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» Être un demi-dieu, c'est mortel.

You gotta love me harder

Kidaria-Scheddar Kiliala
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Sujet: You gotta love me harder
Jeu 23 Aoû - 15:29
Kida s’avança sur le poing de Zeus. Les rayons du soleil caressaient à peine l’horizon au loin alors que la romaine était déjà prête à en découdre. Elle n’avait jamais été une lève-tard, ni une couche-tôt d’ailleurs. Elle faisait parti de cette rare catégorie de personnes qui pouvaient juste vivre avec très peu de sommeil. Elle avait déjà fait un footing, quelques exercices pour renforcer son cardio et comptait bien commencer un exercice de méditation en attendant l’arrivée d’Andrew. Elle se plaça donc sur un rocher, se mit en tailleur et ferma les yeux. Elle sentait la brise matinale l’envelopper dans un cocon de fraîcheur plus qu’agréable. Finalement, bien que ce lieu eût un nom étrange – et un surnom qui le fût bien plus –, il était très reposant d’y être. Même durant ses périodes d’analyse de terrain, Kida avait été impressionné par le calme qui y régnait.

La romaine pris de grandes inspirations en se souvenant du Camp Jupiter. Elle visualisait les collines, les temples, les rues, l’architecture. Tout était si dépaysant ici, comparé à là-bas. Ici, ce n’était qu’un lieu parmi tant d’autres, avec des gens à découvrir, des endroits à visiter, mais ce ne serait jamais comme là-bas, comme chez elle. Au fond, elle appréciait quand même les grecs. Ils avaient des habitudes très loin des siennes : l’amusement avant tout. Malgré tout, ils s’entraînaient dur, ils travaillaient dur, ils connaissaient des temps affreux. Il y avait tellement de personnalités différentes : certains adoraient le camp, d’autres l’abhorraient ; certains ne vivaient que pour leur clan, d’autres n’en avaient que faire. Finalement, tout le monde avait une chance ici, et ce peu importe le potentiel au combat.

Au bout d’une éternité, elle entendit des pas se rapprocher d’elle, ce qui la tira de sa méditation. Elle rouvrit les yeux juste à temps pour voir le fils d’Éros arriver à hauteur du plateau. Kida détendit ses jambes qui vinrent se pendre le long du rocher sur lequel elle était assise. Elle se pencha en arrière, s’appuya sur ses mains pour se maintenir à un angle raisonnable. Elle regarda Andrew grimper, puis se rapprocher du centre du poing de Zeus. Un rictus moqueur se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Elle eût peur qu’il n’eût jamais entendu quand elle lui avait indiqué l’heure de rendez-vous via télépathie, la veille. Et pourtant, il était là.

Kida descendit de son rocher pour s’approcher de quelques mètres d’Andrew et le toiser de la tête aux pieds. Avec un air provocateur, elle l’interpella :

« Salut, Loveboy. Je vois que tu as su trouver ton chemin aux aurores. »

Elle se laissa tomber par terre pour se mettre en tailleur par terre. Elle réussit néanmoins à lui lancer un regard hautin tout en enchaîna :

« Bon. C’est parti. J’attend. »


Andrew Turner
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Sujet: Re: You gotta love me harder
Dim 9 Sep - 23:32
J'avais pris soin de ne pas fumer la veille, quand j'avais entendu avec un sursaut de surprise, sa voix raisonner dans ma tête. L'aube. Elle m'attendait à l'aube. Qui de saint d'esprit peut bien donner un rendez-vous à une heure pareille, sérieusement ? Je vous le donne en mille : personne.
Ici, quand on se réveillait à l'aube, c'est parce qu'on était menacé, en guerre ou alors parce qu'un dieu ou l'Oracle l'avait ordonné, et encore, on trouvait le moyen d'être en retard. Bref, je n'avais pas fumé, ce qui me déplaisait fortement. Mais au moins, j'avais pu me réveiller à une heure potable sans être dans un coaltar des plus profonds. L'herbe avait tendance à rendre le sommeil lourd et le réveil peu agréable parfois, aussi je n'avais pas pris de risque. Elle avait beau être gentille, la Kidaria, je savais que pour autant, être en retard à un de ses cours me vaudrait une lourde sentence, qu'elle soit imlicite ou excplicite.

Une fois la douche prise - à cinq heure et demie du matin -, je m'étais mis en route vers le poing de Zeus, l'épée au côté. Le soleil peinait autant que moi à se lever, les oiseaux commençaient à chanter et une douce brise matinale me caressait les cheveux. En soi, c'était une belle matinée, il était juste trop tôt pour moi. Je déambulais entre la forge et l'armurerie, jusqu'à l'écurie des pégases. L'un d'eux a hennit doucement, comme s'il baillait. J'ai détourné la tête vers la forêt. Je n'avais jamais vraiment aimé ce milieu. Trop de bestioles qui grouillent, et la végétation était si dense qu'on était toujours plongé dans une sorte d'obscurité étrangement pesante. Tous mes sens s'étaient éveillés quand j'avais enfin posé le pied sur le sentier. Les mains dans les poches,je glissais sans peine entre les arbres, jusqu'à m'approcher du tas de cailloux. Kidaria était assis sur un rocher et ouvrait à peine les yeux alors que je m'avancais à environ trois mètres d'elle.

Loveboy. Vraiment ? J'ai froncé les sourcils, fort peu réjouit par ce nouveau petit surnom. Je l'ai regardée s'asseoir sur le sol, son regard presque méprisant dirigé vers moi. Elle attendait. Avec un soupir, je me suis assis contre un arbre, face à elle, et j'ai fermé les yeux, mon plongeant dans la réfléxion.

Comment étais-je supposé ne serait-ce que la secouer, tout en sachant qu'elle était innateignable ? Frustré, j'ai lâché un grognement. Puis j'ai effleuré sa conscience, de manière presque imperceptible. C'était comme se heurter à un mur de béton de six mètres de haut. Ca fait mal, et on se sent stupide. Rien de tel pour commencer la matinée, je vous le garrantis. Puis, peu à peu, à force de concentration, je lançais des vagues plus fortes, moins frêles, moins hésitantes. Mais ça n'avait pas l'air vraiment efficace. J'avais passé tant de temps loin des autres, à tenter de garder le contrôle, et maintenant qu'on me demandait de lâcher prise face à quelqu'un qui semblait me prendre de haut, chose que je déteste, j'étais incapable de quoi que ce soit.

Au bout d'une demie heure, j'ai arrêté de me concentrer, ça ne servait à rien, je n'avais pas la bonne tactique. Réfléchis Andrew, réfléchis, quel est le point de non retour, ton déclencheur ultime ? J'ai repassé toutes ces scènes dans ma tête. Celles auxquelles je m'étais interdis de penser pendant des années. Quel était le connecteur logique ?
Cette bagarre au collège. Quand Hervé, mon beau-père a levé la main sur ma mère cette seule et unique fois. Cette altercation dans la rue qui avait finit en mêlée générale. Le pauvre Hector, fils d'Arès au camp et sa presque-noyade, à Jean-Kévin qui m'avait terriblement aimé pendant trois jours, et détesté pour le restant de ma vie. Puis une vision rougeâtre s'est imposée à moi. Son sang sur le sol. J'ai secoué la tête. Il fallait réussir à s'armer contre les sales pensées, faire sortir les choses qui blessent, faire des plans, serrer les poings, serrer les dents, les cogner, leur rentrer dedans, bordel. Ils l'avaient butée, éventrée, lacérée sans aucune once de remord ou d'humanité, rien. Celui qui avait fait ça n'était pas humain, il méritait la mort.

Je m'éloignais rapidement de mon objectif principal sans le vouloir, ma mère occupait toutes mes pensées, j'étais dans une telle rage que mes ongles entaillaient les paumes de mes mains. Les yeux fermés, les sourcils froncés, j'ai senti une larme cheminer entre mes rides au coin de mon œil puis rouler sur ma joue. Et j'ai perdu le contrôle dans un hurlement rauque.


***


J'ai repris conscience, pantelant, les yeux gonflés, la gorge douloureuse et les mains en sang. Le poids familier de mon épée avait disparu. J'ai cherché autour de moi, jusqu'à la trouver, plantée dans un tronc, elle tanguait encore. J'ai commencé par retirer les échardes logées dans mes phalanges et j'ai essuyé le sang avec un pan de mon t-shirt, mais ça ne s'arrêtait pas de saigner.
Je l'ai retiré et déchiré en deux à coups de dents rageurs avant de m'en faire des pansements. J'ai tiré sur le manche de mon épée, je l'ai remise à sa place dans mon fourreau et je me suis rassis entre des bouts d'écorce arrachés, vidé de toute émotion. Puis j'ai regardé Kidaria droit dans les yeux, le regard terne.

Je l'avais, mon déclencheur. La haine et la colère, c'était si évident que je n'y pensais même plus. Puis j'ai lâché d'une voix plus grave que je ne l'aurai voulu:

"Désolé. Je n'ai aucun souvenir de ce qui vient de se passer. Ca vient par flash, par crise, ça faisait des années que ce n'était pas arrivé. J'imagine que je ne suis arrivé à rien avec toi pendant que je pétais mon câble ? La dernière fois que c'est arrivé, j'avais 14 ans, ça a créé un beau bordel. Heureusement qu'il n'y a que toi par ici... Bref, désolé, je vais faire mieux. On s'y remet."

J'ai collé ma tête contre le tronc d'arbre, massant mes mains douloureuses, toujours en regardant Kidaria. Son expression était indéchiffrable. Peut-être que la scène d'il y a cinq minutes l'avait convaincu de faire marche arrière.



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Sujet: Re: You gotta love me harder
Jeu 20 Sep - 20:28
Kida remarqua que le petit surnom qu’elle venait d’attribuer à Andrew était loin de lui plaire. Néanmoins, comme à chaque fois qu’elle faisait un truc qui le gênait, qui le rebutait ou qui l’exaspérait, il ne disait rien, ravalait une grimace, et se contentait de faire comme si rien de tout ça n’était arrivé. C’était une méthode de fonctionnement bien étrange qui impressionnait Kida aussi bien en mal qu’en bien. La romaine était plus du genre à bien faire comprendre aux gens ce qui la dérangeait ou pas. Et il était vrai qu’il n’y avait rien de mieux qu’un soldat résigné à nous obéir. Cependant, Kida ne se voulait pas tyran et appréciait qu’on lui ouvre son cœur – mais pas trop non plus. Le fils d’Éros, visiblement exaspéré par la tournure de la situation se contenta d’aller s’assoir contre l’arbre en face de Kida.

Pendant une longue demi-heure, la romaine remarqua deux choses. La première, ce poing de Zeus était inconfortable au possible. Peut-être aurait-elle dû amener un coussin, peut-être aurait-elle dû rester debout, ou peut-être auraient-ils dû s’entraîner au chaud, dans un bungalow. Finalement, peu importait les « peut-être », le résultat ne changeait pas : elle avait mal au cul. La deuxième chose qu’elle remarqua fut l’incapacité totale d’Andrew à la faire se concentrer sur autre chose que son inconfort. Parfois, Kida levait les yeux pour analyser ce qu’il faisait, mais il se contentait d’avoir une tête de quelqu’un qui a des soucis gastriques. La romaine ne pouvait cacher sa déception : le jeune homme ne mettait aucune bonne volonté. Toute l’énergie et l’enthousiasme qu’elle avait réussi à faire ressurgir du plus profond de lui-même avait disparu. Il ne restait plus que devant elle qu’un enfant frustré de ne pas tout avoir du premier coup.

Kida ne pu s’empêcher de soupirer. Était-il trop tôt pour qu’un fils d’Éros agisse en guerrier ? La romaine commençait presque à trouver le temps long. Elle avait envie de se lever et de partir. Si ça faisait dix-neuf ans qu’il agissait comme ça, il était peu étonnant qu’il n’ait toujours aucune maîtrise de son don. Néanmoins, une petite voix intérieure lui murmurait de rester et de prendre son mal en patience. Elle n’avait pas devant elle un enfant ayant survécu au dur entraînement de Lupa, euphorique à l’idée de contrôler un nouveau pouvoir. Elle avait devant elle un adulte usé par la vie, qui avait préféré se cacher que d’affronter le monde extérieur. Et qui était-elle pour le blâmer ? Sans montrer un nouveau signe de son exaspération, Kida resta immobile et ferma les yeux.

En se concentrant, elle pouvait ressentir les vains essais d’Andrew. On aurait dit qu’il commençait à être énervé par lui-même. Même si elle pouvait ressentir des vagues de pouvoirs, elle sentait bien qu’elle n’en recevait qu’une partie car le plus gros n’était pas dirigé contre elle. En rouvrant les yeux, elle découvrit le visage hargneux d’Andrew qui semblait profondément se haïr. Kida fronça les sourcils et se releva, voulant le sommer d’arrêter une telle torture. Ce n’était pas en détestant chaque parcelle de notre existence qu’on pouvait apprendre à se contrôler. Plus Kida s’approcha, plus elle sentait que quelque chose n’allait pas. Son instinct lui hurlait de partir mais sa raison l’en empêcha. Avait-elle un jour abandonné un camarade sur le champ de bataille ? Jamais. Et Andrew semblait livrer un combat sans fin contre son propre esprit.

Finalement, le jeune homme hurla. Il hurla à s’en déchirer les cordes vocales. Son hurlement pénétra entièrement le corps de Kida qui se paralysa de surprise et de terreur. La souffrance emplit l’air, noyant les deux présences dans un océan de torpeur et de noirceur. Elle pouvait sentir Andrew frapper dans sa tête comme un dératé, voulant propager sa haine irascible de lui-même à quelqu’un d’autre. Kida se retrouva à tenter de le bloquer tout en essayant de l’atteindre physique. Sa voix ne faisait pas le poids face au cri affamé du loup qui lui faisait face. Au bout d’une éternité, le silence régna. Elle vit Andrew se redresser et elle accourra vers lui pour s’assurer qu’il allait bien. Mais quand il tourna la tête vers elle, elle ne vit que la mort dans ses yeux. Elle comprit enfin pourquoi Éros et Thanatos étaient si souvent confondus. Elle n’avait pas devant elle le fils de l’amour, mais la personnification d’un démon.

D’un geste rapide, Andrew dégaina son épée et faillit trancher Kida. N’importe qui avec moins d’entraînement, même peut-être Sera et sa maîtrise du vent, aurait pu finir dans une flaque de sang. La romaine sentait bien que même en donnant tout ce qu’elle avait, elle ne pourrait pas atteindre ce jeune homme en proie à tant de souffrance. Il était prisonnier de lui-même, et à moins de l’assommer elle ne pourrait rien en faire. Alors qu’elle pensait qu’elle allait devoir se battre contre lui, Andrew regarda ses propres mains, et son épée. Et Kida compris à peine trop tard ce qu’il voulait faire. Elle se jeta contre lui et le désarma avec une telle violence que l’arme alla se planter dans un tronc plus loin. Ce choix de tactique ne pu lui faire esquiver l’énorme coup de poing qu’elle se prit dans l’estomac, la faisant valdinguer jusqu’à sa place initiale.

Ce fut avec effroi que Kida se fit de nouveau transpercer par les hurlements d’Andrew tandis qu’il frappait contre un arbre avec une telle force qu’elle eût peur pour ses phalanges. Parti comme il était, il allait se briser chaque os et chaque vertèbre pour se calmer. La romaine prit la décision d’utiliser son pouvoir d’une autre façon, une qui allait l’épuiser plus qu’autre chose. Elle s’installa en tailleur, comme si elle allait méditer, collant ses poings l’un contre l’autre. Elle essaya de se souvenir de tout ce qu’elle pouvait qui lui apportait de la joie, de l’apaisement, des rires et de la chaleur. Elle pensa à ces moments de calme au Camp, où tout le monde était serein et reposé. Elle se souvint des rayons de soleil réchauffant sa peau après un hiver rude. Elle se remémora les moments euphoriques passés avec sa cohorte. Kida prit tout ça et les envoya vers Andrew. Elle oublia la peur, elle oublia la colère, elle oublia tout ce qui était négatif. Et elle se concentra pour pénétrer l’esprit d’Andrew, si facile à voir maintenant. Et puis, il finit par s’effondrer.

La romaine resta un moment immobile, de peur de chuter si elle tentait de se relever. Elle utilisa le peu de force qui lui restait pour rester indéchiffrable, impassible. Les leaders ne montrent pas leur peine quand ils ont tout donné pour leurs soldats. Elle laissa Andrew faire ce qu’il avait à faire : récupérer son épée, faire un bandage sur ses phalanges, essuyer ses larmes, et … s’excuser. Kida rouvrit les yeux quand il se mit à parler. Il avait planté son regard triste dans le sien. Il expliqua que ce genre de crises ne venaient que rarement, car d’habitude il enfouissait tout. Puis il se contenta de dire qu’il allait recommencer l’entraînement. Kida prit sur elle et se redressa, s’approcha de lui et posa une main sur son épaule. À la fois comme appui et pour montrer son soutien.

« Je pense qu’on a assez essayé travailler sur ton utilisation de pouvoir. Assez de pratique pour aujourd’hui, car il ne faudrait pas t’épuiser. Si tu utilises trop ton pouvoir d’un coup, tu risques d’avoir une overdose. »

Dit-elle, en ayant elle-même frôlé l’overdose. Puis elle continua, en affichant un sourire rassurant.

« On va plutôt essayer un peu de théorie maintenant. Assieds-toi. »

Elle s’assit en même temps que lui, non sans avoir repris une certaine distance raisonnable entre deux êtres vivants. Un court silence s’installa entre eux avant qu’elle n’enchaîne.

« Sans pour autant mettre en application, on va essayer de se concentrer sur ce qui pourrait te permettre de garder le contrôle. Il y a toujours un moment, même dans la vie d’un expérimenté, où on perd le contrôle. On est poussé à bout, ou alors on est confronté à une situation très difficile. Néanmoins, ce qui te permet de vraiment avoir le contrôle sur un pouvoir, c’est d’avoir un encrage quelque part dans ton esprit qui te permette de te freiner. Quand tu atteins un point que tu juges de non-retour, juste avant de perdre pied, tu dois avoir une petite voix intérieure qui te murmure quelque chose d’assez réel, d’assez fort, pour te permettre de t’ancrer dans une réalité où tu es toujours maître de toi-même. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? »

Kida planta son regard dans celui d’Andrew pour l’encourager à réfléchir à ce qui pourrait lui permettre d’avoir un point d’ancrage. Il fallait d’abord qu’il arrive à garder se contrôler avant de contrôler sa puissance.


Andrew Turner
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Sujet: Re: You gotta love me harder
Sam 22 Sep - 1:05
Avais-je donc été si terrible que ça ? Kidaria s'était rapprochée de moi, posant doucement sa main sur mon épaule, chose qui m'a presque fait sursauter tant j'étais tendu. Honnêtement, je pense que sa réponse servait plutôt d'excuses qu'autre chose, parce que j'aurai été, physiquement du moins, capable de continuer l'entraînement. Psychologiquement, c'était une autre paire de manche, je devais bien l'admettre, aussi aie-je lâché un soupir teinté de soulagement lorsqu'elle m'a annoncé que l'on passerait plutôt à la partie théorique de l'exercice.
J'ai obéis lorsqu'elle m'a demandé de m'asseoir, me laissant aller contre le tronc d'arbre gigantesque derrière moi.

Puis elle entreprit de m'expliquer les rouages du complexe mécanisme du contrôle de soi. J'ai gardé le silence un long moment sans même tenter de réfléchir à ce qu'elle venait de dire. J'ai juste demandé :

"Tu veux dire une sorte de garde-fou ?"

Une rambarde contre la folie, une barrière pour se protéger de la psychose, un truc suffisamment puissant pour m'empêcher de basculer à nouveau dans ce terrible état de violence. J'avais beau ne garder aucun souvenir de ce qu'il s'était passé, j'avais tout de même conscience d'avoir été brutal. Peut-être avais-je perdu toute mon humanité l'espace de quelques instants, je ne savais pas vraiment. Elle gardait un visage impassible mais ça se lisait dans ses yeux. Puis j'ai demandé, presque avec douceur en triturant ma main gauche :

"Je t'ai fait peur ?"

En fait, je n'avais pas besoin de poser la question. Quiconque de normalement constitué aurait eu peur en voyant quelqu'un péter un câble au point de se défoncer les mains contre un arbre, et encore, ce n'était qu'une supposition. La réalité était peut-être bien pire, mais je ne voulais pas connaître les détails. A quoi ça me servirait, à part culpabiliser sans cesse et m'apitoyer sur mon triste sort ? Non, je ne voulais pas savoir ce que j'avais été, ni ce que j'avais fais pendant ce court moment. Je regrettais juste d'avoir provoqué une réaction potentiellement négative chez la romaine, qui semblait si prompte à m'aider sans demander grand chose en contrepartie -à part un guide touristique de la Grèce antique version contemporaine.

Sans lui laisser le temps de répondre, je me suis alors lancé dans des explications un peu confuses:

"J'ai revu ma mère. Il y a cinq minutes je veux dire. Avant de... Tu sais. Je l'avais jamais connu avant mes dix ans en fait, elle était en prison, pour je sais pas trop quoi, c'est pas l'important tu me diras. Quand j'avais treize ans, je suis parti un soir après qu'on se soit engueulé pour un truc débile. Et quand je suis rentré, elle était morte. J'en fais encore des cauchemars pour être honnête. T'aurais vu son corps... Un malade s'est acharnée sur elle et j'ai rien pu faire d'autre que de découvrir ça tout se..."

Je me suis stoppé dans mon élan, le souffle court. J'étais soudainement prit de vertiges, comme si je m'étais prit un coup à l'arrière du crâne. Un râle indubitablement terrifiant si fit entendre dans ma tête, ma sirène d'alarme s'est alors enclenchée, m'ordonnant de cesser toute activité cérébrale. Ma conscience luttait de toute ses forces pour m'empêcher de continuer de penser. Elle luttait, encore et encore, jusqu'à ce qu'un flash s'impose à moi malgré tous ses efforts. Jusqu'à maintenant, mes souvenirs de cette journée étaient plutôt flous, comme si j'étais sous morphine. Tout se confondait, les sons étaient déformés, les images trop criardes, trop réalistes pour être vraies. C'était comme une photographie sur un réseau social. On prend en photo quelque chose de bateau, puis on y applique un filtre, voire plusieurs. Résultat ? L'image se grave mieux dans l'esprit, on la trouve plus marquante que ce qu'elle n'est en réalité. Artificielle. Comme les souvenirs que j'avais de ce jour-là.

Spoiler:
 


Livide, je me suis relevé d'un seul mouvement, tous les sens en alerte, le corps parcouru de nausées et de convulsions. Regardant la jeune romaine dans le blanc des yeux, j'ai dis sur un ton tout sauf naturel :

"C'était moi."

Un silence lourd et pesant faisait désormais écho dans la forêt. Il me faudrait un garde-fou, et vite.



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Sujet: Re: You gotta love me harder

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