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    Isadora Vargas
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    le Lun 14 Sep 2020 - 20:41
    We're not broken the same way but we're still sharing the pain
    Ophelia & Isadora
    Take a step, step again... It is all that I can, to do... the next right thing
    Les chasseresses. Un petit groupe, à la colonie, qu’Isadora fréquentait souvent. Elle se sentait bien en leur présence. Sans doute parce qu’il y avait toujours cette part de peur en elle, cette peur qui n’avait plus besoin d’être là auprès de personne qui avait abandonné l’amour. Auprès de personnes qui ne l’utiliseraient pas, pas de cette manière en tout cas.

    Elle avait commencé à les fréquenter après que sa sœur Billie les ait rejointes. Même si cette dernière ne lui parlait plus beaucoup… Isadora continuait de veiller sur elle, de loin, consciente de la douleur de la blonde. Elle-même aurait pu être séduite par cette idée, de ne plus jamais aimer, de ne plus jamais souffrir. Mais elle ne pouvait taire son espoir romantique, et peut être un peu naïf, qu’un jour elle trouverais le grand amour. Elle n’était pas prête à abandonner cette partie d’elle, en tout cas, pas encore.

    Néanmoins c’était une raison de plus de les apprécier et c’est pour cela qu’elle venait régulièrement les voir. Elle avait remarqué que le groupe n’était pas forcément aussi soudé qu’il ne pouvait le sembler au premier abord ; en tout cas, certaine d’entre elle se trouvaient parfois un peu à l’écart des autres. La plupart du temps, il pouvait être compliqué de deviner si c’était par la force des choses ou de leur propre fait. Mais il y en avait une où le doute n’était pas permis. La fille d’Aphrodite se revoyait en elle, dans l’état où elle était il n’y encore pas si longtemps, et dans lequel elle était parfois encore : peureuse, solitaire, traumatisée.

    De plus, il semblait qu’une autre des chasseresses n’appréciait pas cela et lançait souvent des piques en direction de la pauvre Ophelia. Isadora ne savait pas si Mara était la seule à penser de la sorte, mais en tout cas, c’était la seule qu’elle avait entendu pour le moment. Elle n’avait jamais osé s’interposer, par peur qu’on lui reproche de trop se mêler de ce qui ne la regardait pas. Mais après avoir entendu une remarque de plus aujourd’hui, elle était partie à la recherche de la (pas tellement) jeune femme pour s’assurer de son état.

    Peu désireuse de demander aux autres consœurs de celle qu’elle quêtait, car elle ne souhaitait pas envenimer les choses entres elles, Isadora errait sans vraiment trop savoir où chercher. Quand soudain, au détour d’un couloir, elle emboutit une silhouette – la bonne silhouette, apparemment, car les yeux apeurés d’Ophelia se tournèrent vers elle. D’une voix douce pour ne pas la brusquer plus qu’elle ne l’était déjà (la bousculade n’avait pas été très violente, mais peut être trop surprenante), elle l’interpella :

    -Hey, coucou. Je te cherchais justement. Comment vas-tu ?

    Isadora espérait que la fragile chasseresse ne serait pas trop effrayée – néanmoins, même si c’était le cas, elle serait mal placée pour lui en vouloir. Elle-même encore incapable de donner assez sa confiance à quelqu’un pour parler de ce qui n’allait pas. Même si la brune comptait bien y aller doucement, étape par étape, elle souhaitait sincèrement qu’Ophelia ait moins de bloquage qu’elle-même et qu’elle serait en mesure de faire quelque chose pour l’aider.
    (c) princessecapricieuse


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    Ophelia Lisden Frye
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    le Dim 18 Oct 2020 - 20:08
    Ophelia attendait que le soleil se lève au-dessus de la forêt dans un subtil chatoiement émeraude. Ophelia attendait que le soleil se couche langoureusement dans les bras de la mer au rire changeant. Ophelia attendait la timidité du brouillard, la félicité discrète de la pluie, le doux manteau de la nuit. Le passage des saisons, la nature qui muait alors qu’elle-même restait inchangée, le cycle infini du temps qui s’écoulait sur elle comme l’eau sur le plumage d’un canard colvert. C’était une attente sans but, sans espérance, sans ennui. La seule activité capable de lui apporter une infime mesure de paix. Peut-être parce que la nature n’attendait rien en retour. Peut-être parce que cela lui rappelait son insignifiance à l’échelle cosmique. Les êtres humains l’angoissaient, eux et leurs questions incessantes, leurs demandes pressantes. Ils voulaient sa gentillesse. Ils voulaient son dévouement. Ils voulaient les secrets qu’elle portait en elle tel un vaisseau fantôme ne demandant qu’à dériver sereinement sur l’océan. Ils voulaient trop, tout le temps, et leur volonté l’épuisait. La nature, elle, ne lui demandait rien. Ne lui accordait pas plus ni moins d’importance qu’à un duvet de pissenlit emporté par le vent, une coccinelle sur l’écorce d’un arbre, un renard qui bondit sur sa proie. Dans la nature, tout était bien.

    Au milieu des autres Chasseresses, c’était différent.

    Ophelia souriait rarement. Elle n’aimait pas cette sensation, cet étirement des muscles de son visage. Un sourire ne signifie rien s’il n’est pas accompagné d’une émotion authentique. Pourtant elle le faisait, parce que c’était ce que les gens autour d’elle attendaient de sa part. Un signe de sympathie, de bienveillance, d’humanité. Il y avait bien des Chasseresses dont la froideur était légendaire, mais Ophelia voulait qu’on l’apprécie, et ce pour une seule et unique raison : si on l’aimait, on la protègerait. Si on l’aimait, on ne lui ferait pas de mal. Si on l’aimait, elle apprendrait peut-être à aimer de nouveau elle aussi. La plupart de ses consœurs semblaient apprécier ce sourire un peu fendu, cette fille un peu paumée, ce regard qui fuyait sans cesse au loin, vers un endroit où elle serait seule au milieu des arbres. Mais pas Mara. Mara était grande, sa voix était dure, ses mots faisaient mal. Qualifier leur relation d’antipathique serait bien en-dessous de la vérité. C’était une émotion viscérale, le dédain de la brune se heurtant contre le dégoût de la blonde, c’était douloureux, c’était malsain. Sous la haine de Mara se cachait une fascination pour ce qu’Ophelia avait vécu dans le Labyrinthe. Une soif d’en savoir plus qui rendait la jeune femme mal à l’aise. Elle savait que Mara avait perdu une amie chère dans la bataille contre le Tortionnaire. Mais ce n’était pas de sa faute. Elle n’avait aucun pouvoir : ni celui de ramener cette fille de la mort, ni celui de dévoiler ce qui lui était arrivé. Aucun pouvoir que l’impuissance. Aucun choix que la fuite, quand la colère de Mara débordait une fois de plus sous forme d’un sarcasme bien ajusté.

    Dans sa course, elle heurta quelqu’un.

    Une fille. Pas une Chasseresse. Elle paraissait inoffensive, douce, mais Ophelia ne se fiait pas à ces choses-là. Pourquoi cette fille voulait-elle savoir comment elle allait ? Elles ne se connaissaient pas, ne se devaient rien. Elles ne faisaient pas partie du même clan. Ophelia n’était pas obligée de lui parler. Et pourtant. Son sourire hésitant mais sincère. La sollicitude dans sa voix. La fille de Vulcain fut tentée de s’arrêter, ne serait-ce qu’un instant, pour se baigner dans la chaleur bienveillante qui irradiait de la fille. Mais c’était impossible. Ophelia ne voulait s’attacher à personne, avait oublié comment le faire. Toute tentative était vouée à un échec inutile et frustrant. Alors elle poursuivit son chemin. Elle sortit de la Grande Maison. Cette fois, elle ne choisit pas la forêt, son refuge préféré, mais la plage. Elle voulait sentir l’air marin sur son visage, entendre l’appel lancinant des mouettes. Et, quelque part, elle voulait que la fille la suive. Qu’elle lui parle, juste un instant.

    Des pas sur le sable, derrière elle. Ophelia ne se retourna pas.

    « Je suppose que je dois être heureuse que quelqu’un me cherche. Tu sembles être la seule à le faire. »

    Une pointe d’amertume se cachait sous ces paroles. Cela faisait presque six mois qu’Ophelia était à la Colonie, et personne n’était venu. Aucun ancien ami. Pas Karl. Pas Alice. Pas JJ. Uniquement un horrible jeune homme qui avait cherché à fouiner dans sa vie avec l’énergie et la négligence d’un chien déterrant un os sans se soucier de la terre qu’il répandait partout. Personne. La plupart du temps, cela la soulageait. Aujourd’hui, cela la blessait. Mais comment la fille pouvait-elle comprendre cela ? Elle-même le comprenait à peine. Comment décrire toute les nuances de l’absence, dans sa souffrance et son apaisement, dans son incertitude et son espérance ?  
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    We're not broken the same way but we're still sharing the pain ~ Isadelia Empty Re: We're not broken the same way but we're still sharing the pain ~ Isadelia

    le Mar 3 Nov 2020 - 17:25
    Isadora vit passer dans les yeux d’Ophelia plusieurs sentiments qu’elle connaissait bien. La douleur. L’espoir. Le déni. La solitude. L’hésitation.

    Pendant une fraction de seconde seulement. Et puis elle se détourna et sorti de la grande maison, comme pour fuir, comme pour ne pas ressentir tout ce que les mots de la brune avait réveillé chez elle. Et la demi-déesse comprenait. Elle savait qu’au fond, Ophelia avait simplement peur – peur d’accorder la moindre once de confiance à la mauvaise personne, peur d’être blessé à nouveau. Parce que se laisser à espérer, c’était faire confiance, même un tout petit peu. Et même si Isadora n’était pas une inconnue, elles n’étaient pas proches ; elles étaient même des connaissances plutôt lointaines.

    Mais Ophelia semblait lointaine de tout le monde. Elle aussi se cachait derrière ses sourires, elle aussi faisait bonne figure devant les autres sans vraiment se lier à eux. Isadora se reconnaissait tellement en elle que c’en était douloureux – elle ne souhaitait à personne d’être aussi brisée qu’elle. Mais elle allait mieux, maintenant. Un peu mieux, petit à petit. Alors elle voulait aider, elle ne voulait pas laisser les autres derrière elle.  

    Elle suivit Ophelia.

    D’un pas rapide, pour ne pas la laisser filer entre ses doigts. Elle ne devait pas manquer l’occasion que ce soupçon d’indécision avait entrouverte.

    La jeune femme rejoignit la chasseresse sur la plage, sans se cacher d’être là, sans essayer de dissimuler sa présence ou ses pas. Cette dernière, cette fois, ne fuit pas. Sembla accepter sa présence – au moins pour quelques instants, pour quelques mots.

    La blonde lui parla sans même la regarder. On aurait dit qu’elle jetait les mots, qu’elle les laissait tomber sur le sable avec lourdeur. Des mots blessés qui se voulaient blessants. Deux phrases qui dissimulaient mal une blessure encore ouverte.

    Personne ne la cherchait, personne ne l’attendait.

    Ophelia se sentait seule, et parce qu’elle se sentait seule elle préférait repousser les autres. Parce qu’être seule, même si on aime pas ça, parfois ça vaut mieux que de se faire utiliser, ou jeter, ou blesser. Parce que parfois ça vaut mieux que de se faire détruire par les autres.

    Je comprends, avait envie de dire Isadora. Je te comprends tellement.

    Mais elle resta silencieuse, et elle alla doucement s’installer à coté de la chasseresse, sans fixer son regard sur elle. Elle observa la mer et pendant quelques instants il n’y eut que le bruit des vagues entre elles deux.

    La fille d’Aphrodite ne savait pas vraiment quoi dire, en fait. Qu’est-ce qu’il y avait à dire face à ça, de toute façon ? Ce n’était pas de simple mots, qui pouvaient paraître vide de sens, qui allaient changer quoi que ce soit.

    Tout ce que la demi-déesse pouvait essayer de faire, c’était lui faire comprendre qu’elle était là. Qu’elle avait ressenti les mêmes choses et qu’elle savait ce que c’était. Que, si elle le voulait bien, alors elle serait là pour elle, aussi – comme elle aurait aimé que quelqu’un le soit à l’époque.

    La jolie brune s’éclaircit la gorge.

    -Je suis désolée si tu aurais préféré que ce soit quelqu’un d’autre qui te cherche, finit-elle par dire.

    Sa voix était douce et mélancolique. Il n’y avait pas d’amertume dedans, pas de rancœur d’avoir d’abord été rejetée. Le mur qu’Ophelia s’était créé, elle avait eu le même, elle l’avait encore un peu. Ça n’était qu’un moyen de se défendre. Ça ne servait à rien de forcer les choses, d’attaquer en retour. Il n’y avait qu’à avoir de la patience – et Isadora n’en manquait pas. Elle était prête à attendre, le temps qu’il faudrait, que ce soit quelques minutes face à l’océan, quelques jours ou même plusieurs semaines.

    La demi-déesse regarda autour d’elle en respirant l’air salé. C’était magnifique, comme paysage. On aurait dit un tableau. Mais elle détourna les yeux pour enfin les porter sur Ophelia, pour regarder son visage grave et creusé. C'est avec espoir qu'elle repris la parole, en essayant de lui faire comprendre qu'elle savait ce que c'était, qu'elle connaissait ce sentiment. Qu'elle aussi avait été meurtrie par la vie.

    -Je ne sais pas ce que tu as vécu, continua-t-elle finalement. Mais ce n’est pas grave, ça ne me regarde pas. Je veux juste que tu saches que si tu n’as pas envie d’être seule... Je suis là. Tu n’as même pas besoin de parler, si tu n’en as pas envie. Je sais que parfois, tout ce qu’il faut… C’est juste une présence, et rien de plus.

    Même quand on ne voulait pas de contact sociaux, parfois, rien que l’idée qu’il y ait une personne qui nous attende quelque part suffisait. Sans bruit, sans activités, juste être côte à côte, sans jugement… Seulement savoir qu’il y avait quelqu’un, là, à coté de nous.

    Savoir que l’on était plus seule, si on avait pas envie de l’être…


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    We're not broken the same way but we're still sharing the pain ~ Isadelia Empty Re: We're not broken the same way but we're still sharing the pain ~ Isadelia

    le Dim 22 Nov 2020 - 20:06
    Ophelia n’avait pas voulu blesser la fille aux cheveux bruns et au regard mélancolique. Ses paroles amères lui avaient échappé comme le sang d’une plaie encore fraîche. Parfois, quand elle repensait aux mois passés dans le Labyrinthe, la jeune femme se demandait quelle était sa part de responsabilité dans les traumatismes qu’elle avait subis. Si elle avait été plus résistante, est-ce que cela aurait changé le cours des évènements ? Si elle avait été plus forte, si elle avait eu moins de failles, son bourreau aurait-il pu prendre le contrôle de son âme avec autant de facilité ? Il était plus facile de se détester elle-même que de le détester lui. Plus facile de s’en vouloir, de se punir pour ce qu’elle avait fait, que de chercher à se venger sur lui. Il était loin, inatteignable, et elle n’avait pas la prétention d’être celle qui mettrait fin à son sombre règne de torture. Alors elle dirigeait sa colère, sa frustration, son incompréhension, vers des cibles plus proches et plus faciles à toucher. Elle-même, et parfois les autres.

    Elle ne supportait pas l’idée que quelqu’un puisse vouloir l’aider. Personne ne le pouvait, parce que personne n’avait vécu la même chose, connu la même horreur, perdu le contrôle corps et âme. Elle avait appartenu au Tortionnaire. Elle lui avait offert tout ce qu’elle était, et lui avait tout pris, absolument tout et plus encore, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’une coquille brisée, un vide béant. Un vide que seul lui pouvait remplir par ses pensées nocives, par sa fumée toxique, par sa haine pour tout ce qui vivait. Elle avait cédé après de longs mois, après une résistance acharnée, mais peu importaient ses efforts puisque le résultat était le même. Puisqu’elle avait fini par se fendiller. Par laisser entrer la noirceur. Par s’y baigner, parce que c’était un tel soulagement de ne plus devoir se battre en permanence. Parce qu’il était tellement plus facile de se laisser glisser.

    La jeune femme qui se tenait à côté d’elle ne pouvait pas comprendre cela. Elle ne pouvait pas savoir que, sous son apparence lumineuse, Ophelia cachait un cœur souillé et noirci. Pourquoi accepter son aide, sa compassion ? Au final, elle aussi se détournerait d’Ophelia. Au final, elle verrait clairement qu’Ophelia n’était qu’une pauvre chose brisée, un débris qui ne pourrait jamais être réparé. Mieux valait éviter de s’attacher. Eviter de nouer des liens qui étaient voués à se détériorer et à mourir. Et pourtant… pourtant, elle voulait faire confiance à cette fille au regard si doux. Pourtant, elle avait l’impression qu’elle était en sécurité auprès de cette inconnue, qu’elle pouvait lui confier une partie de sa peine. C’était peut-être la sincérité de son sourire, ou son attitude respectueuse. Quelque chose de maternel qui faisait monter les larmes aux yeux d’Ophelia.  

    « Je suis désolée si tu aurais préféré que ce soit quelqu’un d’autre qui te cherche. »

    Elle l’avait, elle aussi. Elle l’avait, cette inconnue. La voix de ceux qui ont souffert. La voix de ceux qui ont connu une douleur dévastatrice et qui y ont survécu. La voix de ceux qui se réparent jour après jour, même s’ils ignorent si ce processus aura une fin. Dans le silence qui s’installa entre elles, la fille brune regarda autour d’elle d’un air émerveillé, et Ophelia en fit de même. La plage dont le sable semblait luire doucement sous la caresse du soleil. Les vagues qui venaient chuchoter leurs espoirs sur le rivage avant de repartir vers le large. Les cris des oiseaux, d’une beauté brute et lancinante. Et Ophelia eut honte. Enfermée dans sa douleur, dans sa tristesse, dans sa conviction que personne n’avait souffert autant qu’elle, elle avait oublié de s’ouvrir au monde qui l’entourait. Elle s’était retirée derrière un mur qui la coupait de tout ce qui faisait mal, mais cela l’avait aussi séparée de tout ce qui était beau et doux et agréable. De la nature. Des autres. Eux aussi avaient leurs peines. Eux aussi méritaient ses mots, son regard, son attention. Eux aussi étaient humains.


    « Je ne sais pas ce que tu as vécu. Mais ce n’est pas grave, ça ne me regarde pas. Je veux juste que tu saches que si tu n’as pas envie d’être seule... Je suis là. Tu n’as même pas besoin de parler, si tu n’en as pas envie. Je sais que parfois, tout ce qu’il faut… C’est juste une présence, et rien de plus. »

    Une vague de reconnaissance balaya les défenses d’Ophelia. La jeune femme brune n’attendait rien de sa part. Ne demandait rien, ne posait pas de questions, ne lui imposait rien. Elle était juste là. Une présence humaine à ses côtés. Une respiration, un cœur battant, un être bienveillant. Ophelia hocha la tête en clignant des yeux pour chasser les larmes qui s’y étaient glissées. Aucune réponse n’était nécessaire.

    Alors elles regardèrent la mer, pendant un long moment. Le mouvement hypnotique de l’eau. Le chatoiement du soleil sur les vagues. L’horizon, au loin, inatteignable et pourtant si proche. Après un moment, Ophelia s’assit en tailleur sur le sable, et la fille l’imita. Presque malgré elle, les mains de la Chasseresse se mirent à bouger, à tracer des formes dans le sable mouillé. Un visage : celui de son frère. Un autre : celui de son amour perdu. Un troisième : quelques traits tourmentés qui représentaient son pire ennemi, qui évoquaient aussi sa propre part d’ombre.

    « Ils me manquent tellement. »

    Elle n’avait pas prévu de parler, n’avait pas prévu de faire quoi que ce soit, mais les mots s’étaient frayés un chemin à travers de son silence intérieur pour sortir dans l’air vibrant de l’après-midi.

    « Lui, c’est JJ. Mon frère jumeau. Le manque… le manque est terrible et me tient éveillée la nuit. Il est à la Nouvelle-Rome, il n’y a qu’un portail qui nous sépare, et pourtant il me parait aussi inatteignable que le soleil. »

    Pourquoi continuait-elle à parler ? Pourquoi se confiait-elle à cette inconnue ? Pourquoi ne pouvait-elle pas s’arrêter ?

    « Elle, c’est Alice. Mon premier amour, et mon dernier. Elle aussi me manque, même si c’est d’une façon différente. J’espère qu’elle a pu retrouver le bonheur qu’elle mérite tant. Elle n’a pas besoin de moi pour cela. »

    Elle ne dit rien au sujet du dernier visage. Elle se tut. Elle n’avait plus de mots, plus de gestes pour exprimer la tristesse qui l’avait envahie à la vue de ces visages amis. Alors elle se contenta de regarder son interlocutrice, les yeux brillants de larmes, en espérant qu’elle comprendrait.
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    We're not broken the same way but we're still sharing the pain ~ Isadelia Empty Re: We're not broken the same way but we're still sharing the pain ~ Isadelia

    le Mar 29 Déc 2020 - 18:47
    Ophelia ne se remit pas à courir, ne s’enfuit pas de nouveau après la tirade d’Isadora. Au contraire, elle sembla accepter sa présence - accepter son soutien et le peu de réconfort que la sang-mêlée pouvait lui offrir. Ça n’était pas grand chose, mais parfois c’était tout ce qu’il fallait.

    Isadora en fut soulagée, quelque part. Elle ne voulait pas être un fardeau ou se forcer dans la vie de quelqu’un, même pour l’aider ; elle savait que ça ne servait à rien de s’imposer si quelqu’un ne le souhaitait pas, elle savait que ça pouvait être violent et que ça ferait plus de mal que de bien.

    Alors si la chasseresse l’avait rejeté une fois de plus, elle l’aurait laissé tranquille, cette fois-ci. Elle se serait contenté de rester un peu plus loin, de lui laisser son espace, en priant silencieusement pour elle ; en priant pour que ses blessures guérissent.

    La fille d’Aphrodite avait depuis longtemps cessé de le faire pour les siennes. Quel pouvoir divin pouvait lui rendre ce qu’elle avait perdu ? Elle doutait que la moindre chose puisse réparer le fossé creusé en elle. Pourtant… Pourtant pour les autres, elle continuait d’espérer un peu, elle continuait de faire de son mieux. Elle essayait, en tout cas, quand son esprit lui permettait de ne pas être trop effrayé par eux.

    Et Ophelia, malgré la remarque acide qui avait coulé de sa bouche précédemment, ne lui faisait pas peur, pas aujourd’hui en tout cas. Il y avait des jours où c’était pire que d’autre, où Isadora ne voulait et ne pouvait parler à personne ; mais ce jour-là, elle avait réussi à repousser ses angoisses, ce jour-là tout ce qu’elle voulait c’était aider la blonde.

    Elle imita doucement la chasseresse qui venait de s’asseoir sur le sable. Sans faire de geste brusque, comme si un mouvement trop brutal pouvait tout briser, comme si l’instant était aussi fragile que les bouts de cristal qui semblaient composer leurs âmes.

    La blonde se mit à dessiner sur le sable avec précision. C’était des visages, trois visages, et Isadora ne dit rien, patientant jusqu’au moment où Ophelia se sentirait prête à expliquer qui c’était. La première phrase ne tarda pas, fusa hors de la bouche de la chasseresse comme si elle n’attendait que cet instant pour sortir.

    Ça n’était pas une explication, pas encore, ça n’était que le début ; c’était les visages de personnes qui lui manquaient. Le reste suivit, très vite. Le premier, masculin, était celui de son frère jumeau : ça n’était pas étonnant alors qu’elle soit triste d’être séparé de lui. Mais Ophelia n’était-elle pas une chasseresse ? Pourquoi choisir cette voie, en sachant ce que ça signifiait ? Plus le temps avançait, plus Isadora se rendait compte qu’elle avait bien fait de la chercher ce matin-là. Qu’Ophelia était vraiment en détresse, au point de tout laisser derrière elle même si ça lui faisait aussi mal.

    Isadora pouvait comprendre - après tout elle avait fait la même chose il y a quelques années.

    Elle n’avait presque plus d’attache à l’époque, quand elle avait décidé de s’enfermer définitivement à la colonie. Il y avait juste son père, qui lui manquait parfois. Souvent. Mais c’était mieux pour eux deux, qu’il ne puisse pas la voir dans cet état. Peut-être qu’Ophelia se disait la même chose. Peut-être qu’elle avait peur de faire face à sa propre culpabilité de l’avoir abandonné derrière elle.

    D’un geste tendre et délicat, un peu hésitant, Isadora posa sa main sur l’épaule de la chasseresse. Comme pour lui dire je comprends. Mais ces mots à elle restèrent coincé dans sa gorge - elle ne voulait pas déranger Ophelia qui n’avait pas fini, et elle n’était pas sûr d’être prête, elle, à se confier. Ça n’était pas son jour, aujourd’hui, et peut-être jamais. Mais en tout cas cette fois c’était le tour de la blonde, qui sursauta d’abord comme effrayée ; mais alors que la brune voulait retirer sa main, la chasseresse accepta le contact comme elle avait accepté sa présence un peu plus tôt.

    Le reste des mots creuse des sillons dans le cœur de la fille d’Aphrodite. Ça aussi, elle savait ce que c’était, se rendre compte que la personne dont on était amoureuse n’avait pas besoin de nous. Elle n’avait pas eu que Dylan dans sa vie, lui était arrivé pour la récupérer après que les autres aient déjà avancé sans elle. Qu’on aime trop fort ou qu’on aime tout court, même quand on souhaitait le meilleur du monde pour la personne, ça faisait toujours mal, au fond - de se dire qu’elle pouvait être heureuse sans nous, quand on avait l’impression que le contraire n’était pas vrai.

    Il n’y eut rien à propos du troisième dessin. Isadora ne savait pas qui c’était, mais il lui semblait sinistre, malsain, il  y avait quelque chose qui lui rappelait Dylan malgré sa méconnaissance au sujet de celui qui était représenté. Mais Ophelia pleurait et elle n’avait pas besoin d’en dire plus.

    Elle en avait déjà dit tant, elle avait partagé tant de sentiments qui avaient l’air de lui peser sur le cœur comme si elle n’avait pu les dire à personne, et Isadora était heureuse de pouvoir être l’oreille attentive dont la chasseresse semblait avoir besoin.

    La brune ne savait pas quoi dire. Elle se retenait de pleurer elle aussi, ça n’aurait rien arrangé de fondre en larme ; alors, comme Ophelia n’avait plus l’air trop brusquée par le contact de sa main, elle la prit dans ses bras, avec un mélange de douceur et de fermeté qui signifiait tout ce qu’elle n’arrivait pas à dire.

    Elle ne voulait pas lui demander des détails, être trop intrusive. Lui demander pourquoi, comment, aurait été déplacé. Ophelia devait aller à son propre rythme, lui révéler uniquement ce qu’elle voulait ou ce qu’elle avait besoin de faire sortir ; elle n’était pas là pour satisfaire la curiosité de la demi-déesse.

    -Je comprends… Enfin, je crois que je comprends, un peu, comment tu te sens. Je ne me suis jamais sentie aussi seule qu’à ces moments-là. Je… J’aurais aimé avoir quelqu’un à qui parler. Je n’avais personne… mais toi, tu peux avoir moi, si tu veux. Si tu as besoin... de t’épancher, ou juste de discuter de ce qui ne va pas, ou même d’une présence amicale...

    C’était dur pour Isadora, de se montrer aussi vulnérable, mais sans ça, Ophelia ne pouvait pas savoir à quel point elle la comprenait. Et la douleur de la blonde faisait tellement écho à celle de la brune qu’elle avait du mal à la garder enterrée. Elle eut un léger soupir. Elle aurait aimé pouvoir faire plus que ça. Avoir une immense gomme pour effacer la souffrance, de la colle pour réparer les fêlures. Mais elle n’avait rien de tout ça, rien de plus qu’elle-même, et sa compréhension, et sa douceur.

    -Je ne peux pas les remplacer… Ou les invoquer pour toi… mais au moins je peux t’assurer que tu n’es pas toute seule. Ça n’est pas grand-chose… mais parfois… parfois ça peut faire un peu de bien.

    Ça ne suffira pas, mais c’est déjà ça.

    C’était tout ce qu’Isadora avait à offrir et elle ne se rendait pas compte à quel point c’était déjà beaucoup...


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