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    Catarina Laïs Belacoros
    Légionnaire de la 5e cohorte
    Catarina Laïs Belacoros
    Informations Générales
    Présentation : www
    Journal intime : www
    D-C : Artemisia Callista Carter
    Parent divin : Cupidon; descendante d'Autolykos
    Points de puissance : 823
    Messages : 127
    Feuille de Personnage

    Feuille de personnage
    Pouvoirs:
    Inventaire:
    Défaut fatal: L'hubris

    Don’t tell the gods I left a mess [solo] Empty Don’t tell the gods I left a mess [solo]

    le Sam 12 Sep 2020 - 21:15
    Laïs était de corvée courses ; Laïs n’en avait pas l’habitude ; Laïs détestait ça.

    Elle aimait hésiter longuement entre deux variétés de tomates au marché du dimanche avant de repartir plutôt avec une aubergine bien mûre, flâner dans les boutiques pour se choisir de nouveaux vêtements à la coupe luxueuse, s’aventurer dans des échoppes à l’allure louche où se vendaient cartes de tarot, créatures étranges en bocal et véritables crânes humains servant de serre-livres.

    Ce qu’elle n’aimait pas, c’était de devoir charrier un énorme sac de litière pour chat sur chaque épaule tout en écoutant babiller une petite blonde qui cherchait visiblement à l’assommer par son débit de parole. La litière pour chat, même propre, même emballée dans un sac orné d’un mignon minou, diffusait une puanteur horripilante qui allait sans doute ruiner le t-shirt de Laïs pour la journée. La fille de Cupidon serra les dents et décocha un regard noir à un passant qui osait l’observer d’un air amusé. En quelques secondes à peine, elle visualisa les liens émotionnels de l’inconnu et les embrouilla savamment. Résultat: le type se mit à suivre la petite blonde avec un air de chiot adorateur, la fille engagea la conversation avec lui, et Laïs put enfin avoir la paix pendant quelques instants. Après réflexion, elle aurait sans doute dû obliger le jeune homme à tomber amoureux d’elle plutôt que de Blondy. Il aurait alors pu l’aider à porter ces satanés sacs. Mais elle aurait dû supporter ses œillades sensuelles, et ne se sentait absolument pas d’humeur à devoir gérer un Don Juan en goguette.  

    C’était l’idée de Lena – bien sûr que c’était l’idée de Lena, une idée aussi perfide, aussi sournoise, aussi parfaitement chevaleresque ne pouvait venir que d’elle. Apparemment, la blondine babillante du refuge pour animaux y était aussi pour quelque chose. Septembre avait été déclaré le mois de l’entraide, et chaque légionnaire de la Cinquième Cohorte devait faire plusieurs jours de service pour la communauté en plus des corvées habituelles. Aider à réparer un des ponts au-dessus du Petit Tibre, participer à l’organisation des nouveaux Jeux de Cirque, emmener les sales gniards de l’orphelinat au lac pour un pique-nique, ou s’enrôler dans une équipe de nettoyage pour faire briller les temples de fond en comble. Le fait que Laïs n’ait plus que quelques semaines avant de quitter la Légion n’avait pas convaincu sa Centurion de la dispenser de ces tâches ingrates tout juste bonnes pour la populace. Elle aurait voulu faire partie de l’équipe des temples – elle avait négligé ses prières ces derniers temps, et accomplir une tâche au service des dieux lui paraissait plus noble que de trimer pour des humains. Au lieu de quoi elle se retrouvait à nettoyer les saletés des perruches, à promener des chiens bavants et à distribuer des croquettes puantes à des félins qui avaient l’audace suprême de lui grimper dessus. Et à devoir supporter Blondy en permanence.
       
    Lorsqu’elles atteignirent le refuge, le jeune inconnu toujours sur leurs talons, une idée germa dans l’esprit de Laïs. Laissant tomber son sac par terre, elle se massa le dos avec une grimace éloquente.

    « Ça va, Laïs ?  Tu t’es fait mal ? »

    La sollicitude de Blondy était exactement ce qu’il lui fallait à cet instant. Tout en continuant à grimacer de douleur, Laïs clopina jusqu’à une chaise et s’y laissa tomber lourdement. Elle visualisa les liens émotionnels de la jeune mortelle, et découvrit avec une légère surprise que celle-ci n’était pas entièrement dupe : il y avait de la méfiance dans son lien avec la fille de Cupidon. Avec un soupir discret, Laïs cessa d’influencer l’inconnu pour qu’il soit amoureux de Blondy ; elle s’employa plutôt à rediriger les émotions positives de celle-ci vers elle-même. Aussitôt, la mortelle se mit à regarder Laïs de l’air ravi qu’elle réservait habituellement aux chatons, pendant que l’inconnu secouait la tête, complètement déboussolé. Blondy ne remarqua même pas que son soupirant s’éclipsait en marmonnant des excuses, tellement elle était absorbée par la contemplation et la vénération de Laïs. Celle-ci esquissa un petit sourire satisfait. Si elle avait été d’humeur joueuse, elle aurait pu s’amuser un peu avec la mortelle – qui était plutôt jolie, quand elle se taisait. Mais elle n’avait qu’une seule envie : quitter cet endroit qui puait le chien mouillé et la pisse de chat pour manger tranquillement, puis travailler – puisqu’il le fallait – à la Colline des Temples et pas dans ce lieu exécrable. Elle se leva donc et regarda Blondy dans les yeux d’un air complice.

    « Ecoute, Laetitia, je ne me sens pas trop bien… J’ai besoin d’air. Ca te dérange si je te laisse continuer toute seule pour aujourd’hui ? Je vais t’envoyer quelqu’un de l’équipe des temples pour me remplacer. C’est l’heure de la pause de midi, de toute façon, comme ça on ne perdra pas de précieux temps de travail. »

    « C’est Lavinia. » la corrigea Blondy, complètement subjuguée et pas vexée pour un poil que Laïs ne se souvienne pas de son prénom. « D’accord… euh… tu dois faire ce qui te rend heureuse, hein, c’est le plus important ! Mais tu… tu reviens la semaine prochaine hein ? Pour ton dernier jour de service ? »

    Elle était tellement mignonne, tellement innocente, que Laïs se laissa attendrir une fraction de seconde et lui sourit avec une véritable gentillesse. Puis la froideur enveloppa de nouveau son cœur et elle répondit d’un ton neutre :

    « Bien sûr. A la semaine prochaine, alors. »

    Elle se mit en route vers la Colline des Temples d’un pas rapide, particulièrement fière de son stratagème. La manipulation des émotions de Blondy s’éroderait assez rapidement, mais Laïs se fichait de l’opinion d’une simple mortelle. Et Lena Don, Sainte Lena Don, n’aurait rien à redire, puisque Laïs ferait sa part de travail aux temples et enverrait quelqu’un d’autre au refuge à sa place – un petit probatio qui n’oserait pas refuser, par exemple.

    C’était un plan parfait.

    ***

    C’était un plan désastreux.

    Au début, pourtant, tout s’était bien passé : elle avait rejoint la Colline des Temples et trouvé l’équipe en train de nettoyer le temple de Jupiter Optimus Maximus. Trois légionnaires que Laïs connaissait vaguement se trouvaient sur le toit et récuraient le dôme en or du temple. Le quatrième légionnaire était Clayton et, comme d’habitude, il faisait le con. En équilibre précaire sur une échelle, il tentait de déloger un nid d’oiseau abandonné dans un recoin de mur, mais il gigotait tellement que c’était un miracle qu’il ne se soit pas cassé la figure au moins trois fois dans le temps qu’il fallut à Laïs pour le rejoindre.

    « Hé ! Ho ! Qui voilà ! C’est la plus belle ! La plus forte ! La plus… oups ! »

    Clayton faillit tomber, se ressaisit avec peine, puis descendit de son échelle avec un grand sourire de génie fou prêt à détruire le monde. Sans aucune pitié, Laïs le saisit par la peau du cou et l’éloigna du temple pour lui parler en tête à tête. Cinq minutes plus tard, l’affaire fut réglée : Clayton était ravi d’aller jouer à la nounou pour une bande d’animaux malpropres, et Laïs prit sa place sur l’échelle pour déloger promptement le nid d’oiseau. C’était aussi un travail sale – dieux que ces piafs savaient chier –, mais elle comptait bien se la couler douce après la pause déjeuner en nettoyant l’intérieur du temple.

    C’était sans compter la magnifique, l’angélique, la parfaite Lena Don. Elle débarqua alors que Laïs et ses compagnons d’infortune mangeaient leur sandwich – les trois légionnaires dans l’herbe, la fille de Cupidon seule sur un banc plus loin, peu désireuse de bavarder en cette journée merdique où elle puait du t-shirt.

    « On peut savoir ce que tu fous là, Belacoros ? »

    Laïs prit le temps de finir sa bouchée de sandwich jambon-tomates. Elle s’essuya méticuleusement la bouche à l’aide d’une serviette en papier, but une gorgée de son eau minérale, puis répondit avec un calme souverain :

    « Je mange un sandwich. Assise sur un banc. Seule. »

    Faire mousser Lena n’était peut-être pas une bonne idée, mais Laïs en avait par-dessus la tête de cette pimbêche bien-pensante au code moral aussi strict que celui d’un moine s’auto-flagellant dans sa cellule. A quelques semaines à peine de son départ définitif de la Légion, la fille de Cupidon s’autorisait de temps en temps à narguer sa Centurion, à jouer avec ses nerfs pour le plus pur plaisir de voir une lueur assassine s’allumer dans son regard.

    « T’étais censée aider au refuge pour animaux, pas aux temples ! C’est quoi ce bordel à la fin, Laïs, quand vas-tu enfin faire ce qu’on attend de toi ? »

    Laïs se leva tranquillement – elle était plus grande que sa Centurion, et cela l’amusait.

    « Clayton me remplace au refuge. Je ne me sentais pas bien, je pense être allergique aux poils de certains animaux. Voir même de tous. »

    Son sourire était assez large pour engloutir un requin. Elle mentait, Lena le savait, et elle savait que Lena le savait. Elles jouaient à cache-cache et Laïs était déterminée à remporter la victoire.

    « Allergique, vraiment ? Alors que tu y as déjà travaillé samedi passé sans soucis ? Ne joue pas à la plus fine avec moi, c’est encore une entorse au règlement, comme d’habitude. »

    Laïs croisa les bras ; pourquoi Don était-elle soudain aussi virulente ? D’aussi mauvais poil ? En tous cas, c’était parti pour un instant épique d’engueulade.

    « Le règlement est s… »

    « Je me fiche de ce que tu penses du règlement, Laïs ! Il est là pour être respecté, pas pour être jeté aux orties par le premier légionnaire venu. Et surtout pas par toi, qui as déjà transgressé les règles plus souvent que la moitié de mes légionnaires réunis ! Alors oui, tu vas quitter la Légion, tu te sens libre de me casser les pieds, mais pour le moment tu es toujours sous mes ordres, alors tu fais ce que je te dis, tu vas où je le veux, si je te donne une corvée, tu l’exécutes – et des corvées, tu peux être sûre que tu en auras, au vu de ton insubordination d’aujourd’hui. T’es une mauvaise graine, Laïs, jamais là quand il le faut, toujours là quand il ne le faut pas, mais ne t’inquiète pas, c’est pas parce que tu quittes la Cinquième que je vais te laisser tranquille, je continuerai à te surveiller, et si tu fais un seul pas de travers, une seule activité un poil trop chimérique, les autorités en entendront parler. »

    Lena reprit son souffle, rouge de fureur ; Laïs ne l’avait encore jamais vue dans cet état. C’était intriguant, et la fille de Cupidon avait presque envie de continuer à pousser sa Centurion dans ses retranchements, pour voir jusqu’où elle était capable d’aller. Mais Lena, aussi stupide soit-elle, avait raison : elle avait encore le pouvoir de pourrir la vie de Laïs pendant quelques semaines. Et faire des corvées supplémentaires n’était pas au goût de celle-ci. Alors, ravalant sa fierté pour un instant seulement, Laïs hocha la tête et prit un air contrit.

    « Je m’excuse pour ma conduite ignoble, Lena. Cela ne se reproduira plus. »

    ***

    Deux jours. Deux jours de corvées supplémentaires. Au refuge. Et le nettoyage des toilettes en prime. Laïs se redressa en grognant, le dos vraiment douloureux à présent, après avoir nettoyé le dernier pan de mur du temple. Il était déjà tard, les autres étaient partis, mais elle avait reçu l’ordre de rester jusqu’à ce que tout soit terminé. Seule dans l’espace vide du temple, en tête à tête avec le maître des cieux – salut à toi, grand coureur de jupons –, elle était fatiguée, elle puait, et elle n’avait qu’une seule envie : celle de détruire le monde entier. Celle de brûler ses ennemis vifs pour entendre leurs cris. D’incendier des villes entières, de se plonger dans le sang d’innocents, de semer la terreur avec désinvolture. Celle de ne laisser aucun survivant sur la terre entière, rien qu’elle et les cendres, non, rien qu’elle, les cendres et Lena Don, qu’elle tuerait en dernier, lentement, en prenant son temps… A moins qu’Orion Bannius ne soit le dernier ? Il le méritait tout autant que cette peste de Don. Ces pensées agréables bercèrent Laïs pendant qu’elle sortait du temple et prenait le chemin du retour. Le chemin du dortoir où elle ne dormirait bientôt plus, de la Légion qu’elle quitterait bientôt. Laïs sourit. Bientôt, Lena n’aurait plus aucun pouvoir sur elle. Bientôt, elle pourrait véritablement s’amuser.
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