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» Être un demi-dieu, c'est mortel.

The wind blows

W. Alexis Nyqvist
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Sujet: The wind blows
Sam 14 Juil - 15:26
Le vent allait et venait autour d’Alexis qui était immobile depuis dix minutes. Seule sa respiration régulière, quoique lente, trahissait son état. La jeune fille se trouvait, droite comme un i, en plein milieu d’un couloir d’air frais. Celui-ci soufflait de toutes ses forces, comme poussé par le challenge que lui offrait le faible corps de la sang-mêlée, dans l’idée de la faire ployer. Et pourtant, rien n’y faisait. Alexis semblait insensible à la force de la nature qui luttait contre elle. Néanmoins, si on regardait de plus près, on pouvait se voir dessiner des détails qui ne trompaient pas. Ses muscles étaient bandés. Ses pieds étaient ancrés dans le sol. De la sueur perlait sur son visage, le long de sa nuque. Et malgré tout cela, on aurait pu la penser élément du décor.

Alexis aurait pu paraître arbre pour n’importe quelle créature qui se trouvait sur son chemin. Mais ceux qui se trouvaient dans le coin avait pris pour habitude de croiser la jeune fille ici. Avant elle, elle avait pris l’habitude d’errer sans but, jusqu’à trouver un coin qui lui semblait satisfaisant. Elle semblait fuir la vie bruyante pour pénétrer celle plus douce et naturelle. Et puis, il y a quelques semaines, elle avait découvert ce lieu très précis, à l’orée de la forêt, à quelques mètres à peine de la crique du Zéphyr, où le vent marin s’engouffrait avec force entre les arbres avant de se perdre dans grandeur des lieux. Alexis avait tout de suite été charmée par cet endroit frais et puissant. Petit à petit, elle avait établi ici son deuxième lieu préféré du camp – après l’Arène, évidement, bien qu’elle n’y mît que rarement les pieds en été, la préférant lors du calme hivernal.

La fille d’Arès avait commencé à prendre ses cours personnels de méditation ici. Là où les humeurs d’Éole pouvaient se déchaîner, elle pourrait se calmer. N’étant toujours pas à l’aise avec son pouvoir destructeur, il semblait de plus en plus évident à Alexis qu’elle devait apprendre à mieux gérer ses émotions si elle voulait être plus performante en combat et plus sereine en public. Se vidant l’esprit, elle avait appris à contrôler ses émois en se focalisant sur un simple point : tenir debout là où tout se déchaînait. Finalement ce qui avait débuté comme une nécessité c’était révélé être un plaisir. À plusieurs reprises, Alexis avait fui les autres pour se réfugier dans son olympe personnel.

La jeune fille pris une grande inspiration. Elle commença à lever ses bras pour les lever au-dessus de sa tête, afin de changer son centre de gravité. Puis, parmi le vacarne des bourrasques qui s’accumulait autour d’elle, Alexis perçut un faible bruit. Un mouvement à peine perceptible. À force de travailler dans le calme de la nature, certains sens d’Alexis semblaient s’être développés. Finalement, elle décida d’accueillir la personne qui osait la déranger en sollicitant son nouvel art de combat. Elle attendit le dernier moment pour se retourner, faire face à l’arrivant et lança son poignard. Elle avait attendu la bonne bourrasque pour que l’arme prenne son envol avec encore plus de force qu’elle n’en avait, avec encore plus de rapidité que nécessaire. Puis il allait se loger dans une cible qui pendait à l’arbre que l’inconnu venait de toucher.

Finalement, l’inconnu ne l’était pas tellement. Alexis sourit, heureuse de voir son ami. Peut-être n’aurait-elle pas dû lancer son arme, peut-être qu’il trouvait ça amusant. En tout cas, bien qu’elle ne comprît pas comment il avait fait pour découvrir ce lieu, elle ne pu s’empêcher de laisser ses lèvres s’étirer en un sourire. Chaque été c’était pareil : ils ne se voyaient que très peu, car chacun était sollicité par les petits nouveaux. Pouvoir se retrouver au calme était un véritable plaisir.



Elliot Wainford
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Sujet: Re: The wind blows
Sam 14 Juil - 17:40
Durant toute la matinée, Elliot avait fait visiter le camp à un nouveau, un fils d’Hephaïstos qui s’émerveillait sur absolument tout et n’importe quoi. Plus les années passaient, et plus Elliot était sollicité pour guider les nouveaux et leur présenter le camp. D’un côté, ça embêtait assez Elliot, ses étés étaient souvent assez mouvementés et même si l’idée d’aider des gens ne le rebutaient pas spécialement, il aimait bien avoir ses moments à lui. Entre ses entraînements personnels à son pouvoir, l’aide qu’il donnait à l’arène pour entraîner les nouveaux qui savaient à peine tenir une épée, les visites pour ceux qui étaient encore plus nouveaux, et les quelques tâches qu’il effectuait çà et là pour éviter que son père ne s’attire trop de problèmes, il n’avait pas beaucoup de temps pour se reposer et passer du bon temps. Alors cette après-midi, après avoir réussi à échapper à son devoir de guide lorsqu’il avait enfin présenté la forge au nouvel Héphaïstos et qu’il avait pu le laisser là-bas en compagnie de ses frères et sœurs, il partit directement en direction de la forêt, ne comptant pas en sortir avant la fin de la journée. Il n’y avait pas de jeux de guerre aujourd’hui, donc c’était sans risque.

En s’enfonçant dans la forêt, il apprécia entendre les sons de la colonie s’évanouir, bloqués par les branchages, et il continua à s’éloigner, perdu dans ses pensées, et laissant ses pas le guider, sans vraiment avoir de destination en tête. Comme on dit, cette fois-ci, c’était vraiment le fait de voyager qui importait à Elliot, là où il atterrirait, ça n’était que très peu important. En vagabondant à travers les bois, laissant son esprit s’évader tout en écoutant le clapotis de l’eau qui coulait non loin de lui, il repensait à de nombreuses choses. Parmi celles-ci, son père, cette figure si étrange qui faisait partie intégrante de sa vie depuis des années. A chaque fois qu’il le regardait, lors des assemblées ou quand il marchait simplement dans le camp, il ne pouvait s’empêcher de le voir tel qu’il était le jour où il l’avait sauvé et emmené personnellement à la colonie. Il était si angélique, si tendre, contrastant avec tout ce qu’il s’était passé lors de ce terrible jour. Et depuis, il avait certes été solaire, avait illuminé la colonie, et s’était montré doué comme personne pour organiser des évènements et des soirées spectaculaires, mais il était pourtant si terne. S’il jouait son rôle comme il faut, il n’était pas réellement celui qu’Elliot avait connu lors de leur première rencontre.

Elliot fut coupé dans sa marche et ses pensées par un brusque coup de vent qui manqua de le faire tomber en le prenant au dépourvu. Il réalisa alors qu’il avait traversé la forêt entière en longeant le Zéphyr de manière à arriver à la crique. Il ne venait pas souvent dans ce coin de la colonie, principalement parce que ça demandait de marcher un long moment. Marcher ne le dérangeait pas, mais généralement, lorsqu’il était seul comme aujourd'hui, perdu dans ses pensées, ce n’était pas toujours aussi joyeux. Sauf qu’il n’était en fait pas seul, et qu’il venait de s’en rendre compte. Le vent semblait frapper avec une violence inouïe le corps de sa jeune amie, et pourtant, celle-ci semblait complètement indifférente. Non, ce n’était pas de l’indifférence, c’était de l’apaisement. Et quel apaisement ce fut, on pouvait bien voir que sa colère était canalisée, à la vue du poignard qu’elle avait lancé avec une précision mortelle sur une cible accrochée à l'arbre sur lequel Elliot s’était appuyé pour ne pas chuter à cause de la bourrasque de tout à l’heure. En voyant de qui il s’agissait, elle se ravisa et fini par sourire, ce qui eut pour effet immédiat de provoquer une réaction similaire sur le visage d’Elliot, qui s’approcha un peu après avoir arraché le poignard qui était planté dans la cible à ses côtés.

Quel accueil ! Alors c’est ici que tu viens pour te reposer quand tu n’aides pas avec les nouveaux. J’ai vu plus reposant, mais je suppose que le vent peut être apaisant par moments. J’aurais bien besoin d’un endroit dans le genre moi aussi, je suis épuisé par tout le boulot que j’ai en été. Parfois, j’aimerais juste partir en quête pour tout l’été, rester loin de tout. Ce serait tellement plus simple, surtout avec les romains qui vont et viennent de partout.

Elliot se laissa tomber sur le sol plutôt violemment, et ferma les yeux pour voir ce qu’Alexis trouvait de si particulier dans ce vent. Il était bruyant, fort, mais en même temps, il avait en effet ce je-ne-sais-quoi d’apaisant.  

Alors, tu as rencontré des nouveaux intéressants cet été? Parce que moi, pas spécialement. C’est un peu tous les mêmes. Sauf Charlie, lui, c’est une plaie.

En parlant, Elliot jouait avec le poignard qu’il avait entre les mains, en faisant toutefois attention à ne pas se couper malencontreusement. Évidemment, c’était peine perdue, et il se piqua avec la pointe. Quelle idée avait donc eu Alexis d’avoir des poignards aiguisés et fonctionnels.


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Sujet: Re: The wind blows
Mar 17 Juil - 20:37
Alexis s’approcha petit à petit d’Elliot qui faisait de même. Bientôt ils s’arrêtèrent à une distance raisonnable l’un de l’autre. La fille d’Arès pouvait toujours sentir le vent se battre dans son dos, lui chatouiller les chevilles, emmêler ses cheveux. Qu’est ce qu’elle aurait aimé être une fille d’Éole ! Ainsi, elle aurait pu peut-être contrôler les vents, les manipuler, s’amuser avec, et peut-être apprendre à les dompter et à les utiliser pour s’envoler ! Elle avait déjà entendu parler d’enfant de Zeus qui utilisait les courants aériens pour se déplacer dans les airs, ce qui avait toujours fasciné la fille d’Arès. Pourquoi devoir apprendre à manipuler toutes les armes du monde quand on pouvait tout simplement utiliser la nature contre les ennemis ? Et puis, en étant une fille d’Éole, elle aurait peut-être toujours le moyen d’avoir un ventilo invisible continuellement près d’elle, ce qui était un élément non-négligeable durant l’été.

Elliot entama la conversation en se plaignant. Alexis s’empêcha de rigoler mais ne pu retenir un demi-sourire qui s’étira sur son visage. Le fils d’Apollon en était au point d’épuisement où il souhaitait presque avoir une quête. Évidemment, il ne disait pas ça sérieusement. Personne n’aimait partir en quête : très peu y survivaient et il était extrêmement difficile de comprendre ce qu’on demandait aux demi-dieux.  Néanmoins Alexis ne releva pas. Elliot était bien plus au courant qu’elle des prix à payer concernant les quêtes. Elle se contenta de pouffer de rire quand elle le vit se vautrer par terre comme un sac de pomme de terre. Alexis attendit quelques secondes avant de le joindre avec un peu de plus de grâce. Quelle ironie dans cette scène : une fille d’Arès plus gracieuse qu’un enfant d’Apollon.

Elliot continua dans sa lancée en parlant, cette fois, des nouveaux de cet été. Très peu lui semblait intéressant, sauf un nommé Charlie qu’il qualifia de plaie. Alexis rigola discrètement, heureuse comme toujours d’entendre son ami parler de choses simples, tout en sentant le vent lui fouetter le dos. Elle ferma les yeux pendant une microseconde, souhaitant garder ce souvenir intact dans sa mémoire. Pendant ce court laps de temps, elle ne sentit plus rien d’autre que la vie. La vie autour d’elle, dans la nature. La vie chez son ami, qui riait en jouant avec une arme trop tranchante pour lui. La vie dans son propre cœur, qui battait légèrement plus vite, animée par le bonheur que le cerveau ressentait en vivant cet instant présent. Alexis était si apaisée qu’elle peina à rouvrir les yeux. Ce qui n’avait duré quelques secondes lui avait semblé une éternité.

En rouvrant les yeux, elle vit au ralenti son poignard s’enfoncer délicatement dans le doigt d’Elliot. Rien de dangereux, ce n’était que superficiel. Alexis roula les yeux avant de s’approcher de son ami. Elle récupéra son poignard, privant le grand blessé de guerre de son nouveau jouet qu’il n’était visiblement pas apte à manier. Puis, jugeant que rien n’était grave puisqu’elle n’avait pas empoisonné sa lame, cette fois, elle continua la conversation comme si de rien n’était :

« Je n’ai pas vu grand monde d’intéressant. À part les romains. Ils sont étranges mais j’apprécie grandement leur style de combat. C’est nouveau pour moi, ce qui est agréable ! Il y a même un nouveau maître d’arme qui vient de temps en temps. Ses cours sont drastiquement différents de ceux de Boroïev. C’est très instructif. »

Alexis s’arrêta un instant, comme pour faire une comparaison mentale de ces deux styles diamétralement opposés. Aucun n’était meilleur que l’autre, c’était une évidence. Mais les deux se complétaient merveilleusement bien. La fille d’Arès était si heureuse de vivre à cette période où elle pouvait voir affluer vers elle tant de savoirs différents !

« Que fait donc ce Charlie pour t’embêter à ce point ? »

Enchaîna-t-elle, jugeant qu’Elliot ne voulait sûrement pas savoir tous les détails de ce qui se passait dans l’esprit de la jeune fille. Finalement, alors qu’Elliot ouvrait la bouche, très probablement pour répondre à Alexis, une énorme détonation se fit entendre. Instinctivement, Alexis se redressa, serra son poignard entre ses doigts, prête au combat. Le contre-coup de l’explosion balayait son visage d’un souffle chaud, trop chaud. Puis, sa vision se troubla. Elle lâcha son poignard, sentant ses joues s’inonder de larmes. Tombant à genoux, chaque respiration lui donnait l’impression que des millions d’aiguilles s’enfonçaient dans sa gorge. Ses yeux la brûlaient tellement qu’elle ne pouvait même les ouvrir. Elle chercha à tâtons son ami, sans pour autant réussir à sortir un seul son de sa bouche en feu.


Elliot Wainford
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Sujet: Re: The wind blows
Mer 18 Juil - 10:03
Elliot fut extrêmement déçu de s’être fait confisquer le poignard, et il le montra bien en affichant une moue prononcée sur son délicat visage d’Apollon. Il oublia toutefois bien vite ce léger incident lorsqu’Alexis lui raconta en quoi les Romains étaient intéressants et ce qu’ils lui apportaient. Il était heureux qu’elle puisse profiter de leurs techniques et de leurs entraînements. Cette collaboration avec eux était définitivement une bonne idée. En plus d’apporter beaucoup à chacun des deux camps, Léo, le demi-dieu à la tête du bungalow d’Apollon, passait beaucoup de temps à les superviser. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais Elliot n’aimait pas du tout ce type, qui était pourtant son demi-frère. Il avait quelque chose de dangereux, et ça avait certainement à voir avec la période de Créon. Lui n’avait assisté qu’à la dernière année, lorsque les choses avaient déjà commencé à bien changer, et il n’y avait pas bien prêté attention, étant donné qu’il passait la plupart de son temps isolé à cette époque. Tout ce qu’il savait de Léo était donc des on-dit, et il n’y en avait aucun de joyeux. Et pourtant, certaines personnes semblaient lui faire confiance, disent qu’il aurait changé. Elliot avait vu ses yeux de très près, et ce n’étaient pas les yeux d’une personne de confiance, c’étaient les yeux de quelqu’un prêt à tuer pour ses convictions.

Le fils d’Apollon chassa ces pensées de sa tête pour revenir au moment présent. Il tourna la tête vers Alexis, qui venait de lui demander des détails à propos de Charlie. En la voyant détendue, et heureuse, Elliot sourit, referma les yeux, et se laissa bercer par le vent un instant. Cet endroit était bel et bien reposant, tout compte fait, surtout accompagné d’une personne aussi importante pour lui qu’Alexis. Il profita d’une dernière bourrasque avant de commencer à répondre.

Ah, Charlie. Tu sais ce qu’il m’a dit quand je l’ai rencontré, avant la visite ?

Elliot n’eut pas le temps de répondre à cette question rhétorique. Le bruit d’une explosion se fit entendre, et à en juger par la puissance du bruit, elle n’était pas si loin que ça. En un instant, le fils d’Apollon fut en garde, sur ses deux jambes, bouclier déployé, mais avant de pouvoir faire le moindre mouvement, le souffle de l’explosion les atteint, et aussitôt, les yeux d’Elliot commencèrent à le piquer, ainsi que sa gorge, puis ses poumons. Ce n’était rien d’insurmontable, mais ce n’était définitivement pas agréable, et pas dû à une explosion normale. Alors qu’il allait vérifier si son amie tenait le coup, il entendit son poignard tomber à terre, et Alexis s’écroula sur ses genoux, toussant et pleurant, cherchant quelque chose au sol.

Sans réfléchir plus longtemps, Elliot referma son bouclier, et prit son amie dans ses bras, avant de courir jusqu’à la caverne de la crique, dans laquelle l’air devait être plus pur, puis la déposa à terre. Son esprit passa alors en mode automatique pour tenter de trouver un moyen de soigner son amie. Si Elliot avait été affecté, ne serait-ce que légèrement, il n’y avait pas de maladie dans l’air qui avait été propulsé vers eux. Sûrement un poison donc. Il réfléchit à tout ce qui aurait pu causer cela, et conclut très vite que des myrmekes étaient la solution la plus plausible. Si un grand nombre d’entre elles avait été touchées par l’explosion, alors leur acide aurait pu être transporté dans les airs, empoisonnant alors légèrement Alexis. Il loua silencieusement son père de ne pas lui avoir transmis une immunité aux poisons, et de lui avoir seulement donné une résistance accrue.

Après avoir murmuré à son amie à terre qu’il allait revenir, il courut dehors, où il y avait toujours un peu d’acide stagnant dans les airs, et prit de nombreuses grandes respirations, chacune lui brulant un peu plus les poumons, chacune lui donnant envie de hurler de douleur. Mais il continuait, car c’était la seule manière d’avoir assez de poison en lui pour que ses anticorps se manifestent en suffisamment grand nombre dans son sang pour qu’ils puissent être utiles à Alexis. Dès qu’il jugeât que la quantité d’acide ingérée était suffisante, il courut aussi vite que possible dans la caverne, retourna aux côtés d’Alexis et attendit un peu à ses côtés le temps que ses anticorps se manifestent. Dieux merci, ses ascendances divines et mortelles lui permettaient de savoir exactement quoi faire dans cette situation. N’importe qui d’autre que lui serait mort en tentant de faire comme lui.

Pendant plusieurs minutes, son amie agonisait au sol, et lui pleurait toutes les larmes de son corps tant la douleur était forte. Mais il résistait, parce que ce que devait ressentir Alexis était mille fois pire. Puis il n’en put plus d’attendre, de peur que son amie n’y survive pas s’il attendait trop. Tant pis si les anticorps n’étaient pas assez nombreux, le sang semi-divin devrait pallier au manque. Il prit alors l’une des dagues d’Alexis, et se tailla le bras de manière à extraire son sang, naturellement résistant, qui devrait servir d’antidote. Le mieux serait de faire une perfusion, mais ce ne serait pas possible, pas avec le matériel à leur disposition. Alors il fit aussi une entaille au bras d'Alexis, et fit en sorte de mélanger leur sang autant que possible, avant qu'un peu de sang immunisé coule dans les veines de la jeune fille, avant de lui donner un cube d’Ambroisie, espérant que ça en augmenterait les effets, et d’en prendre un pour lui-même, puis banda leurs bras pour arrêter le saignement.

Je t’en prie, Apollon... Papa, s’il te plait, fait en sorte que ça suffise à la remettre sur pieds.”

Des larmes accompagnèrent sa prière, mais pas à cause de la douleur que lui infligeait le poison ; à cause de sa meilleure amie, se tordant de douleur à ses côtés. Il ne put pas se morfondre plus longtemps, car il entendit des bruits en provenance de l’extérieur. Des bruits de pattes, et à en juger par le nombre, il s’agissait d’un troupeau de Myrmekes. Celles qui sont en partie à l’origine de l’état de son amie. Son regard devint soudainement sombre, et il comprit ce qu’il avait vu dans les yeux de Léo. Lui aussi était prêt à tuer pour protéger celle qui importait plus que le reste à ses yeux. Il sortit son bouclier, dans lequel il infusa un mélange de peste, de lèpre et de SIDA, tous à des stades extrêmes et et avec une violence bien plus grande que les maladies originelles, fit de même pour sa réserve de pierres, et en arma une dans son lance-pierre, bien décidé à se battre, au moins jusqu’à ce que son amie soit prête à fuir. Et s’il devait épuiser toute sa puissance, il le ferait. La seule chose à laquelle il pensa en marchant d’un pas résolu vers l’entrée de la caverne pour y amener le combat, loin de la personne qu’il s’était juré aujourd’hui de protéger.


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Sujet: Re: The wind blows
Mer 18 Juil - 20:52
Quand Alexis pensait que sa douleur avait atteint son paroxysme, celle-ci creusait encore un peu plus pour lui prouver le contraire. Ainsi, alors que la fille d’Arès avait l’impression que le Phlégéthon lui-même inondait ses poumons, que chaque respiration était une torture, que la brûlure dans son corps lui semblait interminable, le poison lui prouva qu’il pouvait atteindre d’autres sommets sur l’échelle de l’agonie. Évidemment, tout aurait été plus simple si Alexis choisissait de laisser tomber, d’arrêter de se battre, de juste se plonger dans un sommeil long et profond. Mais elle continuait sa lutte incessante. Elle continuait de prendre goulument chaque bouffée d’air qu’on lui offrait. Et à chaque fois qu’elle le faisait, elle avait l’impression qu’un milliard d’aiguilles de feu s’enfonçait dans sa gorge et qu’elle n’arriverait jamais à prendre la suivante. Et puis, quand ce n’était pas la brûlure, c’était les tambours dans sa vie. Elle n’entendait que ce boum incessant, qui lui sciait les tympans, qui l’empêchait d’entendre quoique ce soit d’autres. Elle avait l’impression que la terre tournait, qu’elle tombait, que rien ne pouvait l’arrêter. Par moment, elle avait presque l’impression de ne même plus sentir le sol sous elle.

Finalement, Alexis commença à perdre la tête. Elle n’était plus que souffrance. Elle avait envie de vomir mais rien ne venait. Toujours aveugle au monde, elle ne sentait même plus ses larmes couler. Ses ongles s’enfonçaient dans une matière dure. Le sang commençait à couler de ses ongles meurtris. Elle ne sentit ni Elliot la bouger, ni Elliot lui entailler le bras. Elle ne sentait rien d’autre que l’infernale brûlure qui noyait son corps dans un océan de supplice. Par moment, elle essayait d’arrêter de respirer, mais c’était comme avoir une bombe au creux de son ventre. Qui grossissait. Qui grossissait. Et qui menaçait d’exploser. Au bout d’une éternité, elle commença à sentir autre chose. Une douceur qui s’était glissé dans sa bouche. Qui fondait. Pendant un laps de temps trop court, Alexis sentit ses larmes. Elle sentit l’air pur. Puis de nouveau, une vague de chaleur s’empara d’elle. Alors, avec le peu de regain de force qu’elle avait eu, elle hurla. Elle hurla si fort qu’elle réussit à oublier ce bruit incessant dans sa tête. Elle hurla si fort qu’elle en fit trembler les murs. Son corps eu des spasmes, répondant à cet appel, luttant de sa propre façon contre le poison.

Petit à petit, la voix d’Alexis ne devint plus qu’un faible gémissement. Elle sentit de nouveau ses muscles, bien que meurtris. Elle pu bouger ses orteils. Mais surtout, elle pouvait entendre. Elle se mit alors à écouter et ouvrit brusquement les yeux en comprenant que d’énormes monstres étaient entrain de s’approcher d’elle. Elle se redressa d’un coup, cherchant à tâtons quelque chose, quelqu’un. Sa vision était brouillée. Elle voyait une silhouette. Était-ce celle d’Elliot ? Où était-elle ? Tant de questions, si peu de réponse. Se traînant plus qu’autre chose, Alexis essaya de se rapprocher de son ami. Elle essaya de comprendre ce qui se passait autour d’elle. La douleur dans ses poumons était toujours là, la faisant se tordre de douleur à intervalle irrégulier. Finalement, elle croisa le regard flou d’Elliot. Elle essaya de sourire, mais une spasma la fit retomber à terre. Se tenant le ventre, Alexis s’empêcha de hurler.

Un nouveau sentiment s’empara d’elle. La colère. La colère qu’elle redoutait tant. Mais qu’elle accueilli avec délectation. Ah, que c’était bon de pouvoir sentir son sang pulser dans ses oreilles. De sentir ce frémissement de pouvoir qu’elle retenait. Des picotements vinrent lui chatouiller le bout des doigts, des orteils, des oreilles. De nouveau, une vague de douleur vint la brusquer. Alexis ne broncha pas. Pas tout de suite. Elle laissa la colère s’emparer de son être. Puis elle se redressa, et vit les monstres s’approcher de son ami trop inquiet pour elle. Alexis s’approcha lentement, se plaça devant le bouclier de son ami. Était-ce son ami ? Seul son instinct semblait la guider. Elle ne se souvenait même plus de son propre nom. Qui était-elle ? Peu important. Elle n’était plus que haine. Finalement, elle se décida à hurler. Plus de douleur, non. Davantage comme un animal sauvage, un loup, qui hurlerait pour montrer qui était l’alpha.

La jeune femme hurla à s’arracher les poumons. Cette fois, elle n’éprouvait plus de douleur physique. Tout n’était que futilité. Son corps faible était devenu si fort. Tout explosait sous ses yeux. Des rochers. Des monceaux de terre. Des fourmis géantes. Tout n’était que chaos et désolation. La poussière entourait son monde. Elle ne ressentait plus que la colère. Elle ne voyait plus rien. Puis une main se posa sur son épaule. Elle se retourna pour voir qui osait la déranger pendant son règne. Puis elle reconnut le regard de ce jeune homme. Intriguée, elle s’approcha et tendit sa main vers la joue du jeune homme. Était-ce une impression ou était-elle mouillée ?

« E… Elliot. »

Prononça-t-elle dans un murmure. Puis elle toucha son propre visage. Elle vit du sang sur sa main. D’où venait-il ? De ses yeux ? De son nez ? De sa bouche ? Finalement, Alexis redevint elle-même. L’adrénaline retomba. Et elle avec.



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Sujet: Re: The wind blows
Jeu 19 Juil - 17:23
Il n’y avait plus rien d’autre dans le regard d’Elliot que de la haine. De la haine dirigée envers les fourmis géantes, et envers la cause de l’explosion qui a mis son amie dans cet état. Quand ils seraient à l’abri, Elliot comptait bien rechercher la cause de l’explosion, mais pour le moment, il pouvait à peine réfléchir. Son cerveau restait bloqué sur l’image qu’il avait d’Alexis, souffrante, sanglante, mourante. Son corps, lui, était passé en contrôle automatique, et laissait ses instincts et sa mémoire musculaire faire le gros du travail. Sans vraiment comprendre comment ni pourquoi, il tirait sur des fourmis, tout en écrasant la tête d’une autre de son bouclier, frappait dans leurs pattes pour les immobiliser, les décapitait d’un coup de bouclier d’une violence inouïe. Elliot, qui détestait l’idée de tuer, qui détestait devoir utiliser son pouvoir à ce point, n’était plus le même. Il était bestial, sauvage, brutal, et sans retenue. Elliot, qui essayait autant que possible d’afficher un sourire, ou au moins une expression amicale, n’était plus le même. Son visage ne montrait que haine, rage, et au loin, caché sous toutes ces émotions, un grand désespoir.

Il était pris dans la bataille à tel point qu’il ne vit pas son amie se relever et marcher lentement dans sa direction, se maintenant debout à l’aide de la paroi de la grotte. Il ne prit conscience de son environnement que lorsque leurs regards se croisèrent. Ce fut infime, mais ce fut suffisant pour que le fils d’Apollon se rende compte que chacun de ses pas étaient accompagnés d’un bruit de succion, que la plupart des fourmis gisaient dans une mare de sang et d’acide, mais surtout qu’une grande partie avait échappé à sa vigilance, et qu’elles se dirigeaient dans la direction d’Alexis. En voyant la jeune fille, dans un état second, s’approcher encore de lui, il referma son bouclier pour ne pas la toucher avec par mégarde, et une fois positionnée devant lui, elle hurla d’un cri bestial, rauque, montrant la puissance de sa rage, et l’état catastrophique de sa gorge.  

Alors que son cri continuait à engloutir la caverne et ses environs, les explosions commencèrent à arriver. Elliot savait qu’Alexis avait ce pouvoir, mais il ne l’avait que rarement vu en action, et encore moins à un tel niveau de destruction. Décidemment, les deux s’étaient bien trouvés, tous deux capables de semer la mort et la destruction, chacun à leur manière. Alors que tout autour d’eux explosait dans un tonnerre rivalisant avec le rugissement de la fille d’Arès, Elliot posa ses mains sur les épaules de la jeune fille, comme pour lui signifier qu’elle pouvait arrêter, qu’ils étaient seuls, qu’elle ne devait plus se battre. Très vite, elle s’arrêta, et comme pour vérifier s’il était bien réel, toucha de sa main la joue d’Elliot, puis gargouilla un mot inintelligible, du fait de l’état de sa gorge.  

Lorsqu’elle tomba à terre, Elliot était là pour la rattraper, mais ses genoux flanchèrent à leur tour. Il avait utilisé tant de forces pour survivre jusqu’à maintenant. Mais ce n’était pas fini, pas encore. Il regarda Alexis, rouge, tant de douleur que de sang, qui sortait de plusieurs endroits de son corps, puis se regarda lui-même. L’acide des fourmis avait fini par faire son petit effet, son corps était couvert de brulures, ses habits en lambeaux, sa gorge fortement irritée. Et pourtant, dans un dernier effort, il se releva. Son corps entier lui criant d’abandonner, que la douleur allait de toutes façons l’emporter, que tout ce qu’il avait fait était inutile et qu’ils mourraient dans cette grotte, mais son esprit hurlant de peine et de désespoir surpassait tout cela. Et allant à l’encontre de toutes les lois qui dirigeaient ses muscles, il prit son amie dans ses bras, et commença à marcher.  

Sans adrénaline, il devait lutter pour ne pas s’évanouir à chaque pas. Il devait lutter pour tenir, jusqu’à ce qu’ils trouvent quelqu’un, n’importe qui, qui puisse les aider, ou demander de l’aide. Il longea le fleuve, conscient de chaque pas qu’il faisait, manquant de tomber plusieurs fois, mais se retenant. Il savait que s’il tombait une seule fois, il n’aurait plus la force de se relever. Que s’il s’arrêtait une seule seconde, ses jambes abandonneraient et refuseraient de bouger une nouvelle fois. Alors il continuait, la douleur le tuant un peu plus à chaque pas, à chaque respiration, ses bras peinant à tenir Alexis, mais continuant, parce que s’il ne pouvait pas la sauver, à quoi bon continuer. Et miraculeusement, après plusieurs dizaines de minutes de souffrance intense, de douleur inimaginable, il atteint l’orée de la forêt, et s’écroula alors qu’un groupe de demi-dieux qui sortaient de l’arène couraient dans leur direction. Les dieux soient loués, peut-être survivraient-ils.

***


Des images, des bribes de pensées. Elliot a dix ans, il est seul, se balade dans les bois, il n’a presque jamais souri de sa vie. Elliot a treize ans, il est entouré, a appris à rire, à aimer, à partager, à aider. Elliot a quinze ans, il a chaud et veut rester à l’ombre, mais doit y aller. Il doit faire visiter la colonie. Elliot a quinze ans, et il rencontre une gamine en sueur, aussi à l’aise que lui, il redoute la suite de la journée. Elliot a seize ans, il retrouve cette même gamine au début de l’été, ils rient ensemble, il lui propose des fraises. Elliot a dix-huit ans, il est avec une jeune fille, qui est devenue sa meilleure amie, et qui est triste, il est en colère et veut l’aider. Elliot a dix-neuf ans, et il voit la jeune fille à terre, souffrante, et il part se battre sérieusement pour la première fois. Elliot a dix-neuf ans, et il se réveille enfin.

***


Il ouvrit les yeux, et ne fut pas surpris de se trouver dans l’infirmerie du camp, avec à son côté ses demi-frères et sœurs, affairés à soigner des blessés. Plus aucun n’est autour de lui, ni d’Alexis, et le soleil est bas dans le ciel, à l’est. Son premier réflexe fut de chercher Alexis du regard, et la trouva non loin de lui. Il fit sa poitrine s’abaisser, la jeune fille expirer, et il fut pris d’un immense soulagement, visible sur son visage sous la forme d’un grand sourire. Avec un peu de chance, les autres apollons auraient réussi à limiter les dégâts, et ils n’auraient que peu d’effet négatif à long terme. Il lui suffit d’essayer de lever un bras pour s’apercevoir que ce ne serait pas le cas. Il ne pourrait pas bouger de ce lit avant quelques jours, mais il s’en fichait, il avait réussi à les sauver, tous les deux. Et pour cette simple raison, il était fier.


♪ Your body looks so sick, I think I caught the flu
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Sujet: Re: The wind blows

The wind blows


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