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    Erwin Stamber
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    Ça pique. | Arte Empty Ça pique. | Arte

    le Ven 17 Avr 2020 - 20:07
    En rentrant de leur quête, Alexis, Artemisia et Erwin n’avaient pas passé inaperçu. En plus des Romains qui gardaient l’entrée du tunnel, de Poppy et d’Elliot, Chiron s’était manifesté lui aussi. Il les avait tous les trois punis pour être partis sans rien dire dans une quête non officielle, ce qu’Erwin ne pouvait qu’approuver - il aurait même pu se punir tout seul si le centaure n’avait rien dit. Mais le directeur de la Colonie semblait toutefois soulagé de les revoir en presque pas trop mauvais état et accompagnés d’un invité surprise - Kyle.

    Les remontrances faites, il avait fallu pensé aux soins dont les demi-dieux avaient bien besoin. Elliot assura qu’il s’occuperait de faire visiter Rome à Kyle, et Alexis resta avec lui un moment. Elle n’avait aucune blessure qui demandait plus le pouvoir d’une infirmière que celui de l’ambroisie. C’est donc accompagné de la fille d’Athena qu’Erwin se rendit à l’infirmerie. Il avait un bras à soigner et probablement des restes de brûlure à faire examiner. Quant à Artemisia, elle grimaçait toujours lorsqu’elle effectuait un mouvement sollicitant trop ses côtes. Si elle cessait de se retourner nerveusement vers Kyle, aussi…

    Les demi-dieux étaient donc tous les deux allongés sur des lits distants d’un peu plus d’un mètre. Il y avait, à côté de chacun d’eux, une table jonchée de divers produits d’où émanait une odeur entêtante de désinfectant - tiens, c’était de la morphine, là, non ? Un médecin avait tenté de soulager les douleurs et les bleus d’Arte et avait recouvert le tout d’un immense bandage. Elle était immobile et fixait le plafond comme si ça pouvait l’aider à guérir ses côtes meurtries.

    Erwin, lui, avait le bras immobilisé. Simple formalité, d’après le médecin qui s’était occupé de lui, mais il valait mieux ne pas risquer des gestes brusques le temps des soins. De toute façon, il ne le sentait pas pour le moment : bien qu’Artemisia l’ai soigneusement recousu juste après la visite de la sirène, il avait fallu retirer ces fils et nettoyer correctement la plaie. Le périple dans le désert avait eu raison de toute la bouteille d’alcool que la fille d’Athena avait hargneusement vidée, ce qui avait valu à Erwin une bonne anesthésie locale toujours pas dissipée.

    Aucun d’eux ne parlait. Erwin lançait de temps en temps un regard vers Artemisia, mais elle continuait de fixer inlassablement le plafond. Il ne savait pas si elle pensait toujours à Kyle et à son changement ou si elle réfléchissait à autre chose. Tout ce qui était sûr, c’est qu’en bonne fille d’Athena, Arte devait avoir le cerveau en pleine ébullition. Si elle avait été couchée sur le sol, Erwin était persuadé que les bourdonnements de sa tête auraient émis des vibrations jusqu’à lui. Il ne savait pas trop quoi penser de ce mutisme. Arte qui ne parlait pas, c’était étrange. Il aurait presque préféré qu’elle l’insulte, il aurait au moins été sûr qu’elle allait encore bien.

    Mais non, Artemisia ne décrochait pas une syllabe. Elle avait tout juste répondu aux questions des soignants, elle avait ouvert deux ou trois fois la bouche comme pour s’adresser à Erwin, mais rien, jamais aucun son n’en était sorti. Le fils de Poseidon avait le cœur serré pour son amie, mais il ressentait à la fois le début d’un léger agacement. Avait-elle réellement besoin de tout garder pour elle ? Elle était pire qu’Alexis ! Erwin se doutait bien qu’elle était blessée, mais elle n’avait rien voulu montrer - raté - comme d’habitude. Trop de fierté dans un seul être. Le demi-dieu voulait qu’Artemisia parle. Même si ce n’était que pour dire un seul mot. Juste de quoi montrer qu’elle n’avait pas perdu ses cordes vocales sur le chemin du retour… Il pensa à lancer la discussion, mais aborder Kyle de but en blanc risquait de ne pas donner beaucoup de résultat. Il opta pour un sujet différent.

    "Deux estropiés sur quatre, c’est pas mal, non ? Bon ratio, je trouve. Je suis pas étonné de faire partie de la mauvaise moitié, mais je pensais pas que ce serait à cause de mon charme fou qui attire les affamées."


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    le Jeu 23 Avr 2020 - 20:28
    L’infirmerie. Pourquoi se trouvait-elle là ? Sa place était auprès de Kyle. C’était son rôle de le guider dans ce nouvel univers, de le rassurer, de répondre à ses questions. Alors pourquoi était-ce Elliot qui se chargeait d’accompagner le fils d’Eos alors qu’elle était cloîtrée à l’infirmerie ? Ses côtes ne faisaient pas si mal que ça. Ses blessures pouvaient attendre. Mais c’était trop tard, les infirmiers s’occupaient déjà d’elle, désinfectaient ses blessures, bandaient ses côtes, lui injectaient un produit pour la douleur ainsi qu’un calmant. La fille d’Athéna se laissa faire sans parler. Si son corps se trouvait à l’infirmerie, son esprit vagabondait loin de là. Kyle. Elle ne pouvait pas cesser de penser à lui. Elle ne pouvait pas oublier la déchirure qui était apparue à l’instant où elle l’avait revu.

    Enfin, les infirmiers la laissèrent tranquille. Artemisia prit conscience de l’environnement où elle se trouvait. Les lits alignés en rangs, dont la plupart étaient vides. L’odeur puissante de désinfectant, qui ne parvenait pas tout à fait à masquer celle du sang. La lumière qui se déversait par les fenêtres. Elle distingua vaguement son reflet dans l’une d’elles. Son visage pâle où ses cernes ressortaient comme des hématomes. Ses bras couverts de coupures et de bleus. Et son regard hagard, perdu, hanté.

    Elle s’allongea et fixa le plafond sans vraiment le voir. La fatigue bourdonnait dans sa tête, rendait son corps lourd et ses pensées incohérentes. La jeune femme avait à peine dormi depuis le début de la quête. A peine mangé. A peine pris le temps de réfléchir à ce qui se passerait à leur retour. A présent, les médicaments prenaient le contrôle de son corps, dénouaient ses muscles, gommaient la douleur pour enfin laisser place au gouffre profond du sommeil. Mais elle ne pouvait pas dormir. Elle ne pouvait pas. Parce que les médicaments avaient aussi dénoué le nœud de souffrance qui se trouvait dans sa poitrine, libérant un torrent d’émotions brutales. L’antidouleur – de la morphine ? – la rendait malade, vrillait son estomac, lui donnait l’impression étrange de tomber vers le haut ou de s’élever vers le bas. Plus rien dans la pièce n’était stable, plus rien dans son univers non plus. Et cette impression de perdre prise était terriblement angoissante.

    Artemisia referma ses poings sur le drap qui la recouvrait. Kyle. Il était parti avec Elliot. Alexis aussi était partie, elle n’avait pas besoin de soins. Erwin était là, dans le lit d’à côté. Mais la fille d’Athéna n’arrivait pas à lui parler. Pas encore. Elle ouvrit la bouche, la referma. Elle avait peur de pleurer. Elle ferma les yeux, fort, à s’en faire mal. Les rouvrit. Rien n’avait changé. Un accès de panique la submergea. Kyle. Elle n’était pas à ses côtés, alors qu’elle devrait l’être. Son absence lui parut soudain insupportable. Et s’il s’en allait pendant qu’elle était à l’infirmerie ? Et s’il décidait de ne pas rester à la Nouvelle-Rome ? Et s’il avait faussé compagnie à Elliot ? Elle ne le reverrait plus jamais. Un hurlement naquit dans ses poumons, resta bloqué derrière ses lèvres hermétiquement closes. Elle se força à rester immobile, à respirer calmement, jusqu’à ce que la nausée et la panique disparaissent. Inspirer. Expirer. Décrisper ses poings. Inspirer. Expirer. Se calmer.

    « Deux estropiés sur quatre, c’est pas mal, non ? Bon ratio, je trouve. Je suis pas étonné de faire partie de la mauvaise moitié, mais je pensais pas que ce serait à cause de mon charme fou qui attire les affamées. »

    La voix d’Erwin creva la bulle de douleur et de solitude où elle s’était enfermée. Lentement, elle tourna la tête vers le fils de Poséidon. Son air moqueur ne la trompa pas ; il se faisait des soucis pour elle. Et cela lui mit du baume au cœur autant que cela l’agaça. Ce n’était pas elle qui allait mal, c’était Kyle. Il avait besoin d’elle. Elle devait se lever, sortir de là, pour le retrouver, s’assurer qu’il était toujours là, qu’il était en sécurité. Mais son corps refusait tout simplement. Un soupir lui échappa. Elle commençait à se sentir un peu mieux, mais l’effet conjugué de l’épuisement et de l’antidouleur la mettait à fleur de peau et elle ne parvenait pas à réfléchir correctement.

    « Tourne pas autour du pot, Erwin. Dis… dis tout de suite ce que tu as sur le coeur. Sinon, les dieux me viennent en aide, je m’arrangerai pour que la Petite Sirène vienne manger ton autre bras. »


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    le Lun 27 Avr 2020 - 18:08
    "Tourne pas autour du pot, Erwin. Dis… dis tout de suite ce que tu as sur le coeur. Sinon, les dieux me viennent en aide, je m'arrangerai pour que la Petite Sirène vienne manger ton autre bras."

    Le fils de Poseidon prit un air offusqué et serra son bras valide contre lui.

    "He, pas touche ! C'était qu'un constat."

    Erwin resta néanmoins quelque peu abasourdi devant la réponse d'Arte. D'abord parce qu'il ne s'attendait pas à ce genre de réaction, ensuite parce que c'était piquant malgré son ton plus maussade et fatigué que menaçant. Le fils de Poseidon ne doutait pas un instant que la sang-mêlé soit capable d'aller chercher une sirène pour l'achever s'il la contrariait encore un peu plus, et il ne donnait pas cher de sa peau lorsqu'il mentionnerait le nom de Kyle.

    "Bah en fait, je me demandais..."

    Artemisia tourna ses yeux vers lui et Erwin fit que, sous son air un peu embrumé, elle le fusillait du regard. Ce mélange de fatigue, de colère et de médicaments peignait une expression bizarre sur le visage de la fille d'Athena. Son être tout entier criait "Abrège". Et, étrangement, Erwin n'avait pas envie de lui obéir. Il n'avais pas hâte d'en arriver à sa question initiale alors que la technique de la diversion avait lamentablement échoué. Et il n'avait pas envie non plus de répondre aux caprices d'Artemisia.

    Certes, elle vivait un moment pour le moins compliqué, mais ce n'était pas une raison pour que la demi-déesse se montre si désagréable. Si elle s'était mise à pleurer ou si elle l'avait ignoré, Erwin aurait parfaitement compris. Se comporter avec cet aspect presque hautain, en revanche, ça n'avait pas du tout manqué au fils de Poseidon. Il soupira légèrement. Artemisia ne changerait jamais, visiblement.

    "Je me demandais pourquoi tu as menti à Kyle."

    De nouveau, le regard d'Artemisia trahit son agacement. Avait-elle soupiré ? Erwin aurait juré que oui, mais il n'était pas assez proche d'elle pour en être totalement certain. Toujours était-il que la fille d'Athena semblait crever d'envie de lui dire que la réponse était évidente. Il se sentit donc obliger de préciser sa question.

    "Je veux dire jusqu'à présent. Je comprends que t'aies rien dit dans la mine, mais après ? Avec cette histoire de collier, par exemple."

    La logique d'Arte - parce qu'il y en avait forcément une avec une fille d'Athena - lui échappait complètement. Le choc des retrouvailles, découvrir un Kyle aussi transformé, le besoin de maîtriser ses sentiments... C'était de bons arguments qui auraient poussé Artemisia à cacher à Kyle leur ancienne relation. Mais Erwin ne comprenait décidément pas pourquoi elle s'était entêtée dans ce mensonge alors qu'il y avait eu quelques opportunités de tout avouer. Elle aurait pu parler de son collier que la réceptionniste du motel avait remarqué. Au lieu de ça, elle l'avait caché. Elle pu parler durant la nuit. Elle aurait pu parler dans la voiture. Elle aurait pu parler en arrivant au camp. Mais non, elle avait préféré se compliquer la tâche. Erwin n'était pas fait pour comprendre cette fille de la sagesse.


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    le Sam 2 Mai 2020 - 11:22
    Artemisia n’aimait pas boire de l’alcool. La sensation de perte de contrôle, les inhibitions qui se levaient, les émotions qui se succédaient dans un tourbillon étourdissant. L’injection d’antidouleur lui donnait la même impression désagréable. Elle se sentit presque reconnaissante à Erwin de la distraire de sa misère. Même si c’était parce qu’il débitait des bêtises, comme d’habitude.

    « Bah en fait, je me demandais... »

    Oh non. Non. Pas de questions. Pas maintenant. Pas au sujet de Kyle. Mais elle le vit à l’expression d’Erwin : elle ne réussirait pas à l’arrêter. Artemisia se redressa un peu dans son lit, lâchant un grognement de douleur lorsque ses côtes protestèrent. Elle voyait flou par moments, mais cela ne l’empêcha pas de gratifier son ami d’un regard de dix mille volts.

    « Je me demandais pourquoi tu as menti à Kyle. »

    La fille d’Athéna se raidit, sur la défensive. Elle avait l’impression qu’un filet d’eau glaciale coulait le long de sa nuque et de sa colonne vertébrale. De toutes les questions possibles, il avait fallu qu’il lui pose celle-là. Celle à laquelle il y avait tant de réponses, et pourtant aucune. Ses doigts se crispèrent sur ses draps. Si sa tête ne tournait pas autant, elle pourrait partir, se soustraire au regard inquisiteur d’Erwin. Elle avait menti à Kyle, mais elle ne pouvait pas mentir à son meilleur ami. Il la connaissait trop bien. Il le devinerait tout de suite. Et il ne se priverait pas de le lui dire.

    « Je veux dire jusqu'à présent. Je comprends que t'aies rien dit dans la mine, mais après ? Avec cette histoire de collier, par exemple. »

    Avec un soupir agacé, Artemisia se pencha pour attraper la carafe d’eau sur sa table de chevet. L’objet était lourd, et elle renversa une quantité non négligeable d’eau avant de réussir à remplir son verre. Elle but goulûment, mais sa bouche était toujours desséchée. Finalement, elle se tourna vers Erwin et posa sur lui un regard qu’elle espérait furieux.

    « Tu penses vraiment que c’était le bon moment ? Alors qu’on était dans le monde des mortels, entourés de menaces potentielles ? Kyle est instable, Erwin, il suffit d’une seule parole de travers pour qu’il explose, je ne voulais pas risquer ça alors qu’on était toujours en danger. »

    Elle avait tenté de reprendre ce ton professoral, hautain, qui était destiné tout spécialement à énerver le fils de Poséidon. Mais sous cet air assuré se cachait un abîme d’incertitude. Pourquoi avait-elle menti ? Elle ne le savait pas. Parce qu’ils étaient en danger ? Parce qu’Alexis et Erwin étaient là ? Parce qu’elle avait peur que Kyle prenne la fuite ? Son malaise s’accentua. Elle aurait pu le lui dire à leur arrivée à la Nouvelle-Rome. Elle aurait pu l’amener dans un coin calme du Champ de Mars et tout lui expliquer. Mais elle ne l’avait pas fait. Elle, Artemisia Callista Carter, fille d’Athéna, était une lâche. Elle s’essuya maladroitement les yeux qui, pour l’une ou l’autre raison stupide, laissaient échapper des larmes.

    « Pourquoi tu me regardes comme ça ? »

    Elle ne pouvait pas supporter la pitié dans le regard d’Erwin. Cela lui donnait envie de hurler, de saisir la carafe et de la fracasser sur le sol. Et toujours ces larmes qui coulaient de ses yeux. Stupide, stupide, stupide.

    « Je vais bien, Erwin ! C’est Kyle qui va mal, par ma faute. Mais moi je vais bien ! Je vais … »

    Secouée par des sanglots bruyants, elle n’arrivait plus à parler. Elle ne savait plus à quel dieu se vouer, à quelle main se raccrocher. Elle avait retrouvé Kyle, alors pourquoi son cœur faisait-il tellement mal ?

    Soudain, des bras. Non : un bras, l’autre étant toujours fragilisé par sa blessure. Un bras qui l’entoura maladroitement. Une épaule où elle posa sa tête, un t-shirt qu’elle mouilla de ses larmes. Erwin. Elle s’accrocha à son ami comme une naufragée, malgré la colère qui couvait toujours à l’intérieur d’elle. Pourquoi lui avait-il posé cette question ? Elle aurait pu continuer à prétendre que tout allait bien. Mais Erwin avait tout gâché. Elle avait tout gâché.


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    le Lun 8 Juin 2020 - 23:23
    Artemisia avait l'air à la fois triste, blasée, en colère et complètement bourrée. Ce dernier aspect, c'était l'eau qu'elle venait de renverser sans aucune gêne qui l'engendrait. Pour le reste, il suffisait de regarder son visage las et ses yeux dont l'éclat oscillait entre les larmes et les éclairs qu'elle rêvait visiblement de voir foudroyer Erwin. Après avoir bu - non sans difficulté - une grande gorgée d'eau, la fille d'Athena se tourna vers le demi-dieu.

    "Tu penses vraiment que c'était le bon moment ? Alors qu'on était dans le monde des mortels, entourés de menaces potentielles ? Kyle est instable, Erwin, il suffit d'une seule parole de travers pour qu'il explose, je ne voulais pas risquer ça alors qu'on était toujours en danger."

    Erwin leva les yeux au ciel en entendant le ton qu'employait Artemisia. Comment pouvait-elle, même dans cette situation, chercher à tout prix à se montrer plus intelligente que les autres ? Quelles belles priorités dans la vie... En plus, au final, avec son air absent, ça ne collait pas du tout. Le fils de Poseidon en aurait bien profité pour se moquer d'elle, mais, malgré tous les antidouleurs qu'elle avait pu prendre, Arte laissait transparaître toute sa tristesse. Ce n'était pas le moment de répliquer - de toute façon, elle avait globalement raison, pour ne rien changer. Erwin la regarda sans rien dire, attendant qu'un autre reproche lui tombe dessus. Mais Arte ne parla pas non plus. Elle fixa d'abord les draps de son lit d'un air absent. Puis ses yeux brillèrent un peu plus. Elle s'essuya le joues presque machinalement.

    "Pourquoi tu me regardes comme ça ?"

    Pour une fille d'Athena, il lui arrivait de poser des questions extraordinairement stupides. Erwin retint un soupir. Même s'il trouvait Artemisia parfaitement agaçante, la voir ainsi lui faisait de la peine. Elle avait retrouvé Kyle, mais pas le Kyle qu'elle espérait. Et maintenant, elle était coincée à l'infirmerie au lieu de passer du temps avec lui. Erwin se leva de son lit.

    "Je vais bien, Erwin ! C'est Kyle qui va mal, par ma faute. Mais moi je vais bien ! Je vais…"

    Les larmes d'Arte hurlaient le contraire. Le fils de Poseidon s'approcha d'elle et, alors qu'elle cachait la moitié de son visage dans ses mains, il l'entoura de son bras valide, un peu hésitant. Artemisia s'accrocha presque immédiatement à lui comme à une bouée, ne manquant pas d'agripper maladroitement l'écharpe qui maintenait le bras endormi du demi-dieu. Elle pleurait. Encore et encore. Et de plus en plus fort. D'un coup d'oeil, Erwin vit un médecin jeter un regard interrogateur dans leur direction. Un sourire gêné plus et le médecin comprit qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Erwin redressa Artemisia, la forçant presque à se décrocher de son t-shirt.

    "De rien."

    Pas la peine de la forcer à s'écorcher la gorge avec un "merci". Erwin savait qu'elle le pensait et n'avait pas besoin de l'entendre au travers d'une voix étranglée par les pleurs. La fille d'Athena hocha la tête et attrapa le verre d'eau qui trônait toujours sur la table à côté de son lit.

    "Tu peux te montrer utile, parfois, Tronche de Requin."

    Sans un regard vers Erwin, Arte porta le verre d'eau à ses lèvres encore humides. Le fils de Poseidon ne put cette fois pas s'empêcher de soupirer. Il fixa le verre. Après avoir solidifié une vague entière dans son dos, quelques centilitres d'eau à une dizaine de centimètres de lui ne devraient pas résister bien longtemps... La fille d'Athena fronça les sourcils en fixant le fond de son verre qui, bien qu'il fût au-dessus de sa tête, ne se décidait pas à couler jusqu'à sa bouche.

    "Vraiment pas de quoi."

    Ces quelques secondes de concentration suffisaient largement. Erwin laissa l'eau retomber sur le visage d'une Artemisia pleine d'incompréhension. Passés les premiers instants de surprise, la demi-déesse lança un regard noir au fils de Poseidon.

    "Erwin Stamber !"

    Erwin avait prévu de reprendre la conversation où elle était restée, demander à Arte si une raison précise l'avait empêchée de parler à Kyle. Mais l'approche avait été un peu trop irréfléchie et n'était visiblement pas du tout adaptée. S'il revenait sur le sujet maintenant, il risquait bien de ne jamais revoir l'extérieur de l'infirmerie.


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    le Jeu 11 Juin 2020 - 16:00
    Artemisia pleurait. Pas comme les personnages de films dramatiques, avec une classe et une élégance à toute épreuve. Elle sanglotait bruyamment, couvrant le t-shirt d’Erwin de larmes et de morve, accrochée à son ami comme si elle n’avait plus que lui au monde. Elle se libérait de l’angoisse et de la tristesse, de la douleur et de la déception, de ce nœud affreux qui n’avait cessé de grandir dans sa poitrine depuis qu’elle était partie à la recherche de Kyle. Son cerveau obscurci par les antidouleurs mêlait passé et présent, et elle se souvenait alternativement de la perte de Kyle quatre ans plus tôt et de leurs retrouvailles glaciales.

    Le fils de Poséidon finit par la décrocher maladroitement de son t-shirt trempé, et elle le regarda d’un air de chiot battu, les yeux et le nez rougis par ses pleurs, les cheveux en broussaille. Puis elle sortit son mouchoir, se moucha longuement, et finit par recomposer un air qui ressemblait vaguement à son habituelle expression suffisante.

    « Tu peux te montrer utile, parfois, Tronche de Requin. »

    Sans un regard vers son ami, elle s’empara du verre d’eau et le porta à ses lèvres. Pas d’eau. Confuse, elle lorgna dans le fond de son verre. C’était étrange. Commençait-elle à délirer ? On ne lui avait pas administré beaucoup de morphine, elle devrait être capable de rester plus ou moins lucide… Ou pas ?

    « Vraiment pas de quoi. »

    Artemisia reçut l’eau en pleine figure, l’inspira par le nez, crachota lamentablement en tentant de comprendre ce qui venait de se passer. Oh. Oh oh. L’eau solidifiée. Le sourire bien trop large du fils de Poséidon.

    « Erwin Stamber ! »

    Furieuse, elle se mit à cribler son ami de coups de poings sur son bras valide et dans le dos. A entendre le rire ravi d’Erwin, ces coups s’apparentaient plutôt à des chatouillis. Les bras d’Artemisia étaient lourds. Elle n’avait plus de force. Fronçant les sourcils, elle donna un petit coup sec à l’endroit, sur le côté du coude, où une pichenette suffisait à faire un mal de chien.

    « Aïe ! » s’écria le fils de Poséidon avec indignation en se frottant le bras.

    « C’est toi qui l’as cherché. » répliqua-t-elle sans pitié.

    Elle se redressa, puis se leva, tanguant légèrement. Pendant une bonne minute, elle fixa le sol d’un air soupçonneux, au cas où il déciderait de se dérober sous elle. Comme le sol ne bougeait plus, elle décida qu’il était temps de mettre les voiles.

    « T’as raison, Erwin, pour une fois. T’es con, mais t’as raison. J’aurais dû le dire à Kyle quand on est arrivés. »

    Elle fit quelques pas avant de trébucher et de tomber durement sur le sol de l’infirmerie. Heureusement, les soigneurs étaient occupés ailleurs et n’accoururent pas pour l’aider. Elle se redressa en grommelant. Ses côtes faisaient de nouveau mal. C’était quoi le problème avec le sol ? Quelque chose n’allait pas. Kyle. Voilà ce qui n’allait pas. Elle devait aller le voir. Lui parler. Tout rentrerait alors dans l’ordre. Un grand sanglot silencieux la secoua – parce qu’elle était triste, parce qu’elle avait mal, parce qu’elle n’en pouvait plus. Elle leva les yeux vers Erwin, toujours assis sur son lit, qui la fixait d’un air inquiet.

    « Je vais aller voir Kyle. Là maintenant. Je vais tout lui dire. Ne me retiens pas, Tronche de Requin. »

    Mais elle était tellement fatiguée. Tellement lasse. Tellement endolorie. Pouvait-elle ramper jusqu’à l’endroit où se trouvait Kyle ? Où se trouvait-il, d’ailleurs ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Mais elle devait le voir. Elle devait lui dire.

    « Je vais lui dire que je l’aime. »


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    le Lun 3 Aoû 2020 - 18:28
    Ce fut une Artemisia des plus indignées qui se rua sur Erwin pour lui frapper le bras et le dos. Indignée, certes, mais aussi complètement ramollie par ses calmants. C'était tout juste si les poings de la demi-déesse restaient fermés pour s'abattre sur la peau du fils de Poseidon. Et elle semblait pleine de hargne, pourtant ! C'était sûrement la situation la plus drôle qu'Erwin avait vécue avec Arte jusque là. Jusqu'au moment où une décharge électrique lui parcourut tout l'avant-bras en partant du coude.

    "Aïe !"
    "C'est toi qui l'as cherché."

    Le menton relevé, le regard hautain, Artemisia ne regardait même plus Erwin qui frottait misérablement son bras endolori. Elle se releva dans un semblant d'allure altière et fixa ses pieds, la tête toujours bien haute, ce qui lui donnait un air parfaitement ridicule. Son regard insulta le carrelage de l'infirmerie durant quelques secondes, puis plus rien.

    "T'as raison, Erwin, pour une fois. T'es con, mais t'as raison. J'aurais dû le dire à Kyle quand on est arrivés."

    Même s'il venait de se faire traiter de con, Erwin ressentit une petite part de fierté. Ce n'était pas tous les jours qu'Artemisia Carter, fille d'Athena, grande sage de la Colonie, admettait de vive voix qu'un vile descendant de Poseidon avait raison. D'accord, elle était complètement droguée à la morphine et qui sait à quel autre produit médical fort à endormir une vache, mais elle l'avait admis tout de même. Chaque miette était bonne à prendre avec Arte. Y a pas de petite victoire.

    Erwin jubilait intérieurement à l'idée de répéter ses propres mots à Arte, une fois qu'ils seraient sortis de l'infirmerie. Il s'arrêta net en voyant la sang-mêlé faire un pas tout à fait maladroit sur le côté et s'étaler de tout son long sur le sol. Le fils de Poseidon se pencha en avant. Le grognement qu'émit Artemisia le stoppa dans son élan. Qui allait-elle insulter cette fois pour avoir osé la faire trébucher ? Le regard vague de la demi-déesse se porta sur un carreau du carrelage, puis sur le bord de son lit, et elle se releva finalement sans rien dire, en équilibre précaire sur ses deux jambes aussi stables que du coton.

    "Je vais aller voir Kyle. Là maintenant. Je vais tout lui dire. Ne me retiens pas, Tronche de Requin."

    Malgré le sanglot qui avait percé la voix d'Arte, Erwin avait envie d'exploser de rire face à cette détermination bancale et ces paroles insensées. Comme si Artemisia était capable de mettre sa fierté de côté pour écouter ce que lui disait un fils de Poseidon ! Et puis cette voix vacillante et ce regard vide qu'engendraient les traitements de l'infirmerie n'arrangeaient rien à l'image que renvoyait la sang-mêlé.

    "Je vais lui dire que je l'aime."

    Erwin n'eut plus envie de rire. Malgré tout le manque de lucidité dont pouvait souffrir Artemisia à cet instant, sa voix avait retrouvé un peu de détermination. Et peu importait à quel point elle était déterminée, le fils de Poseidon savait très bien que son idée n'était pas bonne du tout. Il sauta de son lit et se dirigea vers une Arte qui avait récupéré un peu de stabilité. La fille d'Athena s'avançait déjà à grandes enjambées zigzagantes vers la sortie de l'infirmerie.

    "Ho non, Arte, surtout pas !"

    Erwin se précipita vers elle et lui attrapa la bras de sa main non-anesthésiée. Il n'y mit pas beaucoup de force mais Artemisia poussa un petit cri aigu comme s'il l'avait pincée. Elle fit un geste étrange de la main, comme si elle voulait chasser un insecte dérangeant.

    "Arrête tes bêtises, Arte ! Tu vas retourner dans ton lit et attendre de ne plus être droguée avant de décider quoi que ce soit."
    "Laisse-moi ! Je dois assumer mon am..."

    D'un mouvement brusque, Artemisia dégagea son bras de la prise d'Erwin. Dans son élan, elle tomba à nouveau par terre.

    "Aïe !"

    Erwin soupira. Il tenta de relever Arte de son bras valide. Autant dire que la demi-déesse fut peu coopérative et la tâche complexe. Malgré le bruit qu'avait pu faire la fille d'Athena, les infirmiers semblaient tous être occupés ailleurs. Ce n'était peut-être pas plus mal. L'image d'une Artemisia aussi molle que de la guimauve pendue au bras d'un Erwin désespéré n'était pas des plus glorieuses. Le fils de Poseidon finit par ramener Arte à son lit. Elle s'y assit et fixa le vide, comme si toute raison de vivre avait disparu de son âme.

    "Fais pas cette tête, Artemisia d'amour. Tu me remercieras demain."


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    le Mar 18 Aoû 2020 - 21:11
    Une seule idée fixe dans l’esprit d’Artemisia, une seule pensée qui l’obnubilait, une seule envie dont elle ne pouvait se défaire. Kyle. Kyle. Kyle. Elle devait aller le voir avant qu’il ne soit trop tard. Avant que quelqu’un d’autre ne lui apprenne la vérité. Avant qu’il ne la déteste pour lui avoir caché une partie aussi importante de son passé.

    Son cœur tambourinait fort dans sa poitrine alors qu’elle se dirigeait vers la sortie de l’infirmerie. La peur avait étendu son manteau sombre sur elle, et la jeune femme avait l’impression d’étouffer sous ce trop-plein d’angoisse. Peur qu’il ne la rejette avec indifférence et froideur. Peur qu’il ne soit déjà reparti parce qu’elle n’avait rien à lui offrir. Peur que tout ceci ne soit qu’un rêve et qu’à son réveil elle se rende compte que Kyle n’était jamais revenu avec elle au Camp Jupiter. Et puis il y avait l’espoir, cette sensation maudite, ce moteur qui la faisait avancer encore et encore alors que son corps était prêt à s’écrouler de fatigue. Espoir qu’il se souvienne d’elle et de ce qu’elle signifiait autrefois pour lui. Espoir qu’il soit prêt à reconstruire ce qu’ils avaient perdu. Espoir qu’il la prenne dans ses bras, tout simplement, ce serait déjà suffisant, elle serait prête à tout rien que pour pouvoir le serrer contre elle. Peur peur peur. Espoir espoir espoir. Elle allait y arriver. Il fallait qu’elle y arrive.

    « Ho non, Arte, surtout pas ! »

    Elle avait oublié Erwin. Comment pouvait-elle avoir oublié la présence de son meilleur – et pire – ami ? Il l’attrapa par le bras et elle fit un vague mouvement pour le chasser, incapable de vraiment le repousser. Il lui fallait toute sa concentration rien que pour rester debout.

    « Arrête tes bêtises, Arte ! Tu vas retourner dans ton lit et attendre de ne plus être droguée avant de décider quoi que ce soit. »

    Elle se hérissa. Droguée ? D’accord, on lui avait donné des médicaments, mais elle se sentait bien. Juste un peu fatiguée. Un peu beaucoup. Mais ça ne la dérangeait pas. Et elle ne tenait pas très bien debout, mais ça ne comptait pas non plus. Elle pensa à Kyle, et un sourire béat apparut sur son visage.

    « Laisse-moi ! Je dois assumer mon am... »

    Elle tenta de se dégager, et rencontra de nouveau le sol sans beaucoup de douceur. Ca faisait mal. Pourquoi la vie devait-elle toujours faire mal ?  Le fils de Poséidon eut l’honneur douteux de la remorquer jusqu’à son lit pendant qu’elle jouait au poids mort. Elle ne voulait pas dormir. Elle savait instinctivement que ses rêves ne recèleraient rien de bon cette nuit-là. Mais elle finit par s’asseoir sur son lit, fixant le vide comme pour y découvrir une raison à tous ses problèmes. Il y avait bien Erichtho, mais la sorcière était morte à présent. Il n’y avait personne sur qui elle pouvait se venger, se défouler, plus personne à blâmer. Il n’y avait que Kyle et elle. Et cette vérité qu’elle ne parvenait pas à lui dire. Erwin avait raison, ce doux idiot. Ce n’était pas le bon moment pour parler à Kyle. Mais oserait-elle encore le faire le lendemain, lorsque la froide raison aurait repris ses droits ?

    « Fais pas cette tête, Artemisia d'amour. Tu me remercieras demain. »

    Elle releva la tête, vit deux Erwin, ferma les yeux avec incrédulité, puis les rouvrit pour n’en voir plus qu’un seul. Un soupir de soulagement lui échappa. Un seul fils de Poséidon était déjà bien suffisant. Elle remarqua soudain, avec un détachement étrange, qu’elle avait toujours les joues trempées. Avait-elle donc tant pleuré ? C’était presque drôle. Elle était une fontaine. Est-ce que Kyle aimait les fontaines ? Elle devrait lui demander.

    « Tu sais ce qui me fait le plus peur, Erwin ? »

    Elle s’allongea péniblement, regard au plafond, pour signifier qu’elle serait sage désormais. Ses mains tremblaient de fatigue. Son corps entier, en fait. Tout son être hurlait d’envie de se reposer enfin. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas.

    « C’est de perdre Kyle. Pas à cause d’un monstre ou parce qu’il aurait décidé de partir, mais par ma propre faute. C’est de le décevoir et d’être incapable de lui apporter l’aide dont il a besoin. C’est de faire quelque chose qui le détournerait de moi pour toujours. De le blesser sans le vouloir. D’être toxique pour lui. De l’amener à me voir comme une ennemie. Je le vois, souvent, dans mes rêves : je vois la haine et le dégoût sur son visage, je vois comment il me tourne le dos, je le vois s’éloigner pour ne plus jamais revenir. Et ça fait mal, Erwin, tellement mal. Je préfèrerais crever plutôt que de vivre ça. Mais le pire, je crois, le pire c’est que c’est déjà en train d’arriver. Je suis déjà en train de le perdre. De lui cacher des choses, de lui mentir sur notre passé. Je suis une personne horrible, tu sais. Kyle aurait raison de ne pas vouloir de moi. Oui. Il aurait raison. »

    Elle cligna des yeux comme un hibou malade, puis regarda Erwin en se demandant pourquoi il avait cet air horrifié. Elle avait un peu beaucoup parlé, non ? Les mots s’échappaient d’elle sans qu’elle puisse les retenir. Sans filtre. Sans arrière-pensées. Elle avait envie de rire et elle avait envie de pleurer.

    Le fils de Poséidon ouvrit la bouche pour répondre, mais elle ne voulait pas entendre ses paroles. Ne voulait pas être rassurée. Ne voulait pas l’écouter parler de Kyle comme si tout cela était facile. Alors elle prit la première chose qu’elle trouva – un flacon de bétadine – et le lança, fort, sur son ami pour le faire taire. Un lancer maladroit ; au lieu d’atterrir sur le torse d’Erwin,  le flacon tomba par terre devant son lit et le liquide brun-rouge en gicla soudain, éclaboussant le sol, les draps et les jambes d’Erwin. Le cri d’indignation du jeune homme attira enfin l’attention d’un infirmier, qui les houspilla et menaça d’attacher Artemisia si elle continuait à faire du remue-ménage et à dégrader l’infirmerie. Il lui donna un cachet pour « l’aider à dormir », comme si c’était ce qu’elle voulait. Elle aurait voulu le recracher en douce, mais le fils d’Esculape la surveillait de près. Lorsqu’il repartit, elle tira son drap au-dessus de sa tête tout en grognant et en insultant le monde entier en cinq langues différentes. Erwin, ce fourbe, osa rire assez fort pour qu’elle l’entende.

    « Si tu ris encore, Tronche de Requin, infirmier ou pas, je déverse tout le stock de bétadine sur ton joli petit minois, et on verra bien qui rira alors. J’pense pas qu’Alexis aimerait… (un énorme bâillement)… avoir une tomate comme petit ami. »

    Il répondit quelque chose, mais elle n’écoutait déjà plus. Le médicament commençait à faire effet, et son corps devenait de plus en plus lourd. C’était à la fois effrayant et agréable. Artemisia tenta de combattre l’envie de dormir qui se faisait de plus en plus forte. Elle bâilla de nouveau, jura à voix basse, puis se mordit les lèvres, fort, pour se tenir éveillée. Il faisait trop chaud sous le drap, et la chaleur la rendait somnolente, alors elle le rejeta soudain en arrière. Sans plus prêter attention à Erwin, elle gigota dans tous les sens pour trouver la position la moins confortable possible, celle dans laquelle il lui serait impossible de s’endormir. Elle se pinça le bras. Elle but un verre d’eau. Elle fredonna une chanson. Mais lentement, sournoisement, la force combinée des médicaments et de son épuisement se posèrent sur ses épaules et l’amenèrent à fermer les yeux. Elle lutta encore un instant pour les tenir ouverts, mais c’était impossible. Elle avait perdu le combat.

    Kyle. Même en rêve, elle le voyait. Mais contrairement à ce qu’elle avait craint, ce n’était pas un mauvais rêve. Pas du tout. Elle était sur la plage de la Colonie et le fils d’Eos l’aidait à construire un château de sable. Ce n’était pas un souvenir réel, juste une illusion de bonheur créé par son cerveau. Artemisia creusait les douves, Kyle s’occupait de chercher des coquillages pour décorer l’édifice. Puis il l’aida à construire les tours, précautionneusement, pour que leur chef d’œuvre ne s’effondre pas. Ils étaient pieds nus dans le sable chaud et Kyle riait. Puis, lorsqu’elle releva le visage vers lui, il changea et devint Kidaria. Avec un petit cri de bonheur, Artemisia tendit les bras vers sa sœur. Des bras nettement plus courts et plus fins que dans la réalité. Elle était redevenue une enfant. Kida se transforma en sa mère qui la souleva et lui planta un baiser sur le sommet du crâne. Puis elle la reposa, doucement, pour qu’Artemisia puisse continuer à construire son château de sable. La fillette planta un drapeau minuscule au sommet de l’édifice et son père applaudit. Être heureuse ne lui paraissait plus aussi difficile.


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    le Sam 12 Sep 2020 - 12:15
    La fille d'Athena fit mine de se calmer légèrement. Son visage était tiré par la fatigue, peut-être aussi par la douleur et le désespoir. Et il n'était pas impossible qu'Artemisia en rajoute encore pour se donner un air un peu plus dramatique. Erwin leva les yeux au ciel. Au moins, elle ne gigotait plus comme une enfant intenable.

    "Tu sais ce qui me fait le plus peur, Erwin ?"

    Le fils de Poseidon ne savait pas, non. Mais il était désormais trop blasé par les âneries que débitait Artemisia, il n'était pas vraiment curieux de connaître la réponse. La sang-mêlé n'avait de toute façon pas besoin d'un quelconque signe d'intérêt. Elle s'allongea d'elle-même sur son lit d'hôpital et fixa le plafond. Il ne manquait qu'un carnet de note et un stylo dans les mains d'Erwin pour se croire dans le cabinet d'un psy. Le demi-dieu d'assit sur son propre lit pour écouter malgré lui ce qu'Arte avait à dire. Il n'avait pas le coeur de la couper dans son élan. Tant qu'elle parlait de ses tourments, elle ne courait pas dans l'infirmerie.

    "C'est de perdre Kyle. Pas à cause d’un monstre ou parce qu'il aurait décidé de partir, mais par ma propre faute. C'est de le décevoir et d'être incapable de lui apporter l'aide dont il a besoin. C'est de faire quelque chose qui le détournerait de moi pour toujours. De le blesser sans le vouloir. D'être toxique pour lui. De l'amener à me voir comme une ennemie. Je le vois, souvent, dans mes rêves : je vois la haine et le dégoût sur son visage, je vois comment il me tourne le dos, je le vois s'éloigner pour ne plus jamais revenir. Et ça fait mal, Erwin, tellement mal. Je préférerais crever plutôt que de vivre ça. Mais le pire, je crois, le pire c'est que c'est déjà en train d'arriver. Je suis déjà en train de le perdre. De lui cacher des choses, de lui mentir sur notre passé. Je suis une personne horrible, tu sais. Kyle aurait raison de ne pas vouloir de moi. Oui. Il aurait raison."

    Les paroles d'Artemisia avaient perdu leur ton de folie, elles se trouvaient alourdies par un sérieux et une réflexion retrouvés. Erwin perdit son sourire en entendant la fille d'Athena parler ainsi de Kyle. Il lui avait dit que ce serait difficile. Il le savait très bien, même s'il ne savait pas quelle était la portée de ces difficultés. Arte devrait se battre et prendre sur elle si elle voulait retrouver le Kyle d'avant. Mais elle semblait soudain avoir envie d'abandonner. Le fils de Poseidon ne savait pas quoi répondre. Il se mordit l'intérieur de la joue. Que pouvait-il dire ? Il n'était pas sûr de trouver les mots justes et, même s'il y parvenait, il avait une chance sur deux pour que la demi-déesse ne l'écoute pas. Ou se mette à pleurer. Ou prenne une pose dramatique. Ou se mette à fuir en hurlant dans les couloirs de l'infirmerie. Ou peut-être même tout ça à la fois.

    Erwin opta donc pour quelques mots passe-partout. Une valeur sûre, quelques paroles de réconfort, une petite tape sur le crâne et tout irait mieux. Artemisia penserait à autre chose, son cerveau en pleine overdose de médicaments dériverait sur un autre sujet. Le demi-dieu ouvrit la bouche pour rassurer Arte quand il vit la sang-mêlé attraper un flacon sur sa table de chevet et le lancer à ses pieds dans un geste mou et aussi gracieux qu'un poulpe jouant au tennis. Le flacon explosa en morceaux sur le sol, ce qui devait être de la bétadine se répandit sur le carrelage et Erwin ne put retenir un cri de surprise et d'indignation en en recevant également sur les jambes.

    Il allait insulter Artemisia lorsqu'un infirmier fit son apparition. Erwin aurait bien lancé un "C'est elle qui a commencé !" mais le nouveau venu semblait avoir parfaitement compris que, celle qui avait - et était - un problème ici, c'était la fille d'Athena. L'infirmier menaça d'attacher sa patiente turbulente, ce qui était, selon Erwin, une très bonne idée. Si le fils d'Esculape avait mis sa menace à exécution, aucun doute qu'il l'aurait aidé dans sa tâche. Mais, au lieu de ça, l'infirmer se contenta d'essuyer le liquide brunâtre qui coulait toujours par terre avant de donner quelques comprimés à Artemisia. En entendant que ça devrait l'aider à dormir, la demi-déesse fit la moue et tenta de se débattre comme une gamine. Inutile de préciser qu'avec ses membres aussi vigoureux que de la gomme liquide, elle n'opposa pas une grande résistance à l'infirmier. La voir tirer la tête sous le regard sévère du fils d'Esculape était beaucoup trop drôle.

    "Si tu ris encore, Tronche de Requin, infirmier ou pas, je déverse tout le stock de bétadine sur ton joli petit minois, et on verra bien qui rira alors. J'pense pas qu'Alexis aimerait… avoir une tomate comme petit ami."

    Erwin étouffa un nouvel éclat de rire et tapota l'épaule d'Artemisia qui le foudroya d'un regard un peu vitreux, comme si elle ne savait même pas pourquoi elle était si fâchée contre lui.

    "Mais oui, mais oui. On en reparlera à ton réveil, quand tu seras capable de tenir un flacon sans trembloter, ô grande Artemisia."

    La fille d'Athena ne répondit pas. Elle laissa retomber sa tête sur le côté en regardant dans le vide. Erwin agita sa main devant elle. Arte n'eut aucune réaction sinon un clignement des yeux. Le fils de Poseidon comprit que le médicament était plutôt efficace et qu'elle allait enfin se tenir tranquille. Il se recoucha sur son lit, tapotant son bras pour vérifier qu'il se réveillait correctement et jeta un dernier regard vers Artemisia qui souriait dans son sommeil.


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