitait, la jeune femme reprit la parole, espérant sans doute le faire partir :

    "Satisfait, ou votre présence ici a une autre motivation que de savoir mes peurs ?"

    "Satisfait ? Tu plaisante j’espère ? T’en as trop dit, ou pas assez. Et par pitié, cesse de me vouvoyer. C’est pas comme ça que tu réussiras à me mettre à distance.", dit-il dans un grognement

    Solan détestait ce principe. Comme si le vouvoiement était censé remettre les gens à leur place, exactement ce que la Chasseresse était en train de faire. Était-elle obligée de se montrer aussi hautaine ? Il rageait intérieurement. Il ne pouvait pas s’en prendre à elle, et pourtant il avait une envie monstrueuse de la terrifier. Mais non. Rae avait été très claire là-dessus, on ne touchait pas aux chasseresses.

    Pourtant l’idée de lui faire vivre son pire cauchemar était séduisante. Alors Solan se mit à creuser, à gratter la surface pour en extraire quelques frayeurs banales, comme ne pas être capable de protéger son groupe de gamines toutes plus vieilles les unes que les autres comme elle n’avait pas pu le faire pour son ami, le sosie de Solan, mort et enterré depuis bien longtemps.

    Il comprit soudainement la chose qui lui échappait. Premièrement, elle avait peur de très peu de choses. La Chasseresse devait s’être blindée depuis le temps qu’elle existait. Deuxièmement, elle n’avait pas réellement peur de lui. Elle était terrifiée par leur ressemblance. Terrifiée de voir dans ses yeux la lueur qui brûlait jadis dans les yeux de son amant. Terrifiée de voir en Solan l’homme qu’elle avait un jour aimé. Il avait trouvé une faille en elle, mais loin d’avoir envie de s’y immiscer, le jeune homme se contenta de lui demander :

    "Tu vas la raconter ton histoire ? J’ai tout mon temps et pas l’intention de bouger."

    Il se décolla de l’arbre et s’approcha de la jeune femme, les bras croisé sur son torse finement musclé. Le silence régnait et l’éclat de la lune faisait tant ressortir les traits sévères de la chasseresse que sa beauté, mais dont les yeux cachaient une tristesse enfouie. Elle semblait décidée à l’ignorer royalement, et Solan soupira avant de lui murmurer :

    « Au moins ton nom ? »
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    lune et nuit — ft. solan Empty Re: lune et nuit — ft. solan

    le Jeu 14 Fév 2019 - 6:39

    Elvire n'eut point le temps de prendre plus de deux respirations, se faisant interrompre promptement par le grognement énervé de Solan — fils de la terreur aux yeux échauffés, la dernière phrase de son interlocutrice n'avait pas eu l'air de trop lui plaire, ne provoquant rien d'autre qu'un haussement de sourcil sur le visage neutre de la femme.

    —  Satisfait ? Tu plaisante j’espère ? T’en as trop dit, ou pas assez. Et par pitié, cesse de me vouvoyer. C’est pas comme ça que tu réussiras à me mettre à distance.

    Le mettre à distance ? Il était déjà à distance et n'avait jamais été proche d'elle, donc rien dans cet échange de sentences n'avait besoin d'être mis à l'écart, surtout pas lui. Sans davantage porter attention aux paroles du garçon, elle dédia plutôt le sien à un animal la regardant au travers de deux arbres, billes surveillant le duo étrange.

    Tu vas la raconter ton histoire ? J’ai tout mon temps et pas l’intention de bouger.

    La détermination, ou cette sorcellerie d'évoquer qu'elle pourrait même concevoir l'idée de se confier à lui ? La lieutenante ne savait pas ce qui lui donnait le plus envie de prendre congé, mais penchait probablement pour les deux réponses en même temps. Elle ne le connaissait pas et, pour peu qu'elle sache, il n'était qu'un idiot banal qui s'amusait avec les peurs, ce qui n'était pas très agréable comme première invitation de confidence. D'autre part, la guerrière n'était nullement agressive, ni véhémente, loin de là, et il était difficile de lui faire perdre son sang-froid, mais elle pouvait se montrer très glaciale envers ceux qui essayaient de s'introduire sans prévenir dans sa vie. Elvire pouvait supporter des mortels, à une très grande limite, mais plus que ça ? Discuter avec eux comme elle le ferait avec sa famille ? C'était espérer l'impossible — le soupire du mortel appuya ses pensées, comme s'il les approuvaient — et un concept radicalement dérisoire.

    —  Au moins ton nom ?

    Elle ajusta ses orbites dans la direction du descendant de l'épouvante, les affres du désespoir scintillant dans les moindres recoins de ses prunelles souillées. Dans la nuit, elles paraissaient sûrement bien plus sombres qu'en réalité, apportant une lueur insignifiante dans la tête de l'ancienne; Néphélé, dans ses souvenirs, avait reçu le baiser de la mort dans ses yeux, recouvrant de noirceur quiconque croisait son regard. Ils n'étaient pas pareils, elle devait se le rappeler, et laisser ses anciens spectres du passé reposer en paix. C'était ce qui était le mieux pour elle.

    C'était ce qui était le mieux pour toi, fils d'Hadès.

    Elvire. Se décalant d'un pas vers la droite pour continuer sa garde, elle continua d'un ton neutre; Alors ne bouge pas. Tu — elle lui jeta un coup d'oeil en utilisant le pronom, retenant un soupir — peux rester assis ici toute la nuit, mais mon histoire personnelle n'atteindra jamais tes oreilles. J'ai l'obligation de surveiller les environs, alors je ne quitterai pas cette place, mais ne compte pas assister à une tirade intérieure sur mon passé.

    Dans son jeune temps, elle l'aurait probablement noyé dans le lac, mais sa naïveté de mortelle était morte avec son ancienne personnalité, l'ayant laissé plus mature et calme dans ses décisions. La commande continua donc d'une manière neutre, sa voix mélodieuse enrouant le silence malgré sa connotation qui n'inspirait rien d'amical;

    Et puisque le rôle d'une chasseresse n'implique pas de discussion avec des hommes demi-dieux, je te conseillerais de retourner sagement à ton Bungalow pour dormir avec les autres. Ne lui laissant pas le temps de répondre, elle s'avança d'encore plusieurs pas vers l'avant, puis termina, plus pour conclure la discussion que comme marque de bonne volonté; Bonne nuit, Solan.

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