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    PeterFils de Zeus


    Peter Grant
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    Peter Grant

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    Pin se frotta doucement les yeux, comme un petit enfant qui venait de se réveiller. Quand il retira ses mains, il eut la surprise d’être, non pas dans son bungalow, comme il était censé l’être, mais en plein milieu de Campus Martius Park. Il fronça les sourcils. Cela faisait des années qu’il n’était pas venu ici et il ne voyait pas vraiment ce qu’il foutait là, en fait. Deuxième fait étrange : il n’y avait personne. Pas de voitures aux alentours, pas de vélo, pas de familles, pas de couples de jeunes qui s’embrassaient. Non. Il n’y avait que lui… et Silas. Quand son regard se posa sur son meilleur ami, il ne put s’empêcher de serrer les dents de rage. “Son meilleur ami” ! Elle était bien bonne, celle-là ! Comment avait-il osé le qualifier de la sorte pendant tant d’années ? Ce n’était qu’un connard, quelqu’un qui ne méritait pas sa confiance. Pourquoi, en fait ? Qu’avait-il fait au juste pour que le fils de Zeus ne ressentît que du dégoût en le voyant ? Du dégoût et de la colère. Il ne savait pas. Il avait en tête une seule chose, en fait : cet enculé allait le payer cher, très cher. Tout, absolument tout était de sa faute. Et Pin voulait se venger de ce qu’il avait fait.

    Il porta une main à son cou pour vérifier que son médaillon était bien là. Il n’allait pas sortir tout de suite son arc, cela ne servirait à rien, il était beaucoup trop proche de celui qui était maintenant devenu son ennemi juré. Il avait bien sa dague, cachée sous ses vêtements, mais la sortir ne servirait à rien également. Elle était plus courte que l’épée de Silas. Et bon sang, il savait qu’il était dangereux avec une épée. Non, il lui fallait autre chose. Quelque chose qui pourrait le protéger des coups du fils de Dionysos et qui pourrait lui permettre de faire du mal à son opposant. Pin regarda autours de lui, tout en reculant légèrement. Il gardait les yeux rivés sur lui, histoire de pouvoir réagir au moindre geste. Il avançait autant que lui reculait et il n’y avait que quelques mètres qui les séparaient. Son dos finit par se heurter à une poubelle en métal. Mais quelle idée d’avoir foutu ça ici ! Eh mais… Il tourna légèrement la tête vers la droite, histoire de pouvoir regarder ce qu’il faisait et en même temps de pouvoir se défendre en cas d’attaque. La poubelle avait un couvercle en métal… C’était.. parfait ! Il saisit le bouclier improvisé par la poignée et fit face à son ancien acolyte. Il lui sourit. Mais pas un petit sourire tout gentil, non. On pouvait plus le comparer à un gros psychopathe. Il savait que ça ne lui ressemblait pas, mais il s’en foutait. Il devait payer pour ce qu’il avait fait.
    Ou mieux : il devait mourir.

    Alors il s’approcha rapidement du traître et parat quelques coups d’épée avec la protection métallique. Oh, bon sang, ce qu’il était doué ! Il serra les dents un peu plus, et, en poussant un cri de rage, l’assomma à coup de couvercle de poubelle. Il savait qu’il ne serait sonné que pour quelques instants, alors, au lieu de savourer sa victoire, il prit ses jambes à son coup et partit sur l’Avenue Monroe. Il fallait qu’il trouvât un lieu en hauteur. En hauteur et assez bien ouvert pour pouvoir viser Silas avec son arc. Il courra à toute vitesse en remonta l’avenue. C’était plus qu’étrange de courir sur cet endroit toujours rempli de voitures. Ça lui donnait l’impression que tout cela était irréel. Mais pourtant, il n’y avait rien de plus vrai. La sensation du métal froid sur sa peau était réelle. La rage était réelle, le danger que représentait rival était réel.
    En bref, il était dans la merde.

    Il tourna rapidement pour arriver sur Farmer Street. Il n’osait pas regarder derrière lui, il savait très bien qu’il était là, déjà debout, en train de le poursuivre, épée à la main, le regard fou. On aurait dit un chat affamé qui chassait une souris. Et Pin espérait vraiment que la proie pût se sortir vivante des griffes du prédateur.


    Silas Inkios
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    Je suis dans un parc que je connais bien. Le Campus Martius Park. J’y suis allé très souvent, à tout âge, pour traîner ou autres avec mon pote. Je reste nostalgique un instant en regardant les bancs fatigués mais familiers. D’habitude il y avait toujours beaucoup de monde dans ce parc, là il n’y avait personne. C’était plutôt surprenant, d’habitude il y avait toujours une ou deux grand-mères, des gosses et des jeunes occupés à toute sortes de choses. Et y avait souvent deux ou trois SDF en train de fouiller les poubelles ou dormir sur un banc. Là, personne.
    Je ressent pourtant très clairement une présence. Je me retourne, lentement, et je le vois. Juste là, en face de moi. Il se tient tout fière, droit comme un I. Je le connais bien, très bien, depuis tellement longtemps. Mais là, sa tête m'insupporte, son regard bleu outremer, son sourire de connard. Je n’avais qu’une envie; le voir mort.
    Je reste silencieux, le regard noir. Je ne comprends pas tout, la situation me paraît étrange. Beaucoup trop étrange. Inhabituelle. Improbable. Comme si il y avait quelque chose qui cloche.

    Je vois le fils de Zeus reculer, sans me quitter des yeux. Je lève un sourcil. Je lui fais peur ? Je m’approche, une main sur la poignée lissé par les efforts de ma lame. Au début j’avançais hésitant,mais plus je me rapprochais, plus ce sentiment sanglant qui brûlaient en moi augmentait. La question n’était pas de comprendre pourquoi je voulais l’empaler, mais plutôt comment. Je m’arrête de réfléchir et m’élance d’un coup. Sans prévenir, sans bruit.

    Je m’étonnais moi-même, je n’avais jamais été aussi sérieux et déterminé dans un combat.

    Alors que je m’apprêtais à lui ouvrir la gorge avec un coup rapide et habile, mon visage tout entier se pris un violent coup, me stoppant totalement dans mon élan. Je me mordis violemment la langue, sous le choc, le goût métallique du sang se mélangeait à ma salive.
    Je suis resté immobile un instant, choqué, tenant d’une main mon visage affreusement douloureux. J’avais l’impression d’avoir la mâchoire en milles morceaux. Je la bouge, incertains. Tout à l’air de marcher.
    Je relève la tête et aperçois le responsable s’enfuir.

    “Alors toi …”

    Je me ressaisi et m’élance à la poursuite du garçon aux yeux bleus. Je ne sais pas pourquoi mon corps ressentait à ce point le besoin de le tuer, pourquoi je serais aussi fort la poignée de mon épée-courte. Pourquoi mon regard était aussi noir ?
    Pas le temps de réfléchir, il prenait de l’avance. Il devait avoir une dizaine de mètres d’avance. C’est qu’il court vite ce con. Je ne devais pas le laisser me distancer, je savais comment il se battait, on s'était déjà affronté un nombre incalculable de fois. Pourquoi je l’avais pas buté ces fois là ? Il avait un arc plutôt puissant et l’oeil sûr et pour le corps à corps une dague. Mais il se débrouillait bien mieux au tir, et moi j’étais en pull tee-shirt, en gros pas de quoi résister aux flèches meurtrières.

    Je le vois qui tourne sur une grande rue, au dernier moment je prends une petite ruelle parallèle à Farmer Street.Au passage je m’éclate le flanc gauche sur une poubelle qui déverse tout son contenu sur le sol. Je continue, sans m’arrêter. J’avance le plus vite possible à travers les obstacles. Heureusement que je me débrouille très bien en parcours. Je compte le prendre sur le côté, en toute logique, le connaissant, il va courir suffisamment loin et longtemps pour mettre une bonne distance entre nous deux et me transpercer façon barbecue à coup de flèches. Il fallait que j’évite ça.

    La ruelle tourne brusquement, je suis le mouvement en dérapant sur le sol poussiéreux, je cours sans m’arrêter, maintenant perpendiculaire à Farmer Street. Au dernier moment je remarque deux grosses poubelles vertes. Je prends appuis sur le sol et saute sur les deux poubelles sans m’aider de mes bras, je pose les deux pieds sur les poubelles et m'élance sur Farmer Street. Je l’avais vu arriver. Je l’avais surtout entendu. Aussi discret qu’un boeuf cet abrutie.

    A moins de faire preuve d’un incroyable réflexe il allait se manger mon pied droit. Dans le mille. Je souris, satisfait de sentir son corps craquer sous la violence et le choc de mon coup de pied.
    Je roule sur le sol la vitesse m’empêchant de me réceptionner debout, je me laisser rouler sur le sol en encaissant avec mon épaule. Je grimace, j’en ai déjà mal partout. Mais je devais tout donner pour le saigner le plus vite possible. Pourquoi ? J’en savais rien, je le détestais, c’est tout.

    Je me relève en prenant appuis sur mes mains, et dégaine, prêts à en découdre. Et s’il se remet en tête de courir, je lui découpe les jambes.




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    Peter Grant
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    Le parking qui longeait Farmer Street était vide. C’était étonnant, y’avait toujours pleins de voitures, d’habitude. Baf, tant mieux, au moins si ce con de Silas voulait couper par là, bah il le verrait facilement. Mais il n’en revenait pas. Comment avait-il pu lui accorder sa confiance pendant autant de temps ? Il ne savait pas mais il le regrettait. Il avait passé toute sa vie avec un gars qui ne méritait même pas sa présence. Putain mais qu’est-ce qu’il avait été con ! Et pourtant, on disait qu’il était intelligent, hein. Fin, c’était pas faux non plus. Mais avec les nombres, avec les problèmes mathématiques. Pas les problèmes que la société avait engendrés.
    Et puis, ce n’était pas de sa faute si Silas était un si bon comédien ; son père était Dionysos, quand même, le père de la comédie et de la tragédie. Oh de la tragédie il y en aura quand ils retrouveront son corps démembré. C’était chaud quand même de démembrer quelqu’un… quoiqu’avec une dague c’était jouable en fait. Mais ce serait plus fun avec une scie circulaire. Y avait-il un magasin de jardinage dans le coin, par hasard ?

    Il arriva rapidement au carrefour et, pensant que Silas était derrière lui, il ne fit absolument pas attention à ce qui arrivait de Bates Street. Il aurait dû, pourtant, parce que son manque d’attention lui offrit un magnifique coup de pied dans la figure. À cause du choc, il tomba en arrière, sur les fesses. Il se releva d’un bond et le regarda tout en souriant. Aussi dangereux qu’une attaque de hamster, au final. Il se déplaça un peu histoire d’arriver à côté du lampadaire. Il posa sa main dessus et apprécia la sensation que lui procuraient les petits picotements qui annonçaient qu’il pouvait maintenant influencer le courant électrique. Ce qui était bien avec ce lampadaire, c’était qu’il était directement relié avec l’électricité de la ville. Donc il pouvait en utiliser beaucoup. Suffisamment pour créer une sorte d’éclair. Il commença à augmenter la tension présente, comme si on augmentait le débit d’une rivière. C’était plus facile d’imaginer ce qu’il faisait quand il comparait l’électricité à de l’eau, en fait. L’électricité c’était abstrait, tandis que l’eau… ça parlait à tout le monde, non ?
    Pin augmenta rapidement l’ampérage du lampadaire. Un éclair, c’était combien de kiloampère, déjà ? 10 ampères correspondait à un radiateur à 2000 watt, trop faible donc. Un moteur de locomotive, c’était un kiloampère… toujours pas suffisant. Oh si, c’était bon, il se souvenait ! Un éclair négatif valait dix kiloampères et un positif en valait cent. Il savait qu’il pourrait atteindre l’éclair positif, mais cent kiloampères, ça restait quand même super compliqué à contrôler et la rage qui bouillonnait en lui ne l’aidait pas vraiment. Du coup il allait partir sur un petit éclair négatif. Enfin, notez l’euphémisme.
    Augmenter l’intensité du courant électrique lui était facile, même s’il ne pouvait pas dire ça à ses 14 ans. Mais il s’était beaucoup entraîné et il était content de pouvoir utiliser cet entraînement sur quelqu’un. Et il l’était encore plus en sachant que ce quelqu’un était le connard qui lui avait servi de meilleur ami pendant des années.

    Quand l’enveloppe de verre explosa, le fils de Zeus se coupa à la joue à cause d’un morceau qui tombait. Tant pis, au moins, il aura une petite blessure de guerre, un souvenir de sa bataille contre ce traître. Et quelques instants plus tard, l’éclair se forma et alla droit vers Silas. Quand il fut touché par l’éclair, Pin rigola et repartit à gauche, sur Bates Street, en courant, toujours plus vite. Oh il adorait ce petit jeu. Finalement, c’était lui qui menait la danse, il était la carotte et le fils de Dionysos était l’âne. Et le bourricot allait mourir de ses blessures avant de pouvoir croquer le délicieux légume.


    Silas Inkios
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    Mon adversaire s’était relevé aussi rapidement que moi, et malheureusement, avait agi beaucoup plus vite. Il s’était dangereusement rapproché d’un lampadaire. Je n'aurais jamais cru craindre un homme et un lampadaire un jour.

    Tout se passe très rapidement, je le vois approcher sa main du poteau, et se concentrer pour influencer sur l’électricité contenue dans le lampadaire.
    J’ai même pas eu le temps de fuir, de toute façon où est-ce que j’aurais pu fuir au juste ? Je me prends donc une violente décharge électrique en pleine face, et lâche une sorte de cri de douleur. Mes genoux cèdent et je retombe une nouvelle fois au sol à quatre pattes.
    Ma tête me faisait horriblement mal et ma vue se brouillant. Je luttais pour ne pas m’écrouler entièrement sur le sol. J’entends l’autre pile électrique de merde rigoler et se casser.

    La rage me relève, je manque de tomber en me redressant, tellement ma tête me tournait. Mes jambes n'étaient malheureusement plus aussi sûres que tout à l’heure. Je repars, bien moins rapidement, tuer l’enfoiré aux éclairs.
    Mon jean s’était déchiré et avait presque brûlé par endroits. Il en était de même pour le reste de mes fringues. Ma manche gauche avait simplement été réduite à quelques bouts de tissus. Mon torse me tiraillait, je devais être sacrément brûlé. Je n’osais même pas regarder, conscient que je verrais sûrement un gros steak haché cramé plutôt qu’une peau digne de ce nom.

    Jusqu’à maintenant je ne savais pas vraiment pourquoi je voulais le tuer, mais maintenant j’avais une bonne raison. La colère me fit pousser des ailes et je rattrape assez rapidement l’autre dégonflé. Avec une force qui me surprend moi-même - vu l’état dans lequel j’étais -  je prends sa tête à une main et l’encastre dans le premier mur venue. Sympas la peinture rouge.

    Je ne lui laisse pas le temps de réagir ou de s’approcher encore une fois de ces lampadaires de merder et lui entaille le torse avec une profonde coupure de l’épaule aux hanches. Je l’enchaîne, me préoccupant à peine des dégâts que je lui faisais, du moment que je sentais toujours des gouttes de sang voler. Je continuais toujours d’avancer, espérant l’acculer contre un mur à un moment où un autre. C’est plus facile de décapiter quelqu’un quand il n'a pas d’issue de secours.
    La rue ne semblait pas vouloir finir en cul-de-sac de sitôt. Alors j’essayais d’être le plus rapide possible, si jamais il prend encore la fuite, ça va vraiment devenir chiant. J’en ai marre de courir, et mes jambes me démangeaient tout autant que mon ventre, du fait des brûlures.

    Juste à côté de nous il y avait une grande vitrine, proposant de superbes promotions sur les lisseurs et les micro-ondes. Et d’après mes souvenirs, finir dans une vitrine, ça fait mal. Enfin ce n'était pas moi qu’avais fini dans la vitrine, mais on m’avait confirmé que ce n'est pas comme dans les films. Dans la vraie vie, tu finis coupé de partout et direction l’hosto. Donc, l’idée était simple, balancer cette raclure dans la vitre, et avec un peu de chance, il allait choper un virus mortel en se coupant.

    Je l’attrape par les épaules et le fous dans la vitrine, qui se casse en tout pleins de fragments hypers coupants. Je recule pour éviter les éclats de verre.
    Moi brûlé, et lui découpé façon carotte pour apéritif. Parfait.




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    Il ne savait pas qu’il ressentirait ce sentiment un jour. Un mélange de satisfaction personnelle et d’un danger permanent. Il savait que Silas n’allait pas tarder à se relever et à l’écraser. Au final, c’était quand même marrant. Pin était-il un peu masochiste sur les bords ? Peut-être, peut-être. Tout était relatif. Peut-être que le fait de donner cette petite étincelle d’espoir au fils de Dionysos, cet espoir de mettre fin à ses jours, était tellement plus marrant qu’une simple course poursuite. Il savait qu’il le battrait de toute façon : il pouvait maîtriser l’électricité. Et lui ? Les esprits. Mais seulement quand ces esprits étaient embrouillés par l’alcool. Pouvoir de merde, ouais. La manipulation du courant, c’était tellement mieux. Tellement plus puissant. Bon, ok, c’était pas aussi cool que la création d’éclairs directement, mais c’était toujours plus utile que le pouvoir actif merdique de Silas.
    Il continua donc sa course, tout en veillant à ralentir un peu le rythme. Bah quoi ? Autant s’amuser un peu avant de le réduire en cendres !

    Soudain, il sentit un main saisir l’arrière de son crâne. Bizarre, cette odeur de chair brûlée. Mmh son opposant avait dû le rattraper, donc. Ce n’était pas si compliqué, après tout, puisqu’il avait ralenti. Ce qu’il n’avait pas prévu, par contre, c’était la violence de son acte. Il ne pensait pas connaître une seule fois dans sa vie qu’est-ce que ça faisait quand on se mangeait un mur. Quand on se mangeait très très très très violemment un mur.
    En tout cas, ça faisait mal.
    Oh nan mais, aïe quoi. Il sentait le sang couler abondamment de son nez et de sa lèvre inférieure. Bientôt, il put savourer le goût métallique du liquide qui dégoulinait dans sa bouche et observer la teinte rougeâtre que prenaient ses vêtements. Putain, on savait ravoir le sang sur les vêtements ? Nan parce qu’il y tenait, à ce t-shirt, merde ! Bon, au pire, il prendrait le fric dans son héritage. Silas lui avait bien légué de l’argent, n’est-ce pas ? Fin. Il avait peut-être pas eu le temps de modifier son testament et du coup il allait malencontreusement léguer son argent à son meilleur ennemi. Oh bah, il lui devait bien ça, hein. Il avait ruiné ses affaires !

    Et pis, il sentit du froid. Une longue courbe, de l’épaule droite à la hanche gauche. Et pis après le froid vint la douleur. L’atroce douleur. Il sentait le sang couler à flot, on pouvait survivre en ayant perdu autant d’hémoglobine ? Non parce que ce serait cool de le savoir. Tain mais qu’est-ce qu’il racontait, lui ? Il allait pas crever. Il était fort, plus fort que lui. Il lui suffisait simplement de trouver une source électrique… Ouais, fin, fallait caser cette action entre “ne pas avoir la tête aplatie contre un mur” et “faire suffisamment de dégâts à ce connard pour pouvoir fuir”. Et – on sait jamais, au cas où vous l’aviez pas compris – se faire écraser contre un mur, ça faisait mal. Et comment réfléchir à une solution quand on avait mal ? Bah euh, donnez-lui la réponse dès que vous l’avez parce qu’il la cherche toujours.

    Enfin, il sentit que son crâne n’était plus compressé contre des briques. Pin se demandait quoi, un peu. L’autre avait-il fini par succomber à la décharge électrique ? Peu de chances. Alors quoi ?
    Ce fut uniquement en se sentant voler dans les airs que le fils de Zeus comprit : il était pas mal dans la merde. Et ce fut en se fracassant contre la devanture d’un magasin qu’il se rendit compte de son erreur : il avait trop pris la confiance. Il avait bien fait de se méfier de l’autre connard au début. Mais sa position dominante en début de partie lui avait fait oublier la violence dont il pouvait faire preuve. Oups.
    Il était déjà pas très bien au début, mais fallait avouer que se prendre du verre en pleine gueule, ça faisait pas énormément de bien non plus. En fait, ça faisait extrêmement mal. Il sentait que son dos, ses jambes et sa figure avaient été coupés par les éclats. Et il ne serait pas étonné de retrouver encore quelques morceaux dans sa peau après. Il allait bien s’amuser à tout enlever, bordel.

    Il se releva, mmh, difficilement, mais il se releva. Ses jambes tremblaient un peu et il ne se sentait pas extrêmement bien. Sa tête lui tournait un peu et il savait que la migraine n’allait pas tarder. Il devait faire vite. Il regarda autours de lui et il se rendit compte qu’il était en plein milieu d’un magasin d’électro-ménagers. Il le faisait exprès d’être aussi stupide – et donc masochiste – ou alors il était vraiment débile ? Enfin, il ne tenta pas de tuer Silas, pour une fois, mais il fit griller les appareils branchés pour réussir à faire cramer toute la partie basse du magasin. L’incendie n’était pas assez puissant pour ravager tout l’immeuble mais suffisamment pour empêcher le fils de Dionysos de le rejoindre. Il était temps de sortir son arc.
    Doucement, il monta les escaliers tout en essayant de combattre la douleur qui le lançait de partout. Il avait mal partout, il était fatigué. Autant en finir, ce jeu avait assez duré.
    Arrivé en haut du bâtiment, il décrocha son médaillon et le frotta un peu pour voir son arc apparaître ainsi que ses flèches. Il vérifia qu’il pouvait s’enfuir si jamais l’incendie devenait trop violent par le toit de la construction d’à côté. Un peu moins d’un mètre de distance. C’était jouable. Il s’approcha de la bordure, n’ayant pas encore bandé l’arc.Il cherchait Silas. Et une fois qu’il l’eut trouver, en plein milieu de la rue, il mit une flèche sur son repose-flèche et tira la corde. Il lâcha celle-ci et put constater avec satisfaction qu’elle avait touché sa cible… dans son pied. Baf, c’était toujours ça de pris. Et puis, tenir son bras droit tendu devant lui alors que son épaule était blessée lui faisait un mal de chien.
    Mais il avait toujours sa chance.
    Il suffisait de viser la tête.

    Touché.


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    Une fois tous les débris de verres éjecté et retombé au sol, je m'avance à l’intérieur et me rend compte de ma connerie.

    "Merde"

    Un magasin d'électroménager, il a fallu que je tomber sur un magasin d’électroménager. Chanceux jusqu'au bout moi. Je n'ai pas eu de chance à la répartition des forces, pouvoir par ouf, chance par ouf, et même celui qui était censé être mon meilleur ami devient un mec que j'aime pas. Même plus, que j'ai envie de buter sans savoir pourquoi. Jusque-là je me posais pas trop de questions, mais ça devenait suspect tout ça. Chaque fois que je pensais à l'autre enfoiré allongé entre deux machines à laver, ce n'était que des souvenirs heureux et une rage profonde qui m'envahissait. Ça n'avait pas de sens.
    Sur le coup mon débat intérieur fut interrompu par le mec au coeur de mes pensées qui déclencha un incendie dans le magasin en faisant tout péter. Je m'abrite du mieux que je peux des projectiles, et décide de sortir fissa, je tenais pas à aggraver mes brûlures qui me tiraillaient de partout.
    Je sors du magasin en me couvrant le visage avec un bras. Dans la panique je perds mon arme, et me rend compte à quel point je suis dans la merde.
    Le premier étage brûle dans les flammes, depuis quand il fait du feu celui-là ? Des bouts de verre éclatent avec la chaleur et je m'éloigne encore plus de la vitrine, me retrouvant presque au milieu de la rue. Je ne savais plus trop quoi faire, l'autre chien avait disparu.
    Je venais seulement de me rendre compte que j’avais perdu ce qui me permettait de tuer l’autre, qu’une douleur fulgurante me traverse le pied au niveau de la cheville. Je baisse les yeux et comprends que l’autre avait finit par sortir son arc, et me mets à l’abri le plus proche possible du mur. Même si l’incendie qui crépitait juste à côté n’était pas plus accueillant non plus.
    Je regarde mon pied, la flèche l’a bel et bien transpercée. Si j’étais d’humeur à faire de l’humour je dirais qu’il tire comme un pied. Mais j’avais beaucoup trop mal. La douleur était horrible et je me demandais ce que je devais faire de la flèche. Si je l’enlève ça risque de saigner un max. Un peu plus et je devenais aussi badass qu’Achille.
    Je serre les dents et décide de casser la flèche en deux pour l’enlever. La douleur est intolérable et la blessure commence à saigner dangereusement.
    Je vais mourir si ça continue. Et à la base c’est le blond qu’est censé mourir. Merde. Pourquoi il se passe ça déjà ?
    Je m’avance dans la rue et regarde vers le ciel, la flèche venait de là. J’évite de justesse une flèche qui vient s’écraser contre le sol goudronné, et me recolle contre le mur.
    Bon il était sur le toit. Une autre vitre éclate sous la chaleur, et je décide de m’enfoncer dans le magasin, je frôle les murs et atteinds les escaliers. Je grimpe les marches quatre à quatre rougis par l’effort et les flammes. La peau à vif qu’avait brûlée l’éclair me faisait affreusement mal. J’essayais d’éviter de penser à autre chose qu’à mon pied. Sinon c’est la perte de connaissance directe. J’arrive au dernier étage, sur le toit en gros, mais en tentant d’ouvrir la porte, je me prends un énorme stop. L’autre l’avait bloqué. Je me mets à gueuler, plus pour extérioriser la douleur que ma haine.

    “Tu vas arrêter de t’enfuir sale merde . Tu kiffes tant que ça que je te cours après ou quoi ?!”

    Mon regard s’arrête sur l’extincteur de service, je l’arrache à son socle. Alors toi, tu serviras pas à éteindre le feu qui avait l’air de me courir après lui aussi, mais à démolir des portes façon FBI.
    Je détruis la poignée avec l’extincteur et enfonce le tout avec un coup d’épaule pour atterrir à l’extérieur. Je me jette sur le côté, sachant pertinemment que Peter m’attendait de l’autre côté arc bandé. Une roulade et je récupère mon ami l’extincteur pour me jeter sur l’archer. Et vlan, gros coup d’extincteur dans la tête.

    “On vise la tête pour tuer connard !”

    Je lâche l’extincteur bien trop fatigué, c’est beaucoup trop lourd ces merdes-là. Ma tête tournait encore plus. Bon, il me restait plus que la bonne vieille méthode. J’enfonce mon poing dans le ventre de mon adversaire. Et tente de l’enchaîner, l’autre n’a pas la peau calcinée et le pied en sang. Même si après avoir mangé un mur et un extincteur il ne doit pas avoir les idées claires.
    J’étais omnibulé par l’idée de lui défoncer la gueule, surtout que j'essayais au maximum de ne pas penser à tout ce manque de logique, que je n’avais pas remarqué que la porte grande ouverte des escaliers crachait maintenant des flammes.
    Je m’écarte de Peter pour reprendre mon souffle et remarque la fournaise. Je m’arrête.
    Et maintenant ?
    Fin, imaginons que je le bute, je me casse comment après ? Je regarde mon adversaire. Et me demande vraiment ce qui se passe.

    “Mec, pourquoi ?”




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    Plus en profondeur
    Pouvoirs:
    Arme(s): arc à flèches et dague
    Défaut fatal: Repousse tout le temps ses limites
    Il cherchait Silas des yeux. Pin n’avait détourné le regard que pour bien accrocher la flèche à la corde et cela avait été suffisant pour ce malotru de partir. Bin merde. C’était vraiment con, ça. Il fallait qu’il le retrouvât, qu’il mît fin à ses jours. Il ne comprenait pas comment il avait pu lui faire confiance pendant tant d’années. Il aurait mis sa vie entre ses mains. Il regrettait ces moments à jouer ensemble, il regrettait ces moments où lui était bourré et le fils de Dionysos se portait très bien. C’était fou ce qu’il était résistant à l’alcool, enfin, ça, c’était surtout grâce à son père.
    Mais pourquoi est-ce qu’il avait… ? Il avait fait quoi, d’ailleurs ? Baf, c’était plus très important. Enfin, si, c’était important, mais là il avait autre chose à foutre que de se poser ces putains de questions existentielles.
    Pin caressa doucement la flèche avec son pouce. Il avait mal, tellement mal. Mais sa main gauche allait encore bien. Alors tout allait bien. Enfin, c’était relatif. Mais il était gaucher. Donc si sa main allait bien, tant mieux.

    Tu vas arrêter de t’enfuir sale merde . Tu kiffes tant que ça que je te cours après ou quoi ?!

    Il se retourna sur ces mots étouffés. Il était là. Pas dans la rue, mais derrière lui, derrière la porte. Il se mordit les joues. Merde. Le fils de Zeus ne pourra pas le menacer de son arc, il était beaucoup trop près, il n’aura aucun dégât. Mais il avait raison. Il devait cesser de fuir et le tuer une bonne fois pour toute. Alors il jeta son arc par terre pendant que Silas se ruait vers lui, extincteur à la main. Oh putain, y’avait vraiment une extincteur ? Quel con ! Il aurait dû se barrer avec et le jeter sur la tête de son adversaire pendant qu’il était dans la rue. Oups. Il se mangea également un gros coup en pleine tête. Aïe.

    On vise la tête pour tuer, connard !

    Oui bah oh. Il avait eu trop mal pour prendre le temps de viser correctement. C’était pas vraiment sa faute. C’était la sienne, c’était à cause de lui qu’il était blessé. Serait-ce une invitation à le tuer ? Il avait quand même dit qu’il devait viser sa tête pour.. ouais nan, lui il avait reçu trop de coups au crâne pour réfléchir logiquement. Pin se prit encore un coup dans le ventre et d’autres. Il avait tellement mal qu’il ne sentait plus les coups. Quand Silas s’écarta, pour il ne savait quelle raison, il put enfin se relever. La rage bouillonnait en lui et il était déjà en train de réfléchir à une stratégie quand son ancien meilleur ami prit la parole.

    Mec, pourquoi ?
    Je sais p- Tout ça c’est de ta faute ! T’es qu’un couard !

    Quand il eut dit ces mots, il se jeta sur lui. Il voulait mettre un terme à tout cela, cela devait cesser ! Il en avait assez ! C’était trop ! Il lui donna un coup de poing et ils étaient tout près du bord. Il entendit quelque chose crépiter derrière lui. Il tourna la tête et il vit les flammes. Elles étaient proches d’eux, maintenant. Il pensait avoir créé qu’une petite barrière incendiaire, mais ce n’était visiblement pas le cas. Oups. Mais ils étaient pris au piège, désormais. Il avait toujours été dos à celles-ci durant le combat et il s’en apercevait trop tard. Beaucoup trop tard. Ils allaient mourir. Tous les deux. Alors dans un cri de rage et de désespoir, il poussa Silas au dessus du bord. Seulement, lui aussi voulait en finir avec lui et Pin se sentit tomber. La chute n’avait pas duré très longtemps. La tête la première, il n’eut pas le temps de souffrir davantage car il mourut, la nuque brisée, la main sur le bras de celui qu’il avait voulu tuer.


    Silas Inkios
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    – Je sais p- Tout ça c’est de ta faute ! T’es qu’un couard !


    Couard ? Je n'ai pas eu le temps de réfléchir à cette insulte pour le moins étrange de la part d’un mec qui me fuyait comme une gazelle fuit un guépard, qu’il m’était déjà rentré dedans. Sur le coup mon souffle se coupe et je me retrouve projeté quelques mètres derrière. Je reprends ma respiration et me relève tant bien que mal, ma poitrine me faisait terriblement mal. Le frottement de la chair à vif contre les poings de l’autre n’était vraiment pas agréable. Je serre les dents.

    Ce qui occupait mon esprit pour l’instant, n'était pas la tête enragée du blond, ni même les atroces signaux de douleurs que je recevais, mais plutôt ce qu’avait dit mon opposant. Il allait dire “Je sais pas”. J’étais maintenant persuadé que quelque chose clochait. Je savais pas que c’était bizarre, mais j’arrivais pas non plus à stopper cette envie de le tabasser jusqu’à voir ses dents saigner.
    Mais j’avais, il semblerait bien plus à important à m’occuper. Peter venait de me pousser encore plus violemment, et je n’avais pas remarqué à quel point ses coups m’avaient fait reculer. Le vide était tout près. Ainsi que la mort.

    Mes mollets venaient de buter contre le mini muret du toit. Et tout s’est enchaîné très vite. J’ai mis un de mes bras en arrière, persuadé que je pourrais prendre appui contre le sol pour me relever une énième fois. Mais rien ne vint, et mes doigts se refermèrent sur le vide. Cet enfoiré venait de me pousser du haut de l’immeuble, la chute serait sûrement mortelle vue le nombre d'étages que j’ai grimpé et à quel point je suis blessé.
    Toujours est-il que je n'avais pas intérêt à crever sans l’autre. Je l’attrape de justesse par le bras pour l’emmener avec moi dans cette charmante chute libre en direction des Enfers. J’étais dos au sol et la dernière chose que je vis était le ciel de Detroit, teinté par les flammes.
    Notre chute s’arrêta violemment contre le goudron, je ne ressentis rien, mon dos s’était brisé, et mon crâne s’était sûrement ouvert en deux.

    Et puis je me suis redressé, intacte. J’étais sur le sol du bungalow dans lequel je vivais, plus à Detroit, aucun corps disloqué ne reposait à côté de moi et j’étais simplement tombé du haut de mon lit. Je me rallonge sur le sol. Perdu. Tout ça était beaucoup trop vrai. Le souvenir si frais et réaliste de ma mort me hante, ainsi que celui de Pin. Merde, Pin. J’avais causé la mort de mon meilleur ami. Je l’avais tué, j’avais voulu le tuer. Je sentais encore cette haine, cette haine incompréhensible, mais meurtrière. Je tremble. Et même si je me rendais peu à peu compte que tout ça était fictif, je me souvenais bien trop encore de cette envie dévorante de le voir mort. Je m’en voulais, terriblement.
    J’avais tellement mal au coeur que je n’arrivais ni à bouger, ni à parler ni même à pleurer.




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